TULLINS,

AGRICULTURE ET PATRIMOINE REMARQUABLES

Territoires

Tullins se déploie face au Vercors, de la plaine de l’Isère aux coteaux de Chambaran. Une commune qui se caractérise par une agriculture dynamique, un riche patrimoine bâti et un vrai potentiel touristique.

Par Corine Lacrampe
Crédit photo : C. Lacrampe. F . Pattou

  • Vue panoramique de Tullins, 7 800 habitants,  berceau de la nuciculture iséroise.

Vue panoramique de Tullins, 7 800 habitants,  berceau de la nuciculture iséroise.
 

Intégrée au Pays voironnais, cette petite ville au riche passé historique se dresse au milieu des vergers et des espaces naturels.

Les cyclistes grimpent jusqu’au col de Parménie, à travers les coteaux boisés, ou sillonnent les anciens méandres de l’Isère, de la boucle des Moïles à l’étang de Mai. Les riverains profitent du parc public du Clos-des-Chartreux avec son lac romantique et son sentier botanique.

 

> DES SEIGNEURS FÉODAUX À LA NUCICULTURE

 

Ce territoire garde les traces de son histoire. Ses étangs et zones humides évoquent les anciens marécages qui occupaient sa plaine, certaines maisons du centre-ville datent du Moyen-Âge. En 1423, à la mort du dernier seigneur de Tullins, le Dauphin hérite de la seigneurie.

Alors que le Dauphiné est rattaché à la France, jusqu’en 1650, différentes familles de la région s’y succèdent. Quant à l’ancien quartier de Fures, il garde la mémoire d’un patrimoine industriel notable. Au début du XIXe siècle, l’industrialisation se développe dans ce village édifié le long de la Fure. Des fabriques et des usines s’y installent, profitant de l’énergie hydraulique, autour de la toilerie de chanvre, la soierie, la métallurgie et la papeterie. Après l’endiguement de l’Isère, à la fin du XIXe siècle, la plaine de Tullins assainie se tourne vers l’agriculture et surtout la nuciculture.

Alors que les vignobles des coteaux sont décimés par le phylloxéra et que la maladie du ver à soie entraîne la crise de la sériciculture, les agriculteurs se reconvertissent en effet vers la culture des noyers. Les arbres s’alignent dans la plaine de Tullins qui devient le berceau d’une nuciculture qui essaime tout au long du Sud-Grésivaudan.

Aujourd’hui, Tullins se développe pour faire face à une importante pression immobilière, mais en préservant son patrimoine et un cadre de vie, qui participent de son attractivité.

Pour son maire, Jean-Yves Dherbeys, et son conseil municipal : “Nous devons contenir notre expansion pour garder notre identité et tout à la fois une harmonie et un environnement naturel de qualité. Autant d’atouts pour un tourisme vert et culturel que nous entendons développer.”

 

Ville de Tullins

TULLINS ET LE DÉPARTEMENT

 

 

Amélie Girerd, maire de Renage, et André Vallini, sénateur de l’Isère, sont les deux conseillers départementaux du canton de Tullins.

Ils s’expriment au sujet des dossiers qu’ils ont particulièrement suivis :

“Ce mandat a vu l’achèvement de projets lancés par la majorité précédente, car essentiels à la vie quotidienne des habitants du canton : le nouveau pont de Saint-Quentin-sur-Isère, dont les 22,25 millions d’euros de travaux ont été financés intégralement par le Département, et qui permet de garantir la sécurité des usagers qui l’empruntent chaque jour.

Nous nous sommes engagés également en faveur de nos aînés en initiant la reconstruction et l’extension de l’Ehpad Val Marie, à Vourey ainsi que celui de Moirans. Là encore, ce sont près de 3 millions d’euros qui ont été consacrés à leur réfection.

Enfin, parce que le soutien à la jeunesse est une de nos priorités, nous consacrons chaque année la moitié de notre enveloppe d’aide aux initiatives locales aux sous des écoles du canton ».

REPÈRES

 

  • 7 800 habitants.
  • À 13 km de Voiron et 30 km de Grenoble.
  • De 200 mètres d’altitude, le long de l’Isère, à 750 mètres, en passant par les 578 mètres du col de Parménie, bien connu des cyclistes.
  • 59 hameaux, quartiers ou lieux-dits.
  • 35 hectares pour le parc public du Clos-des-Chartreux et une trentaine d’essences d’arbre.
  • Environ 800 enfants scolarisés en primaire et maternelle et 600 au collège Condorcet.

 DYNAMIQUE 

MONUMENTS HISTORIQUES ET INDUSTRIE DE POINTE

Tullins reste méconnu et pourtant son patrimoine est exceptionnel. Pour preuve, le circuit historique qui dévoile une vingtaine de monuments remarquables, couvents, châteaux, portes, et invite à la découverte de joyaux, comme l’église de Saint-Laurent-des-Près (XIe siècle) ou l’ancien hôtel-Dieu (XVe siècle) avec ses fenêtres à meneaux, ses arcades et son beffroi.

Il faut voir aussi le Clos-des-Chartreux, qui abrite l’une des plus belles mairies de l’Isère. Cette ancienne propriété des Chartreux de la Sylve-Bénite, qui exploitaient un vignoble sur ces coteaux, devint la demeure, en 1861, de Michel Perret, riche industriel lyonnais qui l’a transformée en somptueuse villa de style italien.

Tullins abrite aussi un fleuron industriel en pleine croissance. Fondée en 1946, Smoc Industries est leader européen sur les marchés les plus exigeants de l’aéronautique (50 % du chiffre d’affaires), l’énergie (25 %), l’automobile et l’industrie en général (25 %). Ses broches en acier, produites au micron près, sont commandées par la grande industrie pour usiner, par exemple, les disques de turbines d’avion de l’A320 Neo ou encore les centrales à gaz de General Electric.

 

 RACINES 

DES NOIX ET DES PAYSANS ACTIFS

Joyau de la place Saint-André, l’ancien palais du parlement du Dauphiné fut édifié au XIVe siècle puis modifié au fil des siècles, doté de magnifiques décors intérieurs et restauré par tranches.

Après la Révolution, il est reconverti en palais de justice, fonction qu’il garde jusqu’en 2002. Devenu propriété du Département en 2003, il accueille, dès 2011, Isère tourisme et la direction de la culture et du patrimoine du Département.

Aujourd’hui, un nouvel épisode s’amorce. À l’initiative du Département, l’ancien palais va bénéficier de lourds travaux de réhabilitation à partir de 2021.

Les salles historiques seront conservées et le musée de la Résistance et de la Déportation installé. S’ajoute, côté privé, un projet de logements et de commerces.

 

TULLINS EN IMAGES

L’église de Saint-Laurent-des-Près (XIe siècle)
Le porche de l’église de Saint-Laurent-des-Près
L’intérieur de l’église de Saint-Laurent-des-Près
L’ancien hôtel-Dieu du XVe siècle avec ses fenêtres à meneaux, ses arcades et son beffroi.
Au Clos-des-Chartreux, l’hôtel de ville de Tullins est l’une des plus belles mairies de l’Isère.
Vue de la plaine de l’Isère et des noyeraies depuis l’hôtel de ville de Tullins.
Le parc public du Clos-des-Chartreux de 35 hectares abrite une trentaine d’essences d’arbre.
Le parc public du Clos-des-Chartreux de 35 hectares abrite une trentaine d’essences d’arbre.
La place des Allobroges, l’un des lieux conviviaux de Tullins.
Le marché de Tullins se tient tous les samedis place du docteur Valois
Le circuit historique dévoile une vingtaine de monuments remarquables, portes, couvents, châteaux…
Le circuit historique de la ville dévoile une vingtaine de monuments remarquables, portes, couvents, châteaux…

FIGURES DE TULLINS : CLIQUEZ SUR LES PHOTOS

Emmanuel Saint-Supéry dirige Smoc Industries, entreprise fondée en 1946 à Tullins, leader européen de fabrication de machines à brocher (perforer sur mesure) pour les besoins industriels les plus variés.
Paulette Queyron préside depuis vingt ans S Eau S, association de sauvegarde du patrimoine local et de l’environnement qui assure la gestion de la mare pédagogique de Tizin (ENS des Moïles) et qui fête ses 30 ans en 2020.
Jean-Paul Reymond, éleveur de blondes d’Aquitaine, préside l’association des producteurs fermiers de Tullins qui anime le marché paysan de la ferme de Galerne : une quinzaine de stands et une clientèle fidèle.

ÉCONOMIE

L'ÉCOLE DE LA BROCHE POUR TOUS

Au sein de Smoc Industries, l’École de la broche amorce en 2019 sa troisième promotion. Il s’agit pour cette entreprise de pointe, qui fabrique des broches de mandrinage et des outils coupants, d’un dispositif de recrutement atypique, réalisé en partenariat avec la maison de l’emploi des Pays voironnais et Sud-Grésivaudan.

Au terme d’un processus de recrutement fondé sur les aptitudes et la motivation, 12 candidates ou candidats sont retenus et intègrent une formation qualifiante de huit mois pour obtenir un CQPM (certificat de qualification paritaire de la métallurgie) de rectifieur à l’issue duquel ils sont embauchés en CDI chez Smoc.

Un rectifieur est un professionnel de haute technicité qui assure une extrême précision aux pièces usinées. Cette période de formation s’effectue aux deux tiers au Pôle Formation Isère de Moirans et pour un tiers en entreprise. Chaque rectifieur en formation est en binôme avec un parrain expert, salarié de l’entreprise. Et pas besoin de venir de l’industrie pour postuler !

Un ancien boulanger et un agriculteur font partie, par exemple, des nouvelles recrues. Une possibilité de reconversion vers un métier hautement qualifié et d’intégration d’une entreprise en pleine croissance.
 

Smoc Industries

 EN IMAGES : CHEZ SMOC INDUSTRIES 

 

 TERROIR 

LE MARCHÉ PAYSAN DE TULLINS

Tous les seconds dimanches du mois, le matin, une quinzaine de producteurs de Tullins et des environs se retrouvent dans la cour de la ferme de Galerne. Sur cette exploitation, tenue par Aline et Grégory Naud, on élève des chèvres alpines pour la production de fromages et on cultive une noyeraie pour la vente de noix et d’huile.

Le marché à la ferme propose également des pommes, des fruits et légumes de saison des maraîchers locaux, des volailles et des œufs, de la viande bovine, d’agneau ou de porc, des escargots cuisinés, de l’huile de colza, des bières artisanales, du miel, du pain, etc. Les familles s’y rendent à vélo avec leur petite remorque de marché. Écolo et convivial.

Ferme de Galerne. 337, chemin des Grands-Champs (derrière le stade). 

 

La Marché Paysan

 

 LE MARCHÉ PAYSAN EN IMAGES 

 ENVIRONNEMENT 

LA MARE PÉDAGOGIQUE DE TIZIN

Ici, les anciens mettaient à tremper l’osier. Au sein de la boucle des Moïles, zone humide classée espace naturel sensible départemental, la mare de Tizin a été creusée en 2003, entre l’Isère et les noyeraies, sur le lieu-dit du même nom, par l’association S Eau S Environnement.

Il s’agissait de permettre aux écoles de découvrir les écosystèmes des milieux humides avec une mare naturelle peu profonde en sous-bois et une mare plus profonde en clairière. Cet observatoire précieux est entretenu en partenariat avec S Eau S environnement qui pilote un comité de suivi de la mare, la mairie de Tullins et les chasseurs qui aident au débroussaillement du site et à son nettoyage après les tempêtes, comme celles dont Tullins vient d’être à plusieurs reprises victime.

Accès libre. Panneau pédagogique. Prairie attenante pour pique-niquer.

 

Publié le : 
11 novembre 2019