Femmes des années 1940 : Rose Valland, Vivian Maier, Dora Maar et les autres…

Véronique Granger
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Chapô

À Grenoble

: Cantonnées à leur foyer par le régime de Vichy, les femmes durent pourtant se battre sur tous les fronts durant ces années noires. Trois musées départementaux braquent les projecteurs sur ces héroïnes de l’ombre – qui soixante-quinze ans après, n’ont pas fini de lutter pour faire valoir leurs droits.

1940. La décennie s’ouvre sur l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. Occupation, restrictions, dénonciations, épuration : les femmes paient un lourd tribut dans cette lutte quotidienne pour se nourrir, se vêtir, se soigner, élever les enfants… survivre tout simplement, en absence des hommes alors prisonniers en Allemagne. En Isère, certaines sont déjà connues pour leur engagement dans la Résistance : Marguerite Gonnet, mère de neuf enfants, qui fonda la section iséroise du mouvement Libération- Sud ; Marie Reynoard, professeur de lettres au lycée Stendhal, qui fit de son appartement le quartier général du mouvement Combat ; Élisabeth Rioux-Quintenelle, infirmière dans le maquis de l’Oisans…
Pour la toute première fois, le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère leur rend justice en braquant les projecteurs sur ces mères, épouses ou sœurs devenues agents de liaison, combattantes, responsables de filières d’évasion, parfois déportées, emprisonnées, tuées mais aussi pour quelques-unes, collaborationnistes, pétainistes, miliciennes. Des documents inédits, objets ou témoignages vidéo retracent leur quotidien et leurs combats, pendant et après la guerre. Car cette décennie marque aussi un tournant dans la reconnaissance des droits des femmes. En 1944, le droit de vote leur est enfin accordé et pour la première fois en 1945, elles participent aux élections municipales. L’Isère voit naître peu après la première association de femmes élues de France. Bien sûr, il leur faudra encore bien des luttes et des décennies pour voir abrogées les lois héritées de l’entre-deux-guerres, leur interdisant de travailler et d’ouvrir un compte sans l’accord de leur mari, de porter le pantalon, d’accéder à la contraception et au droit à l’avortement. “Dans le contexte actuel où sont dénoncées les violences faites aux femmes, il nous semblait intéressant de venir réinterroger la place et le rôle des femmes dans cette période de l’histoire”, précise Alice Buffet, directrice du musée.

Encart

Jusqu'au 18 mai 2020 au musée de la Résistance et de la Déportation. « Femmes des années 40 ». www.resistance-en-isere.fr

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