AIDE À DOMICILE :

UN MÉTIER D'AVENIR

Autonomie

En Isère, plus de 3 000 auxiliaires de vie ou aides à domicile interviennent auprès de personnes en perte d’autonomie, âgées ou handicapées. Le Département met en place des actions pour les valoriser.

Par Annick Berlioz
Crédit photo : F. Pattou

  • À 25 ans, Céline accompagne chaque jour entre cinq et six personnes dans leurs tâches quotidiennes.

À 25 ans, Céline accompagne chaque jour entre cinq et six personnes dans leurs tâches quotidiennes.
 

“J’ai découvert le troisième âge dans le cadre de mon BEP sanitaire et social. À l’origine, je voulais travailler avec des enfants. J’ai été séduite par le contact avec les personnes âgées. Les aider me procure un grand sentiment d’utilité”, témoigne Céline, 25 ans, auxiliaire de vie dans la vallée du Grésivaudan.

Employées par des associations ou des structures privées, les auxiliaires de vie épaulent les personnes en perte d’autonomie dans tous les actes de la vie quotidienne : courses, sorties, repas, toilette… Nécessitant de nombreuses compétences, comme l’écoute, la délicatesse, la patience, mais aussi des connaissances techniques pour le lever ou le coucher, ce métier demande beaucoup de professionnalisme.

Contrairement aux idées reçues, notre rôle ne se limite pas au ménage. Nous gérons des situations très différentes, de la dame qui a juste besoin de compagnie à celle qui ne peut plus rien faire toute seule. Il faut être très autonome. C’est très enrichissant !”, témoigne Julie, 33 ans, qui intervient à Vienne.

 
 

> MIEUX VALORISER LE MÉTIER

 

Bien sûr, ce métier présente des difficultés et des contraintes. Ainsi, pour assurer une continuité de service, des astreintes sont prévues le soir et certains week-ends.

“Nous sommes aussi confrontés à des épreuves, notamment lorsque les personnes souffrent de maladies neurodégénératives ou quand elles décèdent.” Horaires aménagés, formations, débriefings réguliers pour analyser les situations complexes, travail en binôme… les employeurs mettent en place des mesures pour aider leur personnel à faire face.

“C’est important pour fidéliser nos salariés, mais aussi pour mieux répondre aux besoins des usagers qui ont des demandes importantes”, explique Jérôme Radureau, directeur de deux structures d’aide à domicile à Bourgoin-Jallieu et Vienne, qui emploient plus de 200 personnes.

“Avec le vieillissement de la population, l’utilité de cette profession est incontestable”, soutient Laura Bonnefoy, vice-présidente du Département chargée de la dépendance et du handicap, qui organise pour la première fois les Trophées des services d’aide à la personne le 12 décembre prochain.

“L’objectif est de mettre en avant ce personnel qui travaille souvent dans l’ombre. À cette occasion, nous allons remettre des prix aux plus méritants”, explique Laura Bonnefoy.

Depuis 2017, le Département multiplie aussi les initiatives pour valoriser le secteur : aide à la formation, financements plus importants pour les prestations effectuées dans les communes isolées, de nuit, les jours fériés et le week-end…

Une réflexion est en cours avec les services d’aide à domicile pour mettre en place de nouvelles actions sur l’ensemble du territoire.

 

  • Laura Bonnefoy, vice-présidente chargée de la dépendance et du handicap

 ZOOM 

Laura Bonnefoy, vice-présidente du Département chargée de la dépendance et du handicap

 

> LE DÉPARTEMENT VALORISE LES SERVICES D'AIDE À LA PERSONNE

 

“La population française vieillit. Les plus de 75 ans seront 9 millions dans quinze ans alors qu’ils sont 6 millions aujourd’hui. Dans ce contexte, de nouvelles personnes devront être accompagnées à domicile et il faudra davantage d’auxiliaires de vie ; d’où la nécessité de rendre ce secteur plus attractif.

Le premier objectif est de mieux valoriser les compétences spécifiques aux auxiliaires de vie. Nous devons aussi leur offrir des perspectives pour se former en continu et obtenir des équivalences pour travailler dans le secteur hospitalier et en Ehpad.

Parce qu’il permet de croiser les intervenants à domicile et les professionnels de santé qui ne se rencontrent pas physiquement, le digital a un rôle à jouer et nous avons déjà un formidable outil avec IsèreADOM.

Enfin, il faut innover en créant des plateformes pour aider les structures à recruter et à valoriser le métier en mettant en avant les auxiliaires de vie qui souhaitent faire connaître leur profession.”

 

Publié le : 
11 novembre 2019