Magie du papier

Hyper ville, par Mathilde Nivet.

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La maison-musée d’Aristide Bergès, ingénieur papetier de génie et esthète, offre un écrin de choix aux œuvres de quatre artistes plieuses et découpeuses, qui révèlent tout le potentiel architectural de ce fabuleux matériau.

Illustration ci-dessus : Hyper ville, par Mathilde Nivet.

 

Vue de l’extérieur, la demeure patronale paraît bien sage. Passé le seuil, c’est un monde tout en volutes et motifs floraux qui s’offre au visiteur de la Maison Bergès.

Fidèle à l’esprit des lieux, la maquette imaginée par Mathilde Nivet, designer et créatrice connue internationalement pour ses créations de papier, déborde elle aussi de couleurs et de végétaux sous sa blancheur immaculée. Effet « ouah ! » assuré.

Chez Béatrice Coron, par contraste, c’est plutôt le noir qui domine : dans ses longues frises de dentelle ciselée, l’artiste chambérienne (qui vit à New York) fait surgir des paysages et des villes imaginaires fascinants et foisonnants de vie.

Inspirée par l’art minutieux de l’origami, Stéphanie Beck part quant à elle d’une feuille unique pour ériger des architectures perforées qui sont autant de chefs-d’œuvre de patience, tandis que la Néerlandaise Ingrid Siliakus recrée dans ses pop-up des monuments aussi célèbres que le Taj Mahal ou la Sagrada Familia…

 

Un atelier au cœur de l’exposition

À travers ces quatre artistes aux doigts d’or, l’exposition-atelier conçue par la Cité de l’architecture et du patrimoine témoigne des fabuleuses potentialités créatives d’un matériau pas si fragile, propice aux jeux d’ombre et de lumière.

Il ramène à une tradition très ancienne du découpage et de la maquette en papier, qui s’était popularisée au XIXe siècle dans toute l’Europe via notamment l’imagerie d’Épinal et ses collections de modèles à découper.

Les bâtisseurs en herbe seront d’ailleurs invités à jouer des ciseaux dans le vaste atelier créé au cœur même de l’exposition, où ils pourront s’initier aux différentes techniques. Ils pourront ensuite les confronter aux projets architecturaux parfois exubérants esquissés par Maurice Bergès, fils cadet d’Aristide, pour l’extension de la maison familiale à la fin des années 1890 – qui seront présentés pour la toute première fois aux visiteurs.

Encart

Pratique

Deux expositions à voir à la Maison Bergès (Lancey-Villard-Bonnot).

  • « Architectures de papier », jusqu’au 2 janvier 2022.
  • « Des forêts du Vercors aux papiers de Lancey », jusqu’au 5 décembre.

Contacts : 04 38 92 19 60 - musees.isere.fr

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De l’arbre au papier

Sans forêts, pas de papier : en 1869, quand Aristide Bergès vient s’installer à Lancey, les papetiers fabriquent leur pâte à base de bois écorcé puis râpé. En pleine expansion, les papeteries Bergès au siècle suivant vont étendre leur zone d’approvisionnement bien au-delà du massif de Belledonne, dans le Vercors.

C’est une véritable odyssée à travers les montagnes, des campements de bûcherons venus d’Italie à l’acheminement des grumes, que raconte la vingtaine de photos d’époque exposée dans le parc de la Maison Bergès.

Des images inédites spectaculaires, qui rappellent comment les Alpes sont devenues la plus grande région papetière de France.

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