Des projets solidaires et salutaires

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Cindy a créé un atelier tricot au profit des SDF. Cette action lui a permis de reprendre confiance en elle et de se remettre en mouvement.

A.Berlioz

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Le Département a formé une vingtaine de travailleurs sociaux à la méthode Maac, qui permet de favoriser l’insertion sociale et professionnelle des allocataires du RSA. Le principe : leur redonner du pouvoir d’agir à travers la réalisation d’un projet.

Cindy a créé un atelier tricot au profit des SDF. Cette action lui a permis de reprendre confiance en elle et de se remettre en mouvement.

 

Un atelier tricot pour confectionner des vêtements en laine au profit des personnes sans domicile fixe ! Après des années dans l’ombre, Cindy, 40 ans, allocataire du RSA, vient enfin de réaliser son rêve.

“Cela faisait des lustres que j’enchaînais les petits boulots. Je ne suis pas du genre à me mettre en avant. Du coup, c’est un sérieux handicap lorsqu’on recherche du travail ou une formation ! C’est le cercle vicieux, on déprime, on se replie sur soi…”, confie-t-elle.

Pourtant Cindy a de l’or dans les doigts. Depuis l’âge de 14 ans, elle tricote et crochète des tas d’accessoires pour son entourage. D’un tempérament altruiste, elle est toujours partante pour donner un coup de main.

En mars dernier, la jeune femme, qui est suivie par la maison de l’emploi du Pays voironnais, a été orientée vers le programme Maac, signifiant « micro action altruiste créative », qui lui a permis de monter son projet et de révéler tous ses talents.

 

Redonner du pouvoir d’agir

Le Département a déjà formé une vingtaine de travailleurs sociaux à cette méthode Maac, basée sur la psychologie positive, pour qu’ils animent des ateliers destinés aux personnes éloignées de l’emploi.

Concrètement, durant un mois, à raison de deux demi-journées par semaine, les participants travaillent par groupe de six à huit sur des exercices mettant en lumière leurs compétences et leurs passions. “L’idée est de restaurer leur pouvoir d’agir en les aidant à réaliser un projet solidaire autour de ce qu’ils aiment faire et de ce qui leur donne envie d’agir dans la société”, explique Virginie Terrancle, référente RSA pour le compte de la maison de l’emploi du Pays voironnais qui a coaché une dizaine de stagiaires, dont Cindy.

“Nous avons l’habitude d’intervenir en collectif auprès de groupes d’usagers. Cette formule nous donne un outil supplémentaire. C’est une autre manière d’aborder l’accompagnement vers l’emploi”, ajoute Karine Savoyat, conseillère en économie sociale et familiale qui a organisé deux sessions Maac à Morestel avec ses collègues référentes du dispositif RSA.

Une chanson sur les violences conjugales, des soins et des lectures à domicile pour les personnes âgées, un pique-nique intergénérationnel, des ateliers pâtisserie au bénéfice d’enfants en difficulté… de nombreux projets ont déjà vu le jour en Isère : de toutes petites actions qui peuvent faire beaucoup de bien autour de soi et restaurer le sentiment d’utilité chez ceux qui l’ont perdu.

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Maac Lab, c’est quoi ?

Agir pour les autres est un formidable levier pour surmonter ses difficultés. Et c’est scientifiquement prouvé !

Se sentir utile est un besoin fondamental qui active des zones de plaisir dans le cerveau. C’est sur ce principe que Matthieu Fouché, psychologue, et Évie Rosset, docteure en sciences cognitives, ont créé les ateliers Maac Lab.

Élaborée à partir des dernières recherches en psychologie, la technique s’appuie sur des outils pédagogiques destinés à lever les différents freins rencontrés tout au long de la vie. Elle est aujourd’hui appliquée dans le milieu scolaire, médical, carcéral, dans le domaine de l’insertion, mais aussi en entreprise.

Contact : maac-lab.com

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