À l’écoute des personnes en mal-être

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Marie-Pierre - Melgar - Allofamilleisere

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Avec l’épidémie de Covid-19, beaucoup de personnes sont en proie à des difficultés grandissantes. Pour les aider à faire face, le Département a mis en place un dispositif téléphonique d’écoute et de soutien anonyme et gratuit : Allô Familles Isère.

Comme Marie-Pierre, 60 travailleurs sociaux du Département se relaient pour écouter et soutenir des personnes en détresse.

 

Isolement social, peur de la maladie, de perdre son emploi, perte de revenu, burn-out parental, relations familiales bousculées par le télétravail… les conséquences de l’épidémie de Covid-19 et les nombreuses restrictions mises en place dans notre vie quotidienne génèrent beaucoup de stress et de tensions.

Selon une enquête de Santé publique France, au printemps 2020, après une semaine de confinement, 26,7 % des Français déclaraient souffrir d’anxiété, contre 13,5 % en 2017. Et durant le deuxième confinement, en novembre, pourtant plus léger, ce taux s’élevait à 21 %, avec des niveaux inquiétants en termes de troubles du sommeil, de violences et d’addictions… Enfants, adolescents, étudiants, adultes, personnes âgées isolées, salariés en télétravail… tout le monde est impacté.

 

Se confier sans tabou

En réponse à ce mal-être, le Département de l’Isère, chef de file de la protection sociale et familiale, a créé une plateforme d’écoute et de soutien téléphonique anonyme et gratuite, « Allô familles Isère », qui permet aux Isérois de se confier auprès d’un écoutant professionnel du Département. Au bout du fil, plus de 60 travailleurs sociaux se relaient sur la base du volontariat.

“Beaucoup d’appels concernent des angoisses liées aux mesures de restriction : des familles qui se retrouvent à cinq dans de petits espaces et sont submergées par la prise en charge des enfants, des mamans inquiètes pour leurs adolescents qui sombrent dans la boulimie ou les addictions, mais aussi des personnes âgées qui ne voient plus leur famille et souffrent d’isolement”, témoigne Anne de Thiersant, psychologue, l’une des écoutantes.

À chaque fois, l’objectif est le même : libérer la parole en prêtant une oreille bienveillante et attentive sans tabou ni jugement. Cette écoute neutre, extérieure au cadre familial et institutionnel, est d’un grand soutien. “Nous essayons de dédramatiser la situation et d’aider l’appelant à trouver des ressources pour régler la situation. À chaque fois, on prend le temps. Certains entretiens durent plus d’une d’heure et les personnes peuvent nous rappeler”, renchérit Marie-Pierre Melgar, assistante sociale de polyvalence qui intervient aussi sur la plateforme.

À la fin de chaque appel, les écoutantes peuvent aussi orienter les appelants vers des organismes qui proposent des solutions adaptées aux besoins : centres médico-psychologiques, hôpitaux, associations, centres de planification familiale, protection maternelle et infantile…

Pour l’heure expérimental, « Allô familles Isère » a déjà permis d’accompagner plus de 160 familles inconnues des services sociaux. Destiné à traiter tous types de détresses, le dispositif devrait être pérennisé.

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Contact : 0800 00 38 38 - du lundi au vendredi de 9 h à 17 h

En savoir plus : https://www.isere.fr/actualites/allo-familles-isere-un-dispositif-decou…

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Les services de psychiatrie débordés

“Depuis le début de la crise sanitaire, le nombre de mineurs souffrant de troubles psychiques pris en charge aux urgences pédiatriques a augmenté de manière significative. Durant les vacances de février, trois jeunes arrivaient chaque jour dans nos services avec des troubles importants : tentatives de suicide, addictions, violences…”, témoigne le docteur Nathalie Colon, pédopsychiatre au CHU de Grenoble.

Concernant les adultes, les urgences psychiatriques ont aussi enregistré une suractivité de 32 % en février 2021 par rapport à février 2020. “Et le second confinement a été encore plus difficilement vécu du fait de l’usure psychologique. Entre février et mars, le nombre de prises en charge au Centre de traitement ambulatoire intensif de Saint-Martin-d’Hères a bondi de 27 %”, ajoute le docteur Mustapha Bensaadi, psychiatre au centre hospitalier Alpes-Isère de Saint-Égrève.

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