Les fous du vélo

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Mélanie Villaret et son tricycle photographiée par son époux Georges Dodero (début du XXe siècle).

Musée Dauphinois

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Symbole de liberté et d’émancipation pour les uns, machine de compétition pour les autres, la petite reine invite au corps-à-corps et suscite toujours autant de passion depuis son invention. Elle trône en majesté au Musée dauphinois dans toutes ses dimensions.

Mélanie Villaret et son tricycle photographiée par son époux Georges Dodero (début du XXe siècle).

 

« Dessine-moi un vélo… » La chose paraît simple. Les étonnants deux-roues modélisés en 3D par le designer italien Gianluca Gimini à partir des croquis réalisés sur le vif par des amis ou des passants – tous impraticables ! –, que l’on peut découvrir au Musée dauphinois, prouvent pourtant que la tâche est plus ardue qu’il n’y paraît.

Cadre, selle, guidon, jantes, chaîne, pédales, moyeux, pignons, rondelles, écrous… Les mille et une pièces constitutives d’un vélo éclaté, sur tout un mur, le rappellent d’entrée de jeu au visiteur : le deux-roues ne s’est pas fait en un jour !

 

Mariage sur le thème du vélo

 

Des artisans et des as…

De l’invention de la draisienne (la machine à courir, sans pédale) en 1817 à celle du vélo moderne en 1879 (avec la chaîne) jusqu’aux vélos connectés et à assistance électrique d’aujourd’hui, la petite reine n’a en effet cessé de se perfectionner au fil des décennies.

Après des années de règne de l’automobile, ce moyen de locomotion et d’évasion écologique opère d’ailleurs un retour en force dans le paysage urbain ou rural. Mais là n’est pas le cœur de l’exposition : “On s’est intéressés à toutes les dimensions symboliques, poétiques, sociologiques et aussi humaines”, résume Franck Philippeaux, commissaire d’exposition.

Genrés, déjantés, profilés, couchés, personnalisés, sculptés ou cadenassés : c’est fou ce que ces engins à pédales peuvent susciter de passions et de fantasmes. Au milieu du XIXe siècle, des médecins mâles, inquiets de voir les femmes s’émanciper, alertent d’ailleurs sur les « risques hygiénistes » liés à la pratique, évoquant des cas de « démences sexuelles » ! Des photos de famille sépia et de nombreux modèles de collection ou uniques nous font ainsi voyager à travers les différents âges du vélo (aristo, populo et maintenant bobo, aux dires de certains…).

Mais une part importante est aussi accordée aux humains qui les enfourchent. Ces artisans isérois d’hier ou d’aujourd’hui, de Baffert à Routens ou Edelbikes et Cattin, qui apportent leur signature, tels de grands couturiers du vélo. Et bien sûr ces « as », héros du Tour de France, qui participent à la mythologie cycliste : Eugène Christophe, premier maillot jaune de l’histoire et sa fourche cassée et plus récemment les Bernard Gauthier, Jeannie Longo, Bernard Thévenet ou Thierry Claveyrolat (dit « l’aigle de Vizille »)… Aucun autre sport ne suscite autant de rêves.

Grenoble, pionnière des pistes cyclables dès 1977, et les Alpes occupent aussi bien évidemment une belle place dans ce parcours. Miroir de nos pratiques sociales, symbole de liberté, d’évasion ou de dépassement, le vélo avec ou sans moteur n’a pas fini de nous entraîner et nous faire sentir « pousser des ailes », en fredonnant la belle chanson d’Yves Montand.

 

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Pratique

 

 

Jusqu’au 4 juillet 2022 - Musée dauphinois, à Grenoble - Entrée libre.

Contact : 04 57 58 89 01

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