Nouvelles d’outre-tombe

Publié le
Modifié le
Le musée archéologique Saint-Laurent, à Grenoble, va rouvrir en mai avec de nouveaux compléments scénographiques.

F.Pattou

  • Culture
  • Événement
Chapô

Unique en Europe, le musée archéologique Saint-Laurent, qui fête ses 10 ans, retrace quinze siècles d’occupation funéraire. Une nouvelle muséographie met en lumière les avancées de la science archéo-anthropologique.

 

Qui étaient les habitants du quartier Saint-Laurent de Grenoble, à l’époque gallo-romaine ou féodale ? D’où venaient-ils ? Comment ont-ils vécu et évolué au fil des âges ?

Les multiples bijoux, pièces de monnaie, céramiques, peignes, chapelets, décors muraux et autres objets usuels retrouvés sur le site avaient déjà mis au jour deux mille ans de rites funéraires et révélé la sociologie plutôt aisée des populations enterrées sur la rive droite de l’Isère dans l’ancienne Cularo.

 

Des os de plus en plus bavards

Mais le plus gros gisement de connaissances se trouve désormais dans les dépouilles des 1 800 individus exhumés des 1 500 tombes, que les experts en archéo-anthropologie, une science en pleine émergence, ont entrepris d’ausculter grâce à de nouvelles techniques d’investigation.

Sexe, état de santé, handicap, âge du décès, stature, statut social : les os et les dents en disent de plus en plus long sur nos morts. Grâce à la bio-anthropologie, en analysant les isotopes d’azote, d’oxygène et de carbone présents dans ces restes inanimés, on peut même reconstituer leur régime alimentaire, savoir jusqu’à quel âge ils ont été allaités !

“Jusqu’à présent, la muséographie était centrée sur la compréhension du site : la nécropole du IVe siècle, la crypte du VIe siècle, l’église du XIXe édifiée sur l’ancien prieuré du XIe siècle, explique la nouvelle conservatrice, Anne Lasseur. Le nouveau parcours présente les résultats des études anthropologiques.”

Quatre squelettes seront mis en vedette : un homme du Ve siècle, un autre du IXe, un du XIe siècle, et une femme du XVIIe siècle. On pourra appréhender la façon dont les chercheurs enquêtent à leur sujet avec le « profiloscope », qui trône désormais sous la verrière au centre du « labo » – un dispositif de médiation numérique conçu avec la Casemate/Centre culturel scientifique et technique, que l’on avait pu découvrir lors de l’exposition « Confidences d’outre-tombe » du Musée dauphinois, en 2014.

De nouvelles passerelles et plateformes d’observation ont été créées, ainsi que des points d’audioguidage supplémentaires. Quant à la crypte Saint-Oyand, véritable joyau du musée avec ses colonnes et chapiteaux richement sculptés, elle a été remise en valeur avec un éclairage au sol. Les pierres elles aussi ont bien des choses à nous dire.

Corps suite

Repères

Du site archéologique au musée

  • 1850 : Classement de la crypte mérovingienne de Saint-Oyand aux Monuments historiques sous l’impulsion de Jacques-Joseph Champollion et de Prosper Mérimée.
  • 1977 : Classement de l’ensemble du site.
  • 1978-1995 : Chantier de fouilles conduit par Renée Colardelle.
  • 1986 : Création d’un musée dans l’église désacralisée.
  • 2003 : Fermeture du musée pour travaux.
  • 2011 : Réouverture dans une nouvelle configuration, avec une couverture de verre et d’acier sur l’ancien cloître du prieuré.
  • Mai 2021 : Compléments scénographiques.
Corps fin

Pratique

Image
Musée Saint-Laurent

 

Musée archéologique Saint-Laurent, place Saint-Laurent, à Grenoble. Entrée libre. Une programmation festive est prévue pour Musées en fête (sous réserve des contraintes sanitaires).

Contacts : 04 76 44 78 68 - musees.isere.fr

2
minutes de votre temps
A- A+
Publié le
Modifié le