Ces vieilles pierres qui font paysage

Véronique Granger
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La ferme du Thau à Mens, l’un des deux premiers sites labellisés par le Département de l’Isère.

F.Pattou

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Depuis 2008, 90 édifices remarquables de l’Isère, non protégés au titre des monuments historiques, ont été labellisés « Patrimoine en Isère » par le Département. Tour d’horizon de ces trésors patrimoniaux.

Vestiges d’une ancienne maison forte du XIIIe siècle, la tour d’Étapes, dressée sur les coteaux de Belledonne, à l’entrée du Versoud, témoigne de la riche histoire de la vallée du Grésivaudan au Moyen Âge.

L’édifice, unique patrimoine médiéval de la commune, est le 90e site labellisé « patrimoine en Isère » depuis 2008, avec le château du Clos, à Saint-Rémy-de-Beaurepaire, et ses beaux décors peints. Un label et un réseau uniques en France : “L'enjeu est de préserver et de valoriser un patrimoine d'intérêt départemental, constitutif de notre histoire et de nos paysages”, explique Béatrice Ailloud, responsable du service du patrimoine culturel du Département de l’Isère.

“Les propriétaires s'engagent à conserver l'esprit des lieux et à respecter les préconisations de professionnels du patrimoine s'ils font des travaux. En contrepartie, nous les aidons à hauteur de 30 à 40 % de la dépense, plafonnée à 50 000 euros, selon si l’édifice est public ou privé.”

De belles histoires en partage

La ferme de Thau, à Mens (photo ci-dessus), a été l’une des toutes premières à arborer le label. Perché sur les hauteurs, épousant les courbes du terrain, l’imposant ensemble de bâtiments, qui abrite toujours un élevage porcin, avait été construit en 1850 par Jean-Pierre Carrajat, un enfant du pays qui avait fait fortune dans la chimie, pour créer une ferme modèle.

“Ce label est une belle reconnaissance pour son histoire. Nous avons repris les toitures avec les artisans locaux, mais la ferme est restée dans son jus”, explique son propriétaire.

Désormais illuminée le soir, la tour d’Étapes du Versoud va quant à elle entamer une nouvelle vie, avec un ambitieux projet de restauration et de mise en valeur du site. “Seule, la commune n’aurait pas pu envisager sa préservation”, confie Emmanuelle Moreau, élue à la culture et à la transition écologique.

Lors des Journées européennes du patrimoine, une animation au pied de la tour invitait les habitants à se projeter au temps des seigneurs et de se réapproprier leur histoire.

“Cette année, une vingtaine de sites labellisés "Patrimoine en Isère" ont ouvert leurs portes pour les Journées du Patrimoine. Une belle dynamique de valorisation s'engage, à suivre notamment sur notre site culture.isere.fr”, souligne Béatrice Ailloud.

 

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Depuis 2016, le Département de l’Isère incite donc les propriétaires publics et privés à les restaurer eux aussi. Dotée d’une enveloppe d’environ 500 000 euros par an, cette politique a déjà permis à 42 édifices de se refaire une beauté en Isère, comme l’église de Cheyssieu, entre Vienne et Roussillon.

Largement remanié au XIXe siècle, l’édifice a été restauré dans les règles de l’art, en privilégiant l’emploi de matériaux naturels, et doté de quatre beaux vitraux créés par le maître verrier grenoblois Christophe Berthier.Soit pour l’ensemble près de 300 000 euros de travaux, financés à 30 % par le Département.

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