Donner son sang, c’est jouer collectif

Annick Berlioz
Publié le
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Don du sang à Vienne

Frédérick Pattou

  • Société
  • Citoyenneté
Chapô

À Vienne, plus de 25 personnes en situation de précarité ont été formées pour devenir « ambassadeurs » du don du sang. Une action qui met en pratique la politique de citoyenneté-réciprocité développée par le Département.

“Donner son sang permet de sauver des vies alors que ça ne prend pas plus d’une heure de son temps. Mais seulement 4 % des Français franchissent le pas.” Avant chaque collecte, Jean-François, 56 ans, habitant à Vienne, en invalidité depuis 5 ans à la suite d’un accident vasculaire cérébral, sillonne les magasins avec des flyers à la rencontre de donneurs potentiels.

Zohra, 48 ans, qui enchaîne les petits boulots et ne travaille qu’à mi-temps, est aussi très active. Le jour J, avec l’Association des donneurs de sang de Vienne et de ses environs, elle accueille les donneurs, s’occupe de leurs enfants et sert les collations.

 

Une opération citoyenne et solidaire

Tous deux ont rejoint l’opération « Donner son sang, c’est jouer collectif ! » mise en place à Vienne il y a un an. “En 2017, nous avons reçu un appel d’urgence de l’Établissement français du sang (EFS), qui manquait de produits sanguins. D’où la décision d’impliquer les usagers des services sociaux dans l’organisation des collectes, explique Wanda Vorreiter, assistante sociale à l’origine du projet. L’objectif était de leur permettre de retrouver un sentiment d’utilité en s’impliquant dans une action bénévole, mais aussi de les aider à développer des compétences applicables dans une recherche d’emploi, comme la prise de parole en public, le travail en équipe et l’organisation d’événements.”

Après de nombreuses rencontres avec l’Association des donneurs de sang de Vienne, des partenariats ont été noués avec diverses structures sociales, dont le club Léo Lagrange, le Forum RSA, l’association Prévenir, la mission locale de l’Isère rhodanienne, l’École de la deuxième chance, les centres sociaux… L’initiative a séduit de nombreuses personnes aux profils très divers. “Il y a des allocataires du RSA, des jeunes, des personnes en insertion… Tous participent aux huit collectes organisées chaque année à Vienne. En un an, plus de 98 nouveaux donneurs de sang nous ont rejoints”, se félicite Anna Josephsson, chargée de communication à l’EFS.

Cette opération ouvre de nouvelles perspectives pour le don du sang et pourrait faire école dans d’autres territoires. “Elle s’intègre aussi dans notre volonté de développer le bénévolat ainsi qu’un esprit citoyen et solidaire dans tout le département”, rappelle Martine Kohly, vice-présidente chargée du sport, de la jeunesse, de la vie associative et du devoir de mémoire.

Zohra a repris confiance en elle et a décidé d’entreprendre une formation comme agent d’accueil. Jean-François, quant à lui, est devenu bénévole permanent à l’association pour le don du sang de Vienne et de ses environs.

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Donner son sang, c’est important

“Chaque année en France, 170 000 donneurs de sang sortent des fichiers de l’EFS et nous avons besoin d’en recruter plus du double pour satisfaire les besoins. Rien que pour la seule région Auvergne-Rhône-Alpes, nous devons collecter quotidiennement 1 400 dons de sang”, explique Anna Josephsson.

Pour rappel, toute personne en bonne santé, âgée de 18 à 70 ans et pesant au moins 50 kilos, peut donner son sang. Les hommes y sont autorisés jusqu’à six fois par an et les femmes jusqu’à quatre. Un délai de huit semaines au minimum doit être respecté entre deux dons de sang.

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