L’art, c’est la santé !

Véronique Granger
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Mamita (assise, au centre) entourée de sa fille Anne-Marie (à gauche) et de deux amies avec l’un des comédiens de la Cie Kaléidoscope.
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Contre la solitude et la souffrance, des artistes se déplacent à domicile ou à l’hôpital, comme la compagnie Kaléidoscope, qui offre un spectacle théâtral aux personnes âgées isolées. Des actions soutenues par le Département de l’Isère.

“C’est un énorme cadeau. Tout ça rien que pour moi…” Plusieurs mois se sont écoulés depuis cet après-midi où Mamita, 92 ans, a vu la compagnie Kaléidoscope débarquer dans son petit appartement martinérois. Et elle n’en revient toujours pas.

Le décor, les lumières, les trois comédiens… Toute la magie du théâtre était là, en réel ! Quand Laurence Grattaroly, metteuse en scène échirolloise, a présenté son idée de jouer un vrai spectacle chez des personnes âgées isolées en 2017, tout le monde lui a dit que c’était infaisable.

Mais elle a persévéré comme à son habitude et grâce au soutien notamment de l’association DiGi (domicile intergénérationnel), son joyeux cabaret participatif, baptisé Un moment ensemble, a commencé à tourner dans les deux-pièces-cuisine devant deux, trois ou quatre personnes, avec toujours autant de succès :

“On a déjà joué 45 fois à domicile, et 13 fois en Ehpad. Et à chaque fois, l’émotion et la joie étaient là. Au moment du goûter, la parole se libère, les jolies assiettes à dessert ressortent du buffet… Ce sont de vraies rencontres. Et bien sûr tout est gratuit pour la personne âgée. La solitude a des répercussions terribles sur la santé psychique, il faut agir contre ce fléau”, affirme Laurence.

 

“Donner son temps, son sang, son cœur, son art”

Après la crise du Covid-19, l’initiative sera encore plus appréciée : le Département s’est d’ailleurs engagé à financer 35 nouvelles représentations, dans le cadre de son dispositif culture et santé, en partenariat avec les communes accueillantes.

Au CHU de Grenoble également, les artistes ont toute leur place, depuis une bonne quinzaine d’années, pour égayer autant que faire se peut la vie des soignants et des patients. Juste avant le début du confinement, deux fresques de street-art, réalisées l’une par Petite Poissonne et l’autre par Veks Van Hillik, étaient encore inaugurées à l’hôpital nord avec le centre d’art Spacejunk.

Magnifique ! Ce héron si fort et vulnérable avec son cœur immense m’a tout de suite touché”, témoigne Kévin, cadre de nuit et membre de la commission culture.

“On s’appuie pour chaque opération sur des structures reconnues, comme l’association Mediart, la MC2, le Musée de Grenoble ou d’autres, pour faire une vraie programmation, explique Sylvie Bretagnon, chargée des affaires culturelles du CHU Grenoble Alpes. Et depuis le début, le Département est à nos côtés.”

“Donner son temps, son sang, son cœur, son art.” Cette phrase inscrite sur les murs par l’artiste grenobloise Petite Poissonne résonne tout particulièrement en cette période de pandémie, où l’on a plus que jamais besoin de culture et de poésie.

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Repères

 

40 000 euros : c’est le montant investi chaque année par le Département de l’Isère dans le cadre de sa politique « culture et santé » – un dispositif national porté par le ministère de la Culture et abondé par de nombreux partenaires régionaux (agence régionale de santé, Drac et Région Auvergne-Rhône-Alpes).

En 2020, une vingtaine d’établissements isérois (centres hospitaliers, foyers d’accueil pour personnes handicapées psychiques, centre psychothérapeutique…) accueilleront des projets artistiques variés : théâtre, chant, graff, cinéma…

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