Halte aux violences conjugales !

Annick Berlioz
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Plus de 80% des victimes de violences conjugales ne préviennent ni la police, ni la gendarmerie.
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Chapô

Chaque année en France, une femme sur dix est victime de violences conjugales. De nombreuses initiatives sont menées en Isère pour lutter contre ce fléau.

“Mon mec s’énerve, cogne des voitures, casse des portes, loin de me douter que sur moi il lèverait la main. ” Ces paroles sont celles d’une chanson écrite par Clara, 42 ans, mère de quatre enfants, victime de violences conjugales pendant huit ans.

“En 2019, nous avons mis en place un groupe de travail avec six allocataires du RSA pour les inviter à imaginer un projet utile pour les autres. De là, est née cette chanson, qui sera mise en musique par la chorale de Morestel et présentée au public prochainement, explique Annie Vacalus, chef du développement social du territoire du Haut-Rhône dauphinois. Nous espérons ainsi pouvoir lever le tabou ! ”

Dans le domaine, beaucoup reste à faire. Car même si les victimes hésitent moins à porter plainte, beaucoup se murent dans le silence, par peur des représailles et de porter préjudice à leurs enfants.

Plus de 80 % ne préviennent ni la police, ni la gendarmerie !

 

Repérer et aider le plus tôt possible

Responsable de la protection de l’enfance en danger, le Département de l’Isère, en concertation avec les acteurs locaux, a engagé plusieurs initiatives dans les territoires pour mieux repérer et prendre en charge les situations. Exemple à La Tour du Pin, où un réseau rassemblant une douzaine de partenaires (associations, centres communaux d’action sociale, centre d’information des droits des femmes et des familles de l’Isère…) a été créé.

“L’objectif est de développer une culture commune et de trouver ensemble des solutions locales pour mieux aider les victimes ”, commente Véronique Verney, assistante sociale à La Tour du Pin. Plusieurs actions ont déjà été entreprises dont la création d’une permanence psychologique, ou encore la mise en place d’un groupe de parole animé par des femmes victimes et la réalisation d’une exposition.

“Nous sensibilisons aussi aux violences conjugales les élus, les travailleurs sociaux et le personnel médical pour leur permettre de mieux comprendre comment se met en place ce douloureux processus.” Un réseau a également vu le jour sur le territoire du Grésivaudan. Piloté et animé par un collectif de 12 partenaires auquel contribuent les services de la protection maternelle et infantile et de l’action sociale, il rassemble une cinquantaine de professionnels de différentes institutions (gendarmerie, éducation nationale, CAF, CHU…).

Isabelle Laidet, ostéopathe à Saint-Ismier, a pu y trouver des réponses à ses questions. “Je recueille souvent des confidences. Mais parfois, il faut savoir lire entre les lignes. Grâce à ce réseau, nous pouvons échanger nos idées et confronter nos points de vue dans le but de dégager des perspectives de prise de conscience et d’accompagnement les plus pertinentes possible”, témoigne-t-elle.

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