Ambroisie : tous mobilisés

Richard Juillet
Publié le
Modifié le
Les services du Département interviennent deux fois dans l’été dans le cadre de campagnes de fauche pour interrompre le cycle biologique de l’ambroisie.

F.Pattou

  • Société
  • Environnement
Chapô

Allergies, baisse des rendements agricoles, atteintes à la biodiversité… L’ambroisie est un fléau qui touche quasiment tout notre département et, au quotidien, de nombreux Isérois. Depuis 2005, la lutte s’est organisée.

Dans le jargon des agriculteurs, c’est une adventice. Pour les non-initiés, on l’appellerait tout simplement « mauvaise herbe ». Et pour être mauvaise, elle l’est assurément !

L’ambroisie est devenue en vingt ans un véritable fléau pour le monde agricole – sa prolifération impactant le rendement des cultures – mais également pour la santé publique à cause de ses pollens allergisants.

L’Observatoire régional de la santé Auvergne-Rhône-Alpes* estime que 6,7millions d’Auverhônalpins sont exposés à ses pollens plus de vingt jours par an et 660 000 personnes, dont 115 000 Isérois, présentent les symptômes de pollinose, rhinite, conjonctivite, trachéite… les obligeant à consulter un médecin.

Son éradication : une lutte concertée

Si les premières actions contre l’ambroisie ont été lancées dès 2005 par la Chambre d’agriculture de l’Isère et les collectivités des territoires fortement infestés, le Nord-Isère et l’Isère rhodanienne, c’est à l’échelle départementale que la lutte est désormais engagée, mobilisant de nombreux acteurs : le Département, les communes, les intercommunalités, l’agence régionale de santé, l’État ou encore la Fredon** et le CNRS.

Avec toujours en première ligne les agriculteurs, dont les parcelles de céréales, de maïs ou de tournesol sont régulièrement « nettoyées » dès le printemps pour que la plante ne prenne pas racine et qu’à sa floraison elle ne libère ses millions de grains de pollen.

Des sensibilisations aux techniques de désherbage mécanique et au déchaumage ont été mises en place. Encouragés aussi, la rotation des cultures, le travail du sol – labour, faux semis… – et la désignation de référents tant dans le monde agricole que dans les communes pour signaler les zones infestées.

Enfin, des actions de communication – livrets, newsletters techniques, exposition, vidéos… – ont été développées dans le cadre d’un partenariat entre la Chambre d’agriculture et le Département pour sensibiliser les agriculteurs, les élus, mais aussi les citoyens. Des efforts complétés par un traitement du domaine public.

Avec ses 4 680 kilomètres de routes à entretenir, le Département a pris à bras-le-corps cette menace sanitaire, économique et environnementale. “Nos agents ont été formés pour surveiller la prolifération de l’ambroisie sur les accotements routiers. Grâce à des relevés GPS, ils peuvent cibler les campagnes de fauche organisées durant l’été : à la fin juillet pour éviter la propagation des pollens et en août pour éviter que la plante ne repousse”, confirme Bernard Perazio, vice-président chargé de la voirie.

Une démarche qui s’inscrit dans le cadre d’une politique plus globale de soutien à l’agriculture et de lutte contre les plantes invasives, comme la renouée du Japon ou le bunias qui, par leur caractère concurrentiel, portent atteinte à la biodiversité et aux ressources naturelles.

 

* Étude Atmo Aura 2017.
** Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles.
Encart

Pour disposer des outils de communication (expo, affiches…) :

Département de l’Isère, 06 45 89 91 98 - Chambre d’agriculture 38, 06 64 20 93 91.

Pour signaler l’ambroisie : signalement-ambroisie.fr ou au 0972 376 888.

Corps suite

Zoom

 

La connaître, c’est déjà agir !

Originaire d’Amérique du Nord, l’ambroisie a colonisé l’Hexagone dès le XIXe siècle et plus encore dans les années 1950, principalement sur le territoire de l’actuelle région Auvergne-Rhône-Alpes.

Cette plante pionnière se plaît dans les espaces ouverts à faible couvert végétal, parcelles agricoles, friches urbaines, terrains vagues, bas-côtés des routes.

Quasiment indestructibles, ses graines sont viables jusqu’à 40 ans dans le sol et son système racinaire lui permet de supporter la sécheresse.

Récemment, des agronomes ont même constaté une propension à résister aux désherbants, et, comme l’Hydre de Lerne dans la mythologie grecque, elle peut reprendre son cycle après avoir été coupée.

Sa floraison s’étale de la mi-juillet à octobre, c’est-à-dire maintenant !

2
minutes de votre temps
A- A+
Richard Juillet
Publié le
Modifié le