Un plan de lutte contre la radicalisation

Annick Berlioz
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Depuis 2016, le Département mène des actions pour lutter contre toutes les formes de radicalisation. Avec l’État, il participe à la cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles, qui examine plus particulièrement les situations de radicalisation islamique.

“Ma fille était une élève studieuse qui croquait la vie à pleines dents. Pour conquérir le cœur d’un copain musulman, elle s’est intéressée à l’islam. Sous l’influence d’une approche radicale de la religion, elle a lâché ses copines, l’école et sa famille pour s’engager dans la communauté salafiste piétiste. Depuis, elle a quitté la France et nous n’avons plus de relation”, relate Lau Nova, maman de Charlotte, 18 ans, embrigadée à l’âge de 12 ans. Auteure d’un livre Ma chère fille salafiste, elle est venue témoigner en Isère, à trois reprises, dans le cadre de journées de prévention de la radicalisation.


Former les acteurs de terrain

En charge de la protection de l’enfance en danger, le Département a mis en place un plan de bataille pour lutter contre la radicalisation. Le premier volet consiste à former les professionnels intervenant auprès des jeunes et des familles à toutes les formes de radicalité : les signes d’alerte, les techniques d’endoctrinement, le rôle d’Internet, la démarche à suivre en cas de suspicion… “L’objectif est de leur donner des clés de lecture pour déceler les situations à risque. Nous voulons aussi constituer des réseaux afin qu’ils puissent travailler avec d’autres acteurs de terrain”, explique Sandrine Martin-Grand, vice-présidente du Département chargée de l’enfance, de la famille et de la santé.

Six territoires sont déjà concernés. Le Grésivaudan, engagé dans cette démarche depuis 2016, a ainsi mené une réflexion avec l’ensemble des partenaires locaux (bailleurs sociaux, écoles, associations de prévention, mission locale, CAF…). Des actions de prévention et de formation ont été mises en place pour les partenaires qui œuvrent auprès des citoyens, et une pièce de théâtre, Djihad, a fait l’objet d’un débat public.


Éviter le passage à l’acte

Le deuxième volet de ce plan vise à traiter les informations. Tous les mois, le Département participe à la Cellule de suivi pour la prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles (CPRAF), qui, sous l’autorité du préfet, réunit les services de l’État (justice, Éducation nationale, gendarmerie…) et des partenaires (CAF, missions locales…) pour examiner les situations des personnes ayant fait l’objet d’un signalement et nécessitant un accompagnement psycho-éducatif.

Leur suivi est confié par la préfecture à l’équipe mobile d’écoute et d’accompagnement des jeunes et familles du Comité dauphinois d’action socio-éducative (Codase). “Notre mission consiste à identifier et à évaluer le processus qui les a conduits vers la radicalité. Les jeunes qui ont un parcours de rupture sont les plus fragilisés. Pour les extraire de leur emprise, nous travaillons sur leurs perspectives de vie en vue de restaurer leur esprit critique”, explique Stéphane Vial, directeur du Codase. Actuellement, une vingtaine de jeunes font l’objet de ce suivi en Isère.

 

Encart

STOP DJIHADISME !
Ces mesures complètent la mise en place par l’État, en 2014, d’un Numéro vert, anonyme et gratuit, où des spécialistes écoutent, conseillent et orientent les proches de personnes radicalisées ou semblant radicalisées.
En Isère, on peut aussi écrire à l’adresse électronique suivante crip38@isere.fr pour alerter la cellule de recueil des informations préoccupantes du Département, qui enregistre tout signalement concernant un mineur en danger.
Numéro vert Stop Djihadisme : 0 800 005 696 ;
www.stop-djihadisme.gouv.fr

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