Un atlas du cancer en Isère

Annick Berlioz
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Chaque année, près de 7 000 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués en Isère et 2 700 décès sont liés à cette maladie. À la demande du Département, le Registre du cancer de l’Isère a réalisé un atlas visant à décrire leur répartition.

Qu’en est-il du cancer en Isère ? Quelles sont les formes les plus fréquentes ? Et dans quels territoires ? Pour répondre à ces questions, l’association du Registre du cancer de l’Isère a réalisé une étude qui recense les populations les plus à risque et les zones géographiques où cette maladie est la plus fréquente. “L’objectif est de mettre en place des mesures d’information, de dépistage, de prévention en fonction des besoins de chaque territoire”, explique Magali Guillot, vice-présidente du Département déléguée à la santé. Le point sur les cancers les plus fréquents dans notre département.


Cancer du sein : les bienfaits du dépistage organisé
Avec près de 1 000 nouveaux cas chaque année, le cancer du sein reste le plus fréquent chez les femmes. Mais, bonne nouvelle, le risque de décès est en diminution de 1 % par an depuis trente ans. Ce résultat s’explique en grande partie par la mise en place d’un dépistage organisé dès 1990 invitant les femmes de 50 à 74 ans à réaliser une mammographie – radiographie des seins. Cet examen permet de détecter les tumeurs présentant des chances de guérison plus élevées. Toutefois, le cancer du sein reste plus fréquent dans l’agglomération grenobloise que dans le reste du département en raison de la sédentarité, du surpoids, de la prise d’alcool et du tabagisme, plus élevé en milieu urbain.


Cancer du poumon : les femmes rattrapent les hommes
Depuis 1990, le cancer du poumon est en forte hausse chez les femmes, de l’ordre de 5 % par an. Près de 200 nouveaux cas sont recensés chaque année. Pour explication, les femmes ont fumé plus tard que les hommes et, même si la consommation faiblit, les statistiques n’enregistreront une baisse que dans quelques années ; ce cancer pouvant se déclarer dix, quinze, voire vingt ans après l’arrêt du tabac. Il est davantage répandu dans l’agglomération grenobloise, notamment dans des milieux défavorisés où le tabagisme est important.


Cancer du côlon : mortalité en baisse
Depuis 1990, le nombre de décès liés au cancer du côlon diminue d’environ 1,5 % chez l’homme et la femme. Cette baisse se justifie en partie par la mise en place d’un programme de dépistage organisé dès le début des années 1990 permettant un diagnostic plus précoce et de meilleures chances de guérison. Les facteurs de risque sont liés aux comportements individuels : alimentation, sédentarité, tabagisme, alcool… De ce fait, la sur-incidence observée, dans le territoire du Vals du Dauphiné et à La Tour-du-Pin, notamment, est difficilement interprétable.

Contact : 04 76 76 89 43.

 

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Le registre du cancer de l'Isère : c'est quoi ?

Créé en 1978 à l’initiative du professeur Schaerer, oncologue au CHU de Grenoble, avec le soutien du Département, le Registre du cancer est une association qui a pour objectif d’évaluer la fréquence de chaque type de cancer en Isère et d’analyser leur progression.

“Notre mission est de surveiller l’évolution de la maladie et d’informer la communauté scientifique pour estimer les besoins de prise en charge des patients”, explique Marc Colonna, son directeur. Le Registre fonctionne avec une équipe de dix personnes (technicienne de registre, médecin, statisticien, data manager et épidémiologiste).

Il est subventionné à hauteur de 185 000 euros par le Département.

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