Sécurité routière : pour les plus de 60 ans

Annick Berlioz
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Un peu partout en Isère, le Département organise des ateliers de prévention routière pour permettre aux seniors d’être en confiance au volant. Au programme : révision du Code de la route, tests de vue et exercices de conduite.

André, 80 ans, a passé son permis de conduire il y a… soixante-deux ans ! À cette époque, il y avait beaucoup moins de trafic qu’aujourd’hui, les limitations de vitesse et les sens giratoires n’existaient pas. “J’ai toujours conduit, mais je me sentais de moins en moins en sécurité. J’avais besoin de mettre à jour mes connaissances et de faire le point sur mes capacités. Avec l’âge, les réflexes sont moins rapides et les manœuvres plus compliquées”, témoigne-t-il.

Pour reprendre confiance en lui, cet habitant de Saint-Maurice-l’Exil s’est dernièrement inscrit à un stage de sécurité routière qui s’est déroulé sur trois demi-journées à Roussillon. La première était consacrée à la théorie, avec des modules sous forme d’ateliers : tests de vue, Code de la route, différence entre giratoires et ronds-points… “Nous revenons sur les principes de base et informons nos stagiaires sur la signification de nouveaux panneaux de signalisation comme celui indiquant une section à vitesse régulée sur autoroute”, explique Céline, monitrice de l’association Les Auto-Écoles réunies qui organise ces sessions pour le compte du Département avec d’autres enseignants et formateurs.


Tester ses réflexes et revenir sur les règles de sécurité

Dans un deuxième temps, chaque stagiaire effectue un circuit en présence d’un formateur qui l’observe en silence, puis recommence le même trajet en conduite commentée. “L’objectif est de mettre en évidence les erreurs commises et les dangers encourus. Exemple, le stop ‘glisséʼ, qui peut coûter des vies et, dans un moindre mal, la suppression de quatre points au permis de conduire plus 135 euros d’amende. Tout au long du parcours, nous insistons sur le temps et la distance nécessaires pour s’arrêter”, poursuit Céline.
La troisième demi-journée est dédiée à la découverte d’un véhicule électrique et d’une voiture équipée d’une boîte de vitesses automatique. Également abordés, les premiers secours, le permis à points, les assurances… Contrairement aux idées reçues, les seniors ne sont pas plus dangereux sur la route que les jeunes conducteurs.

En 2017, les plus de 65 ans ont causé 16,9 % des accidents mortels, soit la proportion la plus faible chez les personnes majeures. “Problème, les conséquences sont plus souvent dramatiques, car ils sont beaucoup plus vulnérables physiquement. D’où l’importance de ces piqûres de rappel qui les encouragent à plus de vigilance et leur permettent de rester mobiles très longtemps”, précise Laura Bonnefoy, vice-présidente du Département chargée de la dépendance et du handicap.

Encart

Renseignements sur www.isereadom.fr, l’annuaire en ligne des services du bien-vieillir en Isère ou 0800 38 00 38 (numéro vert – appel gratuit)

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Interview

Laura Bonnefoy, vice présidente chargée de la dépendance et du handicap

Isère Mag : Pourquoi ces ateliers de sécurité routière ?

Laura Bonnefoy : Ces ateliers font partie des actions individuelles et collectives que nous menons en direction des seniors pour lutter contre l’isolement. En milieu rural, notamment, où les services se font plus rares, la voiture reste indispensable au quotidien.

Plutôt que d’interdire aux aînés de conduire ou de les obliger à passer un examen médical, nous préférons préserver leur autonomie. Ces stages sont des moments de partage et d’échanges d’expériences. Ils se déroulent de façon ludique et rencontrent un véritable succès.

 

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