Grippe et pneumocoque : deux vaccins indispensables cet hiver

Annick Berlioz
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Le professeur Olivier Épaulard, du service des maladies infectieuses du CHU Grenoble-Alpes.

A.Berlioz

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Chaque hiver, le virus de la grippe et une bactérie, le pneumocoque, sont responsables d’un nombre important d’hospitalisations et de décès. Avec l’épidémie de Covid-19, les personnes à risque sont d’autant plus encouragées à se faire vacciner. Le professeur Olivier Épaulard, du service des…

Le professeur Olivier Épaulard, du service des maladies infectieuses du CHU Grenoble-Alpes.

 

Isère Mag : Cet hiver, les vaccins contre la grippe et le pneumocoque sont fortement recommandés. Pourquoi ?

Olivier Épaulard : Du fait de la circulation intense de la Covid-19, les épidémies respiratoires hivernales habituelles, comme la grippe et le pneumocoque vont se chevaucher avec cette nouvelle infection. Cela entraîne deux problèmes : les personnes ayant contracté la grippe et le pneumocoque seront suspectées d’avoir la Covid-19, ce qui compliquera leur prise en charge. D’autre part, nous craignons que les patients également contaminés par la Covid-19 développent des symptômes plus graves.

Par ailleurs, rappelons que la grippe et le pneumocoque peuvent tuer. Ainsi, chaque année en France, la grippe touche de 2 à 6 millions de personnes et provoque entre 12 000 et 15 000 décès. Le pneumocoque, quant à lui, est responsable d’environ 125 000 pneumonies par an et de 10 000 décès. Contrairement à la Covid-19, nous avons la chance d’avoir des vaccins qui permettent de s’en protéger.

 

I. M. : Les symptômes de ces trois maladies se ressemblent-ils ?

O. E. : Oui. Fièvre, toux, essoufflement, céphalées… ces trois infections présentent de nombreux points communs et il est parfois difficile de les distinguer. Pour la grippe et la Covid-19, les modes de transmission sont quasiment identiques : par contact étroit via les gouttelettes respiratoires (postillons, éternuements) – voire par l’intermédiaire d’un objet qui vient d’être touché par une personne infectée.
 

I. M. : Ces deux vaccins sont-ils bien tolérés ?

O. E. : Oui. On peut avoir une rougeur locale, une fièvre passagère (dans 5 % des cas). Les effets graves sont extrêmement rares.

 

I. M. : Concernant la grippe, quelles personnes vacciner en priorité ?

O. E. : Dans l’idéal, il faudrait concentrer les efforts sur les populations à risque. Autrement dit, les plus de 65 ans, les patients souffrant de pathologies chroniques (maladies pulmonaires, insuffisance rénale ou cardiaque, diabète, mais aussi les femmes enceintes et les individus présentant une obésité…).

Pour les personnes moins susceptibles de développer des formes sévères, les mesures déployées contre la Covid-19 (port du masque, désinfection des mains avec du gel hydroalcoolique) permettent aussi de réduire le risque d’infection grippale.

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Grippe et pneumocoque : le Département vaccine aussi

Afin de permettre de lutter efficacement contre ces deux infections, le centre départemental de santé propose une vaccination gratuite aux enfants de plus de 6 ans et aux adultes présentant des difficultés d’accès aux soins.

Chaque année, 6 000 doses de vaccin sont ainsi fournies par le Département pour permettre aux Isérois de se protéger contre le pneumocoque et 600 doses pour lutter contre la grippe.

Par ailleurs, les services de protection maternelle et infantile (PMI) assurent cette vaccination qui est obligatoire pour les enfants de 0 à 2 ans.

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