Génération Z : ils nous inspirent

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Inspirants, créatifs, réactifs, les 15-25 ans (la génération Z) n’ont jamais eu autant la soif d’expérimenter. Dans ce dossier, Isère Mag donne la parole aux plus jeunes d’entre eux. Le Département s’attache à les accompagner dans ces années « charnières » bien au-delà des portes des collèges.

(Photo d'ouverture) En octobre 2023, le Département a lancé Isère Terre de jeux 2024 : un dispositif destiné à encourager les jeunes dans leurs pratiques sportives et les sensibiliser aux valeurs olympiques, comme ici avec l’association Nextape de Pontcharra.

 

À 11 ans, Mozart s’attaquait à son premier opéra ; à 17 ans, Kylian MBappé commençait sa carrière de footballeur professionnel. Mais il ne faudrait pas croire que seuls les enfants prodiges ont des rêves. 

Une étude réalisée en 2022 nous apprend que les 10-18 ans en ont plein la tête : 36 % des jeunes français veulent voyager et 12 % ont pour première aspiration le financement de leurs études ; 10 % aspirent à une vie d’artiste et 8 % à une carrière de sportif de haut niveau. En revanche, ils sont seulement 6 % à s’imaginer dans la peau d’un entrepreneur.

 

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Par ailleurs, et selon une autre enquête menée dans 17 pays industrialisés, les jeunes français sont ceux qui ont le moins confiance dans les institutions. Sans compter l’épidémie de Covid-19 qui a provoqué beaucoup d’isolement et d’abattement. 

 

Aux côtés de tous les jeunes 

Alors comment les encourager à prendre des responsabilités, à s’ouvrir à de nouveaux défis et à monter des projets ? “Les jeunes sont notre relève et ce sont eux qui devront affronter les défis de demain. L’avenir leur appartient ! Curieux de tout, férus de nouvelles technologies, vifs d’esprit, ils ont une longueur d’avance et constituent un potentiel de créativité extraordinaire. Notre rôle d’élus est de leur donner dès aujourd’hui tous les outils pour les accompagner”, répond Martine Kohly, vice-présidente du Département en charge de l’enfance, de la famille, de la jeunesse et des sports.

Le Département a lancé dès 2016 un vaste plan d’actions pour la jeunesse dont l’un des objectifs est de promouvoir la citoyenneté et l’engagement, notamment avec le « Coup de pouce jeunes Isère » ou avec le dispositif « Isère Collégiens » qui permet aux collèges de réaliser des projets éducatifs dans la culture, le sport, la santé ou l’environnement.

 

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Mais qu’est-ce qu’être jeune aujourd’hui ? “Comme pour les générations passées, ce terme générique regroupe différents profils. Il y a ceux qui parlent et agissent avec aisance et ceux qui, pour des raisons multiples, sont en retrait. Notre volonté est de nous adresser à tous”, ajoute Martine Kohly.

Depuis deux ans, la gratuité de la carte Tattoo permet à 45 300 collégiens isérois de bénéficier d’une cagnotte de 60 euros pour financer leurs activités sportives, artistiques et culturelles. Et pour que les collégiens puissent accéder à un repas de qualité, équilibré, tous les midis de la semaine, tout en redonnant du pouvoir d’achat aux familles, le prix d’un repas à la cantine a été fixé à 2 euros dans les 97 collèges publics, avec un objectif d’atteindre 100 % de produits locaux et biologiques en 2028. 

Outre les loisirs et le développement personnel, le Département veut rapprocher les jeunes du monde professionnel.

 

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Des missions dans le monde associatif, la création de mini-entreprises dans les collèges, la réalisation de chantiers éducatifs pour ceux qui sont en rupture scolaire permettent de créer une implication et un engagement. 

Pour cela, les jeunes doivent être bien dans leurs baskets. La santé et le sport sont aussi au cœur des préoccupations 

 

Sources : enquête Pixpay ; La Génération Z aux rayons X, d’Élisabeth Soulié, anthropologue, éditions Cerf, 2020.

 

©Adobe Stock & JS Faure


Interview

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Martine Kohly, vice-présidente du Département en charge de l’enfance, de la famille, de la jeunesse et des sports.

 

Plan jeunesse : “Nous jouons un rôle fédérateur”

Isère Mag : Comment avez-vous construit le « plan jeunesse » en 2016 ? 

Martine Kohly : Pour créer son Plan jeunesse, le Département s’est appuyé sur l’ensemble de ses politiques publiques. Nous avons engagé une réflexion avec les communes et les intercommunalités, mais aussi les nombreuses institutions, comme l’Éducation nationale, la caisse d’allocations familiales, la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse, les associations. 

Nous nous sommes également appuyés sur un réseau d’artistes, de sportifs de haut niveau, d’éducateurs, d’acteurs de terrain et d’associations qui ont joué le jeu en nous faisant remonter les besoins de chaque territoire. Ils ont pris part à nos actions, en intervenant dans les collèges et partout où sont les jeunes. 

Chacun menait des actions de son côté et dans son domaine sans réellement se concerter. Nous avons joué un rôle fédérateur pour monter un plan cohérent avec les réalités de chaque territoire.

 

I.M : Huit ans après, quel est le bilan ?

M.K. : La pandémie de Covid-19 et les confinements successifs ont révélé des problèmes d’isolement, de santé mentale chez les jeunes. Ils ont complètement modifié l’approche que ces derniers ont du monde professionnel. 

Nous allons faire un bilan de ce qui a été entrepris pour aller plus loin et envisager la suite. Nous allons aussi nous rapprocher des élus municipaux qui ont commencé leur mandat en 2020 pour monter des projets cohérents avec leur politique jeunesse et proposer un Plan jeunesse 2 au printemps 2024.

 

©A.Berlioz

 

La jeunesse en Isère, une force vive

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Repères

Une jeunesse engagée

Nés entre 1997 et 2010, les plus jeunes sont encore au collège tandis que leurs ainés font déjà leurs premiers pas dans le monde professionnel. Ces jeunes de la « génération Z » sont les premiers à avoir grandi un smartphone à la main. Hyperconnectés, ils sont nés dans un monde de l’instantané, à l’ère des réseaux sociaux et de l’arrivée de l’intelligence artificielle. 

Ils ont vécu la crise du Covid souvent de plein fouet, à un moment où les copains prennent normalement le pas sur la famille. Ils ont leur propre conception du temps et des sujets d’importance. Les experts le constatent : les « Gen Z » ne sont pas pour autant collés derrière un écran, ils expriment plus que jamais un besoin d’action et de relations authentiques. 

D’ailleurs, beaucoup n’hésitent pas à se retrousser les manches et à s’engager : en 2020, quatre jeunes sur dix ont donné de leur temps bénévolement dans un groupe ou une association. Que ce soit pour eux-mêmes, pour leur plaisir, pour leur épanouissement ou leur avenir, ou pour les autres, les jeunes ont envie de s’impliquer, de participer. Inspiré par et pour eux, le Département s’attache à leur proposer un accompagnement et des clés pour prendre leur futur en main !

Corps suite

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Chaque année, 5 000 jeunes isérois de 13 à 25 ans bénéficient d’interventions artistiques par des professionnels financés par le Département.

 

Encourager les pratiques artistiques et les talents

Arriver à s’épanouir dans quelque chose que l’on aime, se découvrir un talent insoupçonné, apprendre le goût de l’effort. Le travail mené dans la durée par des artistes en résidence dans des collèges isérois peut ouvrir aux jeunes de nouveaux horizons, tout en contribuant à la cohésion en classe. 

C’est ce qu’ont pu constater les enseignants embarqués en 2021 dans le projet « En corps et en mots », monté par la compagnie Ariadne avec cinq collèges et trois salles de spectacle de l’agglomération grenobloise. L’enjeu était de créer de toutes pièces un spectacle théâtral et dansé à partir des mots et gestes des ados, pour leur faire découvrir à la fois le travail d’écriture, de mise en scène et le jeu. Pendant plusieurs mois, des artistes sont intervenus en classe, dans le cadre du dispositif « Isère Collégiens ». 

Ainsi est née en mai 2022 la pièce À bord d’âge, qui entame sa deuxième tournée dans les collèges isérois et au-delà. “Le spectacle plaît à toutes les générations, il suscite à chaque fois des scènes cocasses et des rencontres émouvantes”, témoigne la metteuse en scène, Anne Courel.

Chaque année, avec le soutien du Département, 5 000 jeunes de 13 à 25 ans bénéficient ainsi de parcours d’éducation artistique et culturelle sur le temps scolaire ou en dehors. Ils sont presque autant à être inscrits dans l’un des 76 conservatoires, écoles de musique, de danse et de théâtre de l’Isère. Les collégiens peuvent aussi s’inscrire à moindre coût (de 60 à 120 euros de réduction) à de nombreuses activités à l’année grâce à leur carte Tattoo.

©F.Pattou


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Les jeunes accompagnés par la Mission locale Grésivaudan Alpes Métropole, à Crolles, ont pu s’initier au ballon ovale lors d’une journée découverte au FCG, en octobre dernier.

 

Découvrir les valeurs du sport avec les pros

Respect des règles et d’autrui, valeurs d’entraide et de solidarité, dépassement et contrôle de soi… autant de vertus reconnues de la pratique sportive, qui peuvent aider des jeunes en décrochage à retrouver une motivation. Voire une vocation, dans un secteur qui recrute. 

Depuis 2016, pour favoriser l’insertion des jeunes dans le monde professionnel, le Département a signé un contrat avec deux structures professionnelles, le FCG et les Brûleurs de loup

Ces deux clubs se sont engagées dans des missions d’intérêt général pour faire découvrir le rugby et le hockey sur glace à un maximum de jeunes et à leurs familles, mais aussi aux bénévoles des associations. Les Brûleurs de loups ont créé un fonds de dotation qui s’est concrétisé notamment par la mise en place d’une patinoire synthétique itinérante, pour s’initier au hockey sur glace.“Cet engagement social s’inscrit dans nos valeurs, c’est une fierté !” explique Alexandre Duyck, manager adjoint du club grenoblois. 

Dernièrement, huit adolescents déscolarisés, accompagnés par la mission locale du Grésivaudan Alpes Métropole, à Crolles, ont été invités quant à eux à découvrir le rugby pendant toute une journée avec des joueurs professionnels du FCG. “C’était très intéressant d’apprendre les règles pendant la Coupe du monde de rugby, dit en souriant Jimmy, qui espère aujourd’hui intégrer une école militaire. Mais j’ai surtout été frappé par la cohésion de l’équipe.” Pour Zoulikha Negmari, conseillère emploi, “cette journée a contribué aussi à souder le groupe”.

Corps fin

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Les lauréats de Coup de pouce jeunes Isère 2022, récompensés par Jean-Pierre Barbier et Martine Kohly en février 2023.

 

Promouvoir la citoyenneté et l’engagement 

Jeanne, Julie et Laureline, âgées de 19 ans, habitantes de l’agglomération grenobloise, ont appris à se connaître aux Scouts et Guides de France. Souhaitant “se sentir utiles et apporter leur pierre à l’édifice”, elles ont mené durant l’été 2023 un projet d’engagement solidaire en Roumanie, comme animatrices bénévoles auprès d’enfants issus de milieux défavorisés.

Leur initiative fait partie des 84 lauréates de la bourse « Coup de pouce jeunes Isère » du Département et de la caisse d’allocations familiales pour l’édition 2023. Cette bourse propose aux 11-25 ans de les aider jusqu’à 3 000 euros pour réaliser leurs projets, individuels ou collectifs. 

Le Département soutient également les actions éducatives des collèges à travers son dispositif « Isère Collégiens » dans de nombreux domaines : la culture, le sport, la citoyenneté, la santé, la biodiversité ou encore la découverte des métiers. Autre démarche : dans l’agglomération grenobloise, le Département soutient financièrement le « Pass test 2.0 » porté par Cap Berriat. Il permet aux 13-25 ans en difficulté scolaire d’effectuer un stage d’une semaine en milieu associatif et de le valoriser lors d’une émission radio. 

Quant à lui, le programme « résidence de la réussite », porté par le Crous, l’Université Grenoble Alpes (UGA) et la Fondation UGA, vise à faciliter l’intégration de nouveaux étudiants dans la vie universitaire, notamment par le tutorat entre pairs.


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Plus de 2 500 collégiens isérois ont été vaccinés contre les papillomavirus (HPV) à l’automne dernier dans le cadre de la campagne vaccinale lancée par le Département.

 

Des jeunes en bonne santé 

C’est un grand tournant ! À la rentrée 2023, le Département est intervenu dans 111 collèges isérois pour vacciner gratuitement les élèves de cinquième (avec l’accord parental) contre les papillomavirus humains.Il faut savoir que 80 % de la population est exposée aux HPV au cours de sa vie. 

Chaque année, en France, ces virus sont responsables de plusieurs milliers de cancers (col de l’utérus, sphère ORL, anus, vagin, pénis), alors qu’un vaccin administré entre 11 et 14 ans permet de les éviter (un rattrapage est possible ensuite jusqu’à 19 ans voire 26 dans certaines situations). Recommandé par l’OMS, ce vaccin est efficace à 90 %.

Pour faire suite aux annonces présidentielles début 2023, pour cette première campagne vaccinale, le Département a mobilisé quatre équipes mobiles de trois vaccinateurs. Au total, 2 564 élèves ont été vaccinés, soit 15 % des effectifs, sachant qu’une partie s’était déjà rendue chez son médecin traitant. 

Par ailleurs, le Département gère trois centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CeGIDD), à Grenoble, Bourgoin-Jallieu et Vienne où les jeunes ont la possibilité de se rendre en toute confidentialité. 

Ils peuvent aussi trouver une oreille attentive dans une vingtaine de centres de santé sexuelle (anciennement centres de planification) pour s’informer sur la contraception, la grossesse, l’intervention volontaire de grossesse, les infections sexuellement transmissibles, mais aussi, plus globalement, sur tout ce qui touche à la vie affective et relationnelle.

 

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