Migration des amphibiens : les liaisons dangereuses

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En février, grenouilles, crapauds, tritons et salamandres quittent les bois où ils ont hiberné pour aller se reproduire dans les mares et les étangs. Durant ce périple, nombre d’entre eux se font écraser sur les routes. Le Département et ses partenaires se mobilisent pour les protéger.

Généralement, en février, dès qu’il y a un redoux et une légère pluie, commence la migration nuptiale des amphibiens. Un périlleux périple qui croise souvent une route…

 

Au seuil du printemps, le petit peuple des amphibiens sort des abris où il a passé l’hiver protégé du gel. Au minimum 5 °C en soirée et de l’humidité : quand ces deux conditions sont remplies, crapauds, grenouilles, salamandres et tritons reviennent à la vie. 

Alors commence leur migration nuptiale : pour pouvoir se reproduire, ils se déplacent à la recherche d’un plan d’eau, souvent celui où ils sont nés. Une distance pouvant atteindre 2 kilomètres dans un sens puis dans l’autre, selon les espèces. Pour de petits animaux aux capacités locomotrices limitées, c’est un véritable exploit. Et puis au ras du sol, pas facile de trouver son chemin. Heureusement, les amphibiens sont sensibles au magnétisme terrestre, qui les aide à se repérer. 

Certains ont aussi mémorisé le parfum unique dans lequel ils ont baigné en tant que larves ou têtards, car chaque plan d’eau dégage une odeur singulière selon sa chimie et les végétaux qui s’y trouvent. 

Hélas, il y a toutes ces routes et voies de chemin de fer qui favorisent nos déplacements, mais coupent ceux de la faune sauvage. Les amphibiens se déplacent à la tombée de la nuit, ce qui coïncide avec le fort trafic de fin de journée. Les capacités extraordinaires d’une grenouille restent peu utiles face au pneu d’une voiture à 80 kilomètres à l’heure ! 

Alors, le grand voyage de la saison des amours tourne souvent à la tragédie. Sans mesures de protection, 80 % d’une population peut disparaître en une seule migration ! Or, les amphibiens jouent un rôle-clé dans l’équilibre des écosystèmes. Les têtards contribuent à l’épuration des plans d’eau et servent d’aliments, notamment aux oiseaux et aux poissons. Les adultes consomment insectes, vers et limaces et contribuent à la régulation de la microfaune terrestre et aquatique. 

C’est pourquoi, chaque année, le Département de l’Isère et ses partenaires, tels que la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Isère et Lo Parvi, se mobilisent afin d’éviter qu’ils se fassent écraser. 

 

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Navettes à crapauds

Sur les sites présentant les plus forts risques, des filets en plastique sont placés le long de la chaussée pour empêcher les amphibiens de traverser. 

Bloqués, ils tombent dans des seaux et, aux premières heures du jour, ils sont relâchés de l’autre côté de la voie, grâce à la contribution de salariés, bénévoles et stagiaires. Ces campagnes permettent de sauver des centaines de batraciens sur chaque site. Le département compte par ailleurs sept « crapauducs » (à Saint-Laurent-du-Pont, Bonnefamille, Le Grand-Lemps, Charavines, Le Cheylas, Panossas, Entre-Deux-Guiers), de petits tunnels qui permettent aux amphibiens de traverser sous la route, en toute sécurité. 

Des dispositifs plus coûteux, mais plus pérennes et sans intervention humaine. On les appelle aussi « passages à petite faune », car finalement ils bénéficient à de multiples espèces, y compris des mammifères. 

Cependant, toutes les routes ne peuvent être équipées de filets ou de crapauducs. Des panneaux invitent donc les automobilistes à rouler doucement lorsqu’ils entrent dans des zones de traversée. Un moyen d’éviter que la nuit de noces ne se transforme en veillée funèbre.

 

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Grenouille ou crapaud ? 

Évidemment, l’une n’est pas la femelle de l’autre ! Les crapauds ont une silhouette massive avec une peau mate couverte de verrues et de pustules. Ils marchent et sont terrestres. Leurs œufs sont pondus en « chapelets » ou « rubans ». 

Les grenouilles ont une silhouette fine, une tête triangulaire et de longues pattes postérieures qui leur permettent de sauter. Leurs œufs sont pondus en paquets. Les plus connues sont franchement aquatiques (les vertes), mais il existe aussi des espèces terrestres et forestières (les brunes).

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Repères

La double vie des amphibiens 

Assez méconnus, les amphibiens ont la particularité extraordinaire d’avoir deux vies en une : d’abord aquatique, puis terrestre. Ils se développent progressivement du stade d’œuf à celui d’adulte, en passant par une phase larvaire et juvénile. 

Les adultes vivent parfois dans des forêts ou prairies, éloignés des zones humides et des plans d’eau. Certaines espèces n’y reviennent que pour se reproduire, au bout de quelques années.

Les jeunes, eux, sont dépendants des milieux aquatiques. Les larves, ou « têtards » chez les grenouilles et crapauds, subissent une formidable métamorphose avant d’avoir leur forme définitive.

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Les espèces présentes en Isère 

Chez les amphibiens, on distingue le groupe des urodèles (reconnaissables à leur queue à l’âge adulte), comme les tritons et les salamandres, du groupe des anoures, composés des grenouilles et des crapauds (sans queue à l’âge adulte). 

Sur la quarantaine d’espèces recensées en France, 19 sont présentes en Isère. Parmi les plus répandues : le crapaud commun, la salamandre tachetée, la grenouille rousse, la grenouille agile, sans oublier les tritons palmés et alpestres.

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