Le biogaz : une énergie en plein essor

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R.Juillet

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Depuis 2017, le Département de l’Isère est signataire d’une charte avec l’État et la Chambre d’agriculture visant à développer la méthanisation agricole, c’est-à-dire la création de biogaz à partir de matières organiques animales et végétales. Une énergie verte qui s’invite déjà dans nos tuyaux.

À Auberives-sur-Varèze, l’unité de méthanisation de Julien, Brice, Guillaume et Jean-Baptiste engloutit 30 tonnes de matières organiques animales et végétales par jour pour produire du biogaz.

 

Dans quelques semaines, une partie du gaz utilisé par les habitants de Vienne pour leurs besoins domestiques ou industriels ne viendra ni de Norvège, ni de Russie, les principaux fournisseurs de l’Hexagone.

Ce gaz, en réalité du biométhane, sera produit à quelques kilomètres de chez eux par trois agriculteurs, Julien Dutour, Guillaume Genin et Jean-Baptiste Pellat, épaulé par un entrepreneur en terrassement, Brice Carcel. C’est à Auberives-sur-Varèze, à proximité de leurs exploitations, qu’ils ont installé, avec l’appui de la commune, leur unité de méthanisation, un investissement de 6 millions d’euros qu’ils comptent rentabiliser d’ici 15 ans.

“L’idée pour nous tous était de diversifier nos revenus afin de sécuriser nos exploitations, avance Guillaume. Les prix du marché et les aléas climatiques sont des variables en agriculture. La production de biogaz est, elle, une constante – nous avons un contrat qui nous lie pour 15 ans avec SAVE Énergies.

Cette démarche nous permet aussi de valoriser nos effluents d’élevage, fumiers, lisiers, nos cultures intermédiaires*, les sous-produits de nos exploitations et ceux des fermes alentours. Enfin, la matière organique non dégradée après la méthanisation, le digestat, constitue un excellent engrais naturel pour fertiliser nos parcelles. Cela nous permet de réduire notre dépendance aux engrais minéraux.”

 

 

Déjà 15 méthaniseurs aidés par le Département

Source de revenus, mais aussi réponse aux enjeux de la transition agroécologique, les projets de production de biogaz ont fleuri en Isère depuis 2017 avec le soutien de l’État, des collectivités locales, de la Chambre d’agriculture et de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. On compte actuellement cinq unités de méthanisation en activité et dix en cours de construction ou à l’étude.

“Lors du Grenelle de l’environnement, l’État s’est engagé à promouvoir la construction de 1 500 méthaniseurs sur tout le territoire national. En Isère, nous avons répondu à cet objectif en aidant les porteurs de projet jusqu’à 200 000 euros, souligne Robert Duranton, vice-président du Département chargé de l’agriculture. Et dans certains territoires, comme en Bièvre, les capacités de production sont telles que GRDF** doit déjà redimensionner son réseau pour acheminer le biogaz vers les zones urbaines.”

Le biogaz est généré par la fermentation de matières organiques végétales et animales en milieu anaérobie. Épuré du CO2, du sulfure d’hydrogène et de l’eau qu’il contient, il devient du biométhane qui est ensuite injecté dans les réseaux de GRDF ou sert de biocarburant. Dans les unités de cogénération, il est valorisé en électricité et en chaleur.

* La règlementation oblige les agriculteurs à couvrir les sols entre deux cultures.
** Gaz réseau distribution France.

 

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Encart

 

Quatre idées reçues sur la méthanisation

  • Elle génère de la pollution

Au contraire, la méthanisation réduit les émissions de gaz à effet de serre. Elle se substitue à une énergie fossile, valorise la matière organique issue des élevages et des résidus agricoles et réduit la consommation d’engrais de synthèse.

  • Elle provoque des nuisances olfactives

Les déchets sont placés dans un digesteur étanche, sans contact du gaz avec l’extérieur et donc sans émanation d’odeur. Quant au digestat, il est presque inodore.

  • Le méthane est explosif

Le méthane est traité en continu pour être injecté dans le réseau ou consommé dans un moteur ce qui limite le volume stocké sous pression atmosphérique : le risque d’explosion est nul.

  • Elle concurrence les cultures alimentaires

Les proportions d’intrants dans les méthaniseurs sont réglementées en France. Il est interdit d’introduire plus de 15 % de cultures principales (cultures énergétiques remplaçant une culture alimentaire), en moyenne annuelle, dans un méthaniseur.

 

 

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