L’appel de la forêt

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Prassinos

Succession Prassinos-Adagp - Yves Gallois

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Chapô

Après avoir consacré les précédentes années thématiques à l’Italie, à l’Afrique, au Japon ou encore au duc de Lesdiguières, le Département de l’Isère lance une nouvelle programmation culturelle et artistique autour de la forêt : source de vie, de création, d’inspiration, elle sera au cœur des…

"Arbres" de Mario Prassinos (©-CNAP photo Y.Gallois)

 

Depuis la nuit des temps, la forêt procure aux humains abris, ressources ou bois de chauffe. Surexploitée au Moyen Âge, elle est aussi un territoire fécond pour l’imaginaire.

Refuge pour l’ermite reclus ou pour les amoureux en fuite (tels Tristan et Iseult dans la forêt du Morois), elle apparaît tantôt dans les récits comme menaçante et maléfique, peuplée d’un bestiaire fantastique, tantôt comme un lieu d’initiation enchanté (Perceval le Gallois). Au XIXe siècle, des auteurs et des artistes comme Walter Scott ou Gustave Doré puisent largement dans les légendes arthuriennes ou la chanson de geste pour nourrir le mythe romantique.

Pour une exposition-événement, le musée de Saint-Antoine-l’Abbaye a réuni des tapisseries, des estampes, des objets d’art, des huiles sur toiles, des manuscrits enluminés, qui témoignent de ce pouvoir de fascination exercé par la forêt dans nos sociétés occidentales et de l’extraordinaire inventivité qu’elle suscite toujours à notre époque. Source d’inspiration inépuisable, elle nourrit de nombreux artistes contemporains.

Au musée Hébert, on pourra ainsi redécouvrir le travail de Mario Prassinos (1916-1985), un artiste peintre majeur d’origine grecque enraciné en Provence. Ses arbres enchevêtrés et suppliciés par le mistral prennent des formes humaines – jusqu’à incarner la figure de la Passion – tandis que dans ses encres sur papier, les collines des Alpilles se muent en une forêt de signes abstraits.

 

« Licorne » ©Bibliothèque Sainte-Geneviève - N.Boutros

 

Dans l’œuvre d’Arcabas (1926-2018), un artiste connu pour ses fresques religieuses très colorées, la forêt majestueuse de Chartreuse et sa multitude d’espèces végétales et animales occupent aussi une place importante.

Les peintures et dessins présentés dans la sacristie de la chapelle Saint-Hugues révèleront cette autre facette de ce chartrousin d’adoption, au sein du musée qui porte désormais son nom. La forêt est aussi intimement liée à notre histoire industrielle. Dans le parc de la Maison Bergès, à Lancey, une série de photographies d’époque sur plaques de verre dévoile l’aventure hors norme de ces bûcherons du Vercors qui, à la fin du XIXe siècle, acheminaient les énormes grumes jusqu’aux papeteries de Lancey, dans le massif de Belledonne, à travers des paysages forestiers grandioses.

On y suit toutes les étapes de la transformation du bois en pâte à papier. Les trois installations d’art contemporain présentées dans le parc du Domaine départemental de Vizille/musée de la Révolution française inviteront quant à elles à renouveler notre regard sur ces présences solennelles.

On pourra s’immerger dans une forêt de 800 rondins de bois gravés aux noms des essences des arbres, pénétrer dans Cénotaphe F (4,50 mètres de diamètre), en hommage au maître-charpentier méconnu du XVIIIe siècle Nicolas Fourneau, ou méditer dans la corolle somptueuse ceignant un chêne centenaire. Impossible de rester de bois !

Encart

Pratique

  • Quand ? Du 3 juillet à la fin 2022
  • Quoi ? Huit expositions, 3 installations artistiques (parc du Domaine de Vizille), 2 cartes blanches à des artistes invités (Simon Augade et Philippe Baudelocque) et des programmations spécifiques portées par divers partenaires.
  • Où ? Essentiellement dans les musées et parcs départementaux, mais aussi aux Archives départementales de l’Isère, dans les espaces naturels sensibles et dans des forêts de Chartreuse, du Vercors, de Bonnevaux…

Programme disponible dès juin 2021 sur appeldelaforet.isere.fr

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