Sauver un animal blessé ou malade

Arnaud Callec, Richard Juillet
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Tichodrome chacher de rapace

Tom Golliet

  • Nature
Chapô

Malgré une activité en forte croissance, le Tichodrome, le centre de sauvegarde de la faune sauvage en Isère, demeure la référence pour sauver un animal blessé, malade ou tout simplement un oiseau tombé du nid. N’hésitez pas à contacter ses permanents en cas de besoin pour obtenir les bons conseils…

“Blaireaux, hérissons, écureuils, chouettes hulottes, vautour fauve… Nous avons recueilli 2 045 animaux l’an passé. Un record inégalé à ce jour”, déplore Mireille Lattier, directrice du Tichodrome.

Installé depuis 2011 au Gua, près de Vif, ce centre d’accueil pour oiseaux et mammifères blessés, agréé par l’État, a atteint l’an passé la limite de ses capacités d’accueil, au grand regret de ses salariés et bénévoles. Les causes de cette forte activité sont multiples et parfois surprenantes.

“La canicule de l’été dernier a eu pour conséquence une hausse de 50 % de jeunes martinets accueillis au centre, poursuit-elle. Ils tombaient du nid depuis les toits surchauffés.” Mais plus généralement, le premier motif de blessure chez un oiseau est lié aux activités humaines, comme les collisions avec les véhicules, les lignes à haute tension, les câbles des remontées mécaniques ou les vitres des habitations. Des solutions existent pourtant.

 

Le Département de l’Isère, Énedis et les stations de sports d’hiver, avec l’appui technique de la Ligue de protection des oiseaux et de la Fédération des chasseurs, se sont engagés à installer partout où cela est possible des avertisseurs visuels pour que les oiseaux migrateurs, comme la cigogne, ou montagnards, comme le tétras-lyre, puissent éviter ces obstacles lors de leurs déplacements. Chacun peut aussi contribuer à limiter le choc d’un oiseau sur une vitre en installant une décoration autocollante.

Autre constat relevé par les permanents du Tichodrome, l’engagement de plus en plus marqué des citoyens en faveur de la cause animale. Cette démarche se traduit par des apports plus fréquents qu’autrefois de jeunes animaux orphelins et une forte augmentation des appels téléphoniques. Le Tichodrome en a reçu plus de 5 000 l’an passé et a vu son compte Facebook exploser avec plus de 7 100 abonnés !

Enfin, la prédation par nos animaux domestiques n’est pas en reste ! Nos chats, dont la population a doublé en vingt ans, avec 13 millions d’individus aujourd’hui, seraient responsables des blessures ou de la mort de dizaines de millions de mammifères et d’oiseaux, notamment en milieu rural. Pour sauver un écureuil ou quelques passereaux, l’idéal serait de leur mettre un collier à grelots ou coloré et d’éviter qu’ils sortent la nuit.

 

Accueil, soins et formation…

La majeure partie de la faune en France est protégée par la loi. Il est interdit de détenir et de transporter un animal blessé, mais un simple appel au Tichodrome vous apportera la solution. En général, pour les petits animaux, il suffit de le mettre dans un carton au calme et de l’amener au centre.

En cas d’indisponibilité, des bénévoles viendront le chercher. Pour les rapaces, il en est autrement. “Il faut impérativement se protéger avec des gants pour immobiliser les serres, explique Ludivine Leite, chargée de médiation faune sauvage. Même démarche lorsqu’un animal est retrouvé mort ou malade, car il peut être source d’infection.”

En plus de l’accueil et des soins aux animaux, le Tichodrome forme les sapeurs-pompiers, les agents des collectivités locales et des parcs nationaux aux bons gestes à adopter. Ses quatre salariés coordonnent l’activité d’une centaine de bénévoles qui viennent pour soigner et pour aider à l’accueil et aux tâches administratives.

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Tchodrome - Soigneur et jeune hérission
Dossier

 

“Nous avons le plaisir d’aider, mais aussi d’apprendre et de devenir de plus en plus autonomes”, témoigne Jean-François Tastet, soigneur bénévole.

“Cette chaîne de solidarité est possible grâce à nos partenaires, comme le Département, les communes, les intercommunalités, au mécénat d’entreprises et aux dons”, se réjouit le président, Jean-Charles Poncet. Un véritable service public pour la nature.

 

© G.Navizet

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Contacts : 04 57 13 69 47 - 06 25 20 27 69

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