Gens d'Isère

Gens d'Isère
  • Photo : R. Juillet

ERIC ESNAULT

CAVISTE PAR GOÛT

Par Richard Juillet


Décidément, la rue de Strasbourg, à Grenoble, est un vivier de champions. Sur quelques hectomètres, on y trouve un champion du monde des fromagers, un boulanger-pâtissier dont l’établissement a été sacré « meilleure boulangerie de l’Isère » et, depuis quelques jours, l’un des meilleurs cavistes de l’Hexagone !

Ancien prof d’anglais, tombé dans un tonneau après avoir lu Le Goût et le pouvoir, de Jonathan Nossiter, Eric Esnault a ouvert son établissement, les Vins des Alpes, en décembre 2013.

Et comme l’enseigne l’indique, il est spécialisé dans les vins de l’Arc alpin (Slovénie, Autriche, Suisse, France et Italie). Il dispose aussi de 300 références de la France entière.

« On le sait peu, mais le massif alpin est remarquable pour l’incroyable variété de ses cépages. On en recense au moins 130 ! J’ai voulu unifier ces centaines de terroirs très différents en leur donnant un coup de projecteur ». Des nectars qu’il choisit uniquement sur dégustation, privilégiant une agriculture respectueuse de la vigne et du sol ainsi qu’une vinification traditionnelle.

Diplômé de l’école Wine & Spirit Education Trust de Londres, Eric Esnault ne se contente pas de conseiller ou d’organiser des dégustations pour néophytes et amateurs de bonnes bouteilles. Depuis cinq ans, il participe activement au festival œnologique et musical Millésimes de Grenoble qui se déroulera du 1er au 16 octobre, dans l’agglomération grenobloise.

« Millésime est un festival populaire, unique au monde. Vous ne trouverez nulle part ailleurs des ateliers de dégustation ou de découvertes sensorielles de ce niveau. Généralement, ils sont réservés aux pros ». Les ateliers qu’il animera porteront sur les vins des Alpes et du Languedoc et seront bilingues (français et anglais).

Plus d'informations sur www.levindesalpes.fr et www.lemillesime.fr

  • ©M. Motz

ANNA GARDE

ARTISTE ET SPORTIVE

Par Annick Berlioz


« J’ai besoin du sport pour la musique et de la musique pour m’entraîner. Les deux sont complémentaires ! » Anna Garde, 17 ans, a deux passions qu’elle exerce depuis l’âge de trois ans : la gymnastique et le violoncelle.

Cette jeune habitante de Revel, petite commune située sur le balcon de Belledonne, a été sacrée double championne de France aux championnats de gymnastique artistique 2016 qui se sont déroulés à Montbéliard. Lors de cette compétition, elle a aussi décroché trois médailles, deux d’or et une d’argent aux barres asymétriques.

Fait rare pour une sportive de haut niveau, elle poursuit en parallèle des études de musique à la Guildhall School of Music, l’une des trois meilleures écoles de Londres.

Si elle excelle dans ces deux disciplines, c’est grâce à sa capacité de concentration. « En sport et en musique, les exigences sont très élevées. Mais avec de la volonté, on obtient un plaisir incroyable. »

Durant toute son enfance, elle a pu bénéficier des encouragements de parents passionnés, tous deux professeurs de musique, qui lui ont transmis leur fibre artistique et le goût du travail bien fait.

Son rêve, devenir soliste ou concertiste et jouer avec des chefs et musiciens de renom. Elle n’abandonnera pas la gymnastique pour autant. 

  • Photo : J.-S. Faure

THOMAS PERRON

IL JOUE LA CORDE SENSIBLE

Par Annick Berlioz


« Seulement 2,5 % des élèves des écoles de musique et des conservatoires vont jusqu’au terme de leur cursus. La pédagogie basée sur le classique est très élitiste et en totale inadéquation avec leur demande. » Fort de ce constat, Thomas Perron, 40 ans, professeur de piano au conservatoire de Sassenage a composé deux recueils de musique avec 20 pièces musicales inspirées de musiques de film pour faciliter l’apprentissage du piano.

« Peu de jeunes mettent les pieds dans les concerts classiques. Or, quand on voit le succès de certaines musiques de films, comme « Intouchable » de Ludovico Einaudi ou encore « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain », on se rend compte que ce n’est pas par manque d’intérêt. D’où l’idée de ces compositions qui sollicitent notre émotion », explique cet habitant de Saint-Jean-le-Vieux.

Entré à 7 ans au Conservatoire de Grenoble, ce pianiste surdoué, titulaire d’une médaille d’or de piano à 12 ans et du premier prix de Région à 14 ans, aurait pu embrasser une carrière internationale.

Après avoir étudié au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et de Genève, il devient un pianiste reconnu dans la région.

A la vie de concertiste, il choisit la transmission. Thomas souhaite aussi diffuser ses recueils à grande échelle dans les conservatoires et les magasins de musique, et composer pour le cinéma.

Guettez les dates de ses concerts dans la région ou retrouvez ses albums et ses partitions sur son site Internet : www.thomasperron.fr

  • Photo : J.-S. Faure

SANDRINE MÉCHAUD

COIFFEUSE SOLIDAIRE

Par Sandrine Anselmetti


Cheveux naturels, colorés, blancs, méchés… Dans son salon Rubens, à Vienne, Sandrine Méchaud récupère précieusement les mèches de cheveux longs (20 cm minimum) des clientes qui le souhaitent, pour en faire don à l’association Solid’hair.

A 43 ans, elle est l’une des premières coiffeuses en Isère à avoir rejoint ce réseau nationale, en novembre dernier. Solid’hair, basée dans le Val d’Oise, récolte ces cheveux pour les vendre à des perruquiers. « L’argent ainsi collecté est reversé sous conditions de ressources à des femmes atteintes du cancer, pour les aider à s’offrir une perruque », explique Sandrine.

Car c’est un achat qui coûte cher : 500 euros en moyenne pour de la fibre synthétique et plus de 1 000 pour des cheveux naturels, dont 125 euros remboursés par la Sécurité sociale.

« Ma meilleure amie a eu un cancer du sein. Elle ne touchait plus que 60 % de son salaire, se souvient Sandrine. Elle a dû faire face à la maladie, mais aussi à sa charge financière : achat d’une perruque, de soutiens-gorge adaptés, etc... Ce sont des choses très importantes pour le moral et la confiance en soi, car c’est extrêmement dur de s’accepter après l’opération et la perte des cheveux. »

Dans son salon, Sandrine récupère aussi les cheveux coupés chez un autre coiffeur ou à la maison. Déjà 25 femmes ont accepté de faire un don : « C’est simple, on ne demande pas d’argent et les clientes sont ravies de faire une belle action. J’invite tous les coiffeurs à le faire ! » Ils sont déjà plus de 650 en France, dont 13 en Isère.

Plus d'informations sur www.association-solidhair.fr

  • Photo : DR

ARMAND THOINET

LE SPORT
CONTRE LA SCLÉROSE EN PLAQUE

Par Sandrine Anselmetti


« Là où il y a une volonté, il y a un chemin.» Armand Thoinet, 23 ans, en a fait sa devise. Atteint de sclérose en plaques (SEP), cet habitant de Saint-Romain-de-Jalionas en Nord-Isère se bat contre la maladie en réalisant des défis sportifs.

« Je veux parler de la SEP, soutenir la recherche, combattre les préjugés en prouvant que l’on peut aller de l’avant malgré le handicap et redonner de l’espoir aux malades », explique-t-il.

Son premier défi, réalisé en août 2015 : faire le tour de Corse en kayak. Malgré les symptômes (fatigue, pertes d'équilibre, vue altérée, difficultés de marche, d'élocution…), Armand se surpasse. Une façon d’aller à la rencontre de lui-même et des autres… et de reprendre goût à la vie.

En 2012, Armand n’a que 19 ans lorsqu’il est diagnostiqué : « Je faisais beaucoup de sport, j’ai dû tout arrêter. Il a fallu faire face à la perte de mes forces, de mes moyens, de certains amis… J’ai traversé trois années noires avant d’accepter et de réagir ».

Armand décide de renouer avec le sport pour reprendre confiance en lui et concrétiser ses rêves : kayak, plongée sous glace, chiens de traîneau, parapente en tandem…

En juin dernier, il a réalisé un deuxième défi en kayak : descendre le Haut-Rhône sur 160 km. Un parcours de cinq jours, durant lequel il a expliqué la maladie et récolté 5 200 euros pour la recherche, tout en suscitant espoir et admiration.

Plus d'informations sur www.facebook.com/SouquerEnPagaie

Publié le : 
09 septembre 2016