PASSEURS

DE LUMIÈRE

Patrimoine

63 ans après l’église de Saint-Hugues de Chartreuse, Arcabas investit la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble avec le maître-verrier grenoblois Christophe Berthier. Monumental ! 

Par Véronique Granger
  • Arcabas et Christophe Berthier dans l’atelier du maître-verrier.
  • Arcabas et Christophe Berthier dans l’atelier du maître-verrier.
  • Arcabas et Christophe Berthier dans l’atelier du maître-verrier.

 

C’est l’un des plus grands chantiers de vitraux de France : 24 panneaux monumentaux (6,50 m de haut sur 2,50 m de large, soit 316 m2 de surface), signés par le peintre Arcabas avec le maître-verrier grenoblois Christophe Berthier, vont apporter leur touche finale à la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble face à la gare.

Construit de 1922 à 1943 dans le pur style Art déco, achevé seulement en 2016, l’édifice de béton impressionne tant par ses dimensions (60 m de long, 35 de large et 25 de hauteur) que par son extrême dépouillement.
 
Placées en couronne autour de la nef, 24 baies vitrées l’inondaient d’une lumière crue. En 2015, le Diocèse de Grenoble a décidé de confier à Arcabas, internationalement connu pour son sens du sacré et de la couleur, le soin de les sublimer. 
 

 

> UN TRAVAIL D'ORFÈVRE
 

A 90 ans, l’artiste lorrain, chartroussin d’adoption, a accepté de relever ce nouveau défi… à la mesure de sa foi : « Je ne sais pas si je verrai le bout… mais il faut toujours faire comme si on vivait éternellement », sourit-il. 

Pour transcrire en vitraux les 24 esquisses abstraites, évoquant la création dans un flamboiement de couleurs, il s’est assuré la complicité du maître-verrier Christophe Berthier, avec qui il avait déjà cosigné une partie des vitraux de l’église de Notre-Dame des Neiges à l’Alpe d’Huez dans les années 2000. 
 
Au sein de cet atelier cent-cinquantenaire, voisin de la basilique, une équipe de cinq personnes s’attèle à la réalisation de l’immense puzzle. Un travail d’orfèvre et d’architecte : placés au-dessus de grands miroirs sur des tables mobiles laissant passer la lumière, les morceaux de verre opalescent sont peints à la grisaille (une texture pigmentée qui va se fondre dans la masse, et modeler la lumière en dessin). Ils seront ensuite cuits à 640° C, découpés, et assemblés pièce par pièce.  
 
 
Christophe Berthier a déjà à son actif la restauration des 500 m2 de vitraux de la basilique de Fourvière à Lyon, de 1996 à 2000. Mais c’est pour lui un nouveau challenge : « Avec Arcabas, il s’agit d’une véritable création : nous apportons notre lumière à l’édifice ! » 
 
Depuis janvier 2016, les 12 premiers vitraux ont été conçus et posés. Les 12 suivants seront fabriqués à mesure des dons reçus, le chantier étant financé par du mécénat (compter 48 000 euros par vitrail entre la création et la location des échafaudages de 22 mètres de haut). 
 
On peut aussi acquérir une épreuve numérotée des peintures d’Arcabas. Une œuvre d’art autant qu’un morceau de notre patrimoine !  
 
Contact, visites guidées : 04 38 03 84 39

 

Sacré coeur

 

> OÙ VOIR LES VITRAUX D'ARCABAS EN ISÈRE ?

 

C’est en 1953, dans la petite église de Saint-Hugues-de-Chartreuse dont il a fait un joyau de l’art sacré, que le jeune peintre Jean-Marie Pirot (alias Arcabas) a réalisé ses premiers grands vitraux. 

L’église, qui est aujourd’hui un musée départemental, propose actuellement un cheminement en images à travers les réalisations majeures de l’artiste en Isère. 
 
On peut découvrir ses vitraux notamment à l’église Notre-Dame-des-Neiges de l’Alpe d’Huez, à la Salette, au Sappey, à l’église Saint-Pierre à Moirans, à Saint-Ismier ou encore à Chambéry.

 

 
 
 
 
 

ARCABAS EN IMAGES

 

Vitraux d'Arcabas dans l'église de Saint-Hugues en Chartreuse
... dans la basilique du Sacré-Coeur à Grenoble
mais également à Chambéry...
et à Saint-Ismier
L'églse Notre Dame des Neiges à l'Alpe d'Huez.

 ZOOM  

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> CHRISTOPHE BERTHIER : MAÎTRE-VERRIER

Installé en 1981 à Grenoble comme maître-verrier, Christophe Berthier a repris en 1988 les ateliers Bessac situés en face de la gare.

Créé en 1860, présent dans 3 000 édifices en France et autant dans le monde (dont 90 % d’églises), cet atelier est l’un des trois plus anciens de France encore en activité. 

Installé au rez-de-chaussée d’un immeuble art-déco édifié par Bessac en 1895, avec neuf mètres de hauteur de plafond, il intervient aussi bien en restauration que dans la création de vitraux contemporains. 
Publié le : 
03 mars 2017