Buen camino !

Sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

Découvertes

A pied, à vélo et parfois à cheval, plus de 250 000 pèlerins arrivent chaque année à Saint-Jacques-de-Compostelle. Un périple qui peut démarrer en Isère, à deux pas de chez soi. 

Par Annick Berlioz

  • En Isère, le chemin de Saint-Jacques de Compostelle passe par la Bièvre, à travers champs. Soit 120 km au total.
  • Jean Monneret, président de l’association Rhône-Alpes des amis de Saint-Jacques-de-Compostelle et Marcel Cuzin, délégué de l’Isère. Crédit photo / DR

Partez en toute sérénité

 

Créée en 1993, l’Association Rhône-Alpes des amis de Saint-Jacques de Compostelle rassemble 1 970 adhérents, dont 300 en Isère qui aident les pèlerins à organiser leur itinéraire.

“Nous entretenons et balisons les sentiers qui sillonnent l’Isère. Nous travaillons avec les communes, les diocèses et les particuliers pour favoriser l’hébergement selon une libre participation au gîte et au couvert”, rappellent Jean Monneret, le président et Marcel Cuzin, délégué de l’Isère.

L’association édite aussi des cartes et des guides sur le camino. Enfin, elle délivre la Crédentiale, qui accrédite celui qui marche au titre de pèlerin... et lui permet d’obtenir la Compostella une fois à Santiago.


Contacts : 06 70 97 52 67 - Ara.isere@gmail.com
Permanences à Grenoble, Voiron, La Tour-du-Pin et Vienne.
 

Repères

Préparer son départ

  • L’accueil jacquaire : En Isère, 70 familles reçoivent les pèlerins pour une soirée étape (dîner, nuitée, petit-déjeuner), sur présentation de leur Crédentiale. Aucune rémunération n’est exigée.
    Contact : aji.ara@laposte.net
  • Des topos-guide : La Fédération de randonnée pédestre édite quatre topos guides pratiques sur le GR 65 dont un sur le tronçon Genève-Le Puy-en-Velay avec cartes, descriptifs, hébergements, curiosités... Disponibles dans les librairies, magasins de sport et sur le site www.ffrandonnee.fr
  • Des randonnées organisées : L’agence Pédibus organise des circuits de six jours sur la partie iséroise avec réservation d’hébergements et transport de bagages.
    Contacts: 04 79 65 88 27 - www.pedibus.org

Chaque année, des centaines de personnes traversent l’Isère pour rejoindre les Pyrénées et s’engager sur le Camino francès en Espagne, en direction de Saint-Jacques de Compostelle.

Leur nombre augmente de 10 % par an. Pour moitié, il s’agit de personnes en quête spirituelle. Les autres randonneurs souhaitent rompre avec le rythme de la vie quotidienne ou encore se dépasser physiquement.

Un passage obligé pour les pèlerins du Nord

Ce pèlerinage, vieux de 1 200 ans, honore la mémoire de saint Jacques, frère de Jean, considéré comme l’évangélisateur de l’Espagne au 1er siècle après Jésus-Christ. A partir du règne de Charlemagne, il est connu comme le « matamore » ou « tueur de Maures », assistant  les armées chrétiennes contre les Sarrasins.

Plusieurs chemins mènent à Compostelle. Celui qui sillonne l’Isère, appelé voie de Genève, est le passage obligé des pèlerins d’Europe du nord. Il représente 120 kilomètres de sentiers balisés, dont 115 homologués GR65.

Un point de vue unique sur notre patrimoine

Le périple commence à Saint-Genix-sur-Guiers, ville frontière entre l’Isère et la Savoie, puis s’enfonce dans la plaine dauphinoise par le Voironnais et le pays de Bièvre-Valloire. Le paysage alterne entre vallées céréalières et forêts de châtaigniers. La route est jalonnée des trésors du patrimoine comme la halle de La Côte-Saint-André, le village médiéval de Revel-Tourdan ou encore l’église du XIe siècle de Saint-Romain-de-Surieu.

A partir de Gillonay, le chemin se divise en deux, d’un côté vers Arles et de l’autre vers le Puy-en-Velay, l’un des départs majeurs du Camino. Mais ce n’est qu’une première étape. 750 kilomètres restent à parcourir pour arriver à Santiago.

Karine, 48 ans : « Un temps rien que pour moi »

« A l’approche de la cinquantaine, je voulais prendre un temps pour respirer, ayant pris conscience d’avoir été emportée par le rythme de travail et la vie familiale. L’appel du chemin est venu en lisant le livre de Christophe Rufin, Immortelle randonnée.

Partir seule depuis chez moi, de Lumbin et démarrer par l’Isère me paraissait une évidence, pour rester fidèle à la tradition. J’ai décidé de faire le chemin en plusieurs étapes.

J’ai déjà parcouru 400 kilomètres. Mon objectif est d’arriver à Santiago sans me mettre la pression. C’est une aventure extraordinaire, qui permet de belles rencontres… y compris avec soi-même.»

Saint-Jacques-de-Compostelle - Crédit photo / Fotolia
Plusieurs chemins mènent à Compostelle. Celui qui sillonne l’Isère, appelé voie de Genève, est le passage obligé des pèlerins d’Europe du nord.
Tout au long de l’itinéraire, le chemin est balisé par la coquille de Saint-Jacques, jaune sur fond bleu - Crédit photo / G. Roi
Publié le : 
04 avril 2016