L'ISÈRE,

TERRE MARIALE ?

Notre histoire

La Vierge Marie serait apparue deux fois en Isère. En 1657 au hameau des Plantées, à Vinay – aujourd’hui, Notre-Dame-de-l’Osier –, et à La Salette-Fallavaux, dans le Beaumont, en 1846. Retour sur ces deux événements « extraordinaires » qui attirent depuis des milliers de pèlerins. 

Par Richard Juillet

 

Notre département serait-il béni des Dieux ? On pourrait le croire, car rares sont les régions françaises à compter deux apparitions mariales en l’espace de quelques siècles !

Des manifestations divines qui attirent aussi chaque année, autour du 15 août, des milliers de pèlerins en Isère.  Si l’immense majorité des visiteurs se rend à Notre-Dame-de-la-Salette, d’autres prennent le chemin de Notre-Dame-de-l’Osier, où la Vierge serait apparue en 1657. 

 
 

> LE MIRACLE DE L'OSIER
 

L’origine de cette apparition remonte au temps de la Réforme. Ce dimanche 25 mars 1649, fête de l’Annonciation et jour chômé, Pierre Port-Combet, fervent protestant résidant au hameau des Plantées, à Vinay, décide de travailler quand même par défi envers l’Église catholique.

Occupé à tailler un osier, il est tout à coup recouvert de sang et constate que le liquide provient de l’arbuste. Il convie alors son épouse, Jeanne, à couper une branche, mais rien ne se produit.

Il se remet à l’ouvrage et observe qu’à chaque coup de serpe, le sang jaillit à nouveau. Troublé, il parlera de ce curieux phénomène à ses voisins, Louis Caillat et Jean Francillon, mais se gardera bien d’ébruiter l’affaire. La nouvelle se répand pourtant et l’osier sanglant devient vite un lieu de dévotion. 

Huit ans plus tard, alors qu’il est en plein labour, une belle dame apparaît et lui demande si le huguenot qui a jadis coupé l’osier s’est converti. Pierre esquive la question. La dame lui signifie alors que sa fin est proche et que des châtiments épouvantables l’attendent dans l’autre vie, sauf s’il abjure sa foi.
 
Puis elle s’élève et disparaît. Incrédule, il ne tient pas compte de la menace, mais cinq mois plus tard, pris de fièvres, il agonise. Repentant, il se convertit au catholicisme le 15 août 1657 et meurt le 22 août, demandant auparavant à être enterré près de l’osier.
 
Depuis, une basilique a été érigée à cet endroit et trois pèlerinages se déroulent chaque année : le 15 août, le 8 septembre et le 8 décembre.

 

> UN MESSAGE EN FRANÇAIS ET EN PATOIS
 

À La Salette, c’est une Vierge en pleurs que les jeunes Maximin et Mélanie découvriront ce samedi 19 septembre 1846.

Natifs de Corps, les deux enfants, qui se connaissent à peine, sont envoyés garder des vaches sur le versant méridional du mont Planeau.

Après déjeuner, ils s’endorment et, à leur réveil, aperçoivent une lumière éblouissante. “Nous avons vu une dame… raconta Maximim, lors de l’enquête conduite par monseigneur de Bruillard, évêque de Grenoble. Elle était assise, la tête dans ses mains. Nous avons eu peur.”

Juste sentiment, car le message, même énoncé entre deux sanglots, a de quoi étonner : “Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir”, déclara-t-elle.

Le message, délivré en français et en patois, détaille un certain nombre de travers que la Vierge reproche aux chrétiens : leur matérialisme, l’impiété, le blasphème Elle annonce aussi de futurs fléaux si leur dévotion n’est pas plus fervente. Puis, comme à Notre-Dame-de-l’Osier, elle disparaît, laissant les deux enfants avec cette troublante histoire à raconter.

Après trois ans d’enquête, l’Église catholique reconnaîtra l’apparition. Dès 1852, un sanctuaire est alors édifié afin d’accueillir les pèlerins toute l’année. Cet été, la semaine mariale se déroulera du 14 au 20 août. 

 

 INSOLITE 

LA VIERGE ET LES ENFANTS AUX ÉTATS-UNIS

Savez-vous qu'il existe une réplique de la statue de la Vierge et des enfants aux Etats-Unis, en bordure du Mascoma lake dans le New Hampshire, à deux heures de Boston ?

C'est à la suite de la loi séparant l'Eglise et l'Etat que des religieux de La Salette se sont expatriés. 

Ils ont trouvé un territoire accueillant dans le nord- est des USA, la Nouvelle Angleterre., où est implantée une importante la communauté catholique. 

Contribution de Jacques Savoye, journaliste honoraire.

 ZOOM 

NOTRE-DAME-DE-LA-SALETTE : DEUXIÈME PÈLERINAGE MARIAL DE FRANCE


Notre-Dame-de-la-Salette est le deuxième pèlerinage marial de France, après Lourdes. Plus de 200 000 visiteurs, croyants ou non-croyants, s’y rendent chaque année.
 
En France, d’autres apparitions de la Vierge ont été reconnues par l’Église catholique et font aussi l’objet d’importants pèlerinages : au Laus, dans les Hautes-Alpes (apparitions multiples de 1664 à 1718), à Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées (apparitions multiples du 11 février au 16 juillet 1858) et à Pontmain, en Mayenne (le 17 janvier 1871).
 

 

 REPÈRES 

NOTRE-DAME-DE-L'OSIER EN RESTAURATION


La basilique de Notre-Dame-de-l’Osier fait actuellement l’objet d’importants travaux de restauration. Bâtie à partir de 1858, elle fait face à la chapelle de Bon-Rencontre, lieu où, en 1657, la Vierge est apparue à Pierre Port-Combet.
 
Sous l’autel du Saint-Sacrement, deux reliques sont présentées : un morceau de l’osier sanglant et un mancheron de la charrue de Pierre Port-Combet.
 
Dans la sacristie, on peut apercevoir également le tombeau du laboureur converti.
 
D’avril à octobre, tous les dimanches dès 15 h 30, Alexandre, le sacristain, propose des visites gratuites du sanctuaire. 
 
 

 LES SITES MARIAUX ISÉROIS EN PHOTOS 

Le Sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Salette, près de Corps ©F.Pattou.
Vue ancienne de Notre-Dame-de-la-Salette avec une procession de pèlerins ©Musée dauphinois.
Maximin Giraud et Mélanie Calvat (daguerréotype de 1848) ©Musée dauphinois.
Notre-Dame-de-la-Salette : la statue de la Vierge et des enfants. Cliché pris au XIXe siècle ©Musée dauphinois.
Notre-Dame-de-l’Osier : vue générale ©Musée dauphinois.
Notre-Dame-de-l’Osier : vue ancienne de la basilique ©Musée dauphinois.
Notre-Dame-de-l’Osier : vue ancienne de la chapelle de Bon-Rencontre, où la Vierge est apparue à Pierre Port-Combet en mars 1657 ©Musée dauphinois.
Notre-Dame-de-l’Osier : vue actuelle de la chapelle de Bon-Rencontre ©R.Juillet.
Notre-Dame-de-l’Osier : l’extérieur de la basilique ©R.Juillet.
Notre-Dame-de-l’Osier : l’intérieur de la basilique ©R.Juillet.
Notre-Dame-de-l’Osier : le tympan de la basilique ©DR.
Notre-Dame-de-l’Osier : détail d’un des vitraux de la basilique ©R.Juillet.
Notre-Dame-de-l’Osier : les reliques (un morceau de l’osier sanglant et un mancheron de la charrue de Pierre Port-Combet) ©R.Juillet.
Notre-Dame-de-l’Osier : bannière de procession représentant le miracle de l’Osier sanglant ©R.Juillet.
Notre-Dame-de-l’Osier : sous la sacristie, le tombeau de Pierre Port-Combet, édifié à l’emplacement de l’Osier sanglant.
Publié le : 
06 juin 2017