GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

BENJAMIN DUFFORT

 

> RECONVERSION DANS L'APICULTURE

Par Corine Lacrampe


Cet habitant de Meylan aime le miel et les abeilles. Originaire de Cognac, Benjamin Duffort est arrivé en Isère, encore enfant, pour intégrer l’École des pupilles de l’air de Montbonnot-Saint-Martin où il a acquis une rigueur et une volonté qui le servent toujours.

Après une première vie dans les ressources humaines, il décide d’adopter un autre rythme, dans un autre rapport à la vie et à l’environnement. Benjamin Duffort se forme auprès du syndicat apicole dauphinois à Fontaine puis au CFPPA de La Côte-Saint-André. Il installe ses premières ruches au rucher partagé de Meylan.

DES MIELS ESTAMPILLÉS IS(H)ERE

Puis, en association avec Bruno Colladant, connu en formation, il développe son propre cheptel. Les deux associés s'installent à la Ferme communale de Montbonnot, partagée avec les maraîchers de Citrouille et compagnie, et extraient leur premier miel en 2017.

Leurs ruches sont installées dans la plaine du Grésivaudan, sur les balcons de Belledonne, en Nord-Isère et même sur les toits de Grenoble : “Nous récoltons un miel de ville subtil et délicieux pour être élaboré grâce à une grande variété florale.”

Quelques ruches dans la Drôme permettent d’enrichir leur gamme en miel de lavande. On trouve leurs miels et produits dérivés, estampillés de la marque Is(h)ere, en vente à la ferme, dans trois Amap locales et sur le marché de producteurs de Fontaine, place Louis-Maisonnat.

Les deux associés, en conversion bio, développent des animations pédagogiques dans les écoles et pour les entreprises partenaires où ils installent des ruches.

 

CLAUDE ANDRIEUX

 

> RÉALISATEUR DE CINÉMA

Par Véronique Granger


À 62 ans, Claude Andrieux (à gauche) est un documentariste isérois reconnu à l’international pour ses nombreux films documentaires sur la montagne. En janvier dernier, il a sorti son tout premier long-métrage, Les Éléphants perdus, avec René De Angelis, Marie Kauffmann et Johan Andrieux – un jeune comédien qui promet.

Tourné en trois semaines en Islande avec un tout petit budget, ce road-movie initiatique teinté de film noir met en scène trois personnages en quête d’eux-mêmes – et de la chanteuse Björk – dans les paysages rudes et sauvages de l’île. Labellisé « art et essai », le film a déjà été primé au Festival des films du monde de Montréal et au Fairhope Festival (États-Unis) : une belle reconnaissance !

UN FILM DEUX FOIS PRIMÉ À L'INTERNATIONAL

Né dans une famille de 12 enfants à Échirolles, abandonné par son père à l’âge de 3 ans, ce fils d’ouvrier ne rêvait même pas de faire du cinéma : “On m’a vite orienté vers une formation d’électricien. Heureusement, il y avait le ski et l’alpinisme pour s’évader…” En 1980, à 24 ans, il prend un congé sabbatique et fait un premier grand voyage en auto-stop en Islande, pendant cinq mois. Une révélation : “Mon histoire était déjà là en germe, je crois.”

Malgré toutes les difficultés de l’aventure, Claude Andrieux a déjà en tête deux nouveaux projets : l’adaptation d’Ailefroide, la BD de Jean-Marc Rochette, et une fiction : La Rivière d’argent, qui se déroulerait cette fois en Chartreuse – où il réside depuis des années. À suivre !

 

DIANNE GOMEZ ET LORELEI ANCEL

 

> ÉPICIÈRES AMBULANTES

Par Sandrine Anselmetti


Diane Gomez, 27 ans, a eu très tôt l’esprit entrepreneurial. Après des études en informatique, cette habitante de L’Isle-d’Abeau crée en 2011 sa première entreprise de développement de sites Internet.

En octobre dernier, elle décide de changer de cap : “J’avais envie de faire quelque chose de plus en accord avec mes valeurs. J’ai réfléchi à comment développer l’achat de produits locaux et en faire un travail à plein-temps”, explique Diane.

UN DRIVE MOBILE DE PRODUITS LOCAUX

Avec son amie et associée Lorelei Ancel (à droite sur la photo), elle crée ainsi la Tournée locale : un système de drive mobile de produits locaux.

“C’est une alternative au drive des grandes surfaces. On garde le côté pratique de la commande passée sur Internet, mais en proposant des produits frais, de saisons et fabriqués par des artisans ou producteurs locaux”, souligne-t-elle.

Fruits et légumes, viandes, fromages, yaourts, pâtes, farine, café de torréfacteur, huiles, savons, confitures… La gamme de produits est large, provenant de 23 producteurs et artisans de l’Isère ou du Rhône.

“Nous sélectionnons des producteurs et éleveurs en agriculture raisonnée ou biologique. L’objectif est de faciliter l’accès aux produits locaux pour favoriser l’économie du territoire, ainsi qu’une alimentation saine et écologique”, poursuit Diane.

Après avoir passé leur commande, les clients peuvent venir la récupérer dans l’un des cinq points relais où est stationnée la camionnette de la Tournée locale : selon les jours, à Bourgoin-Jallieu, L’Isle-d’Abeau, Saint-Quentin-Fallavier ou Montcarra.
 

Tournée locale

 

KEYLIA FAZ

 

> CHAMPIONNE EN HERBE

Par Sandrine Anselmetti


Depuis le début de la saison, Keylia Faz, 13 ans, fait la fierté du club de gymnastique rythmique de Bourgoin-Jallieu. D’abord sacrée championne départementale, interdépartementale puis régionale, Keylia a fini en beauté sur la deuxième marche du podium du championnat de France, dans la catégorie nationale A (la plus haute) des 12-13 ans.

Cette jeune habitante des Éparres est une étoile montante de la gymnastique rythmique. Une discipline sportive proche de la danse et de la gymnastique, qui se pratique en musique, seul ou à plusieurs, avec un engin : cerceau, ballon, massues, ruban ou corde.

VICE-CHAMPIONNE DE FRANCE

Keylia a commencé la gymnastique rythmique à l’âge de 5 ans : “J’ai découvert la discipline en regardant une vidéo sur Internet avec ma mère. Je lui ai dit : maman, c’est ça que je veux faire”, raconte l’adolescente.

Depuis, Keylia n’a jamais arrêté. Elle s’entraîne neuf heures par semaine et participe à une dizaine de compétitions par an, seule ou en équipe, dont des tournois internationaux.

Ses points forts : la souplesse, la grâce et un mental d’acier. “Elle fait des compétitions depuis l’âge de 7 ans. Elle est humble et réservée, mais c’est une compétitrice dans l’âme, avec beaucoup de force mentale et de concentration”, souligne sa maman. Keylia a des rêves plein la tête : décrocher la médaille d’or au championnat de France, prendre l’avion pour aller en Russie, le « royaume » de la gymnastique rythmique, et rencontrer son idole, la gymnaste Aleksandra Soldatova.

“Au collège, j’adore les langues vivantes et j’ai commencé à apprendre le russe sur Internet”, conclut Keylia.
 

Gymnastique Rythmique Bourgoin-Jallieu

 
  • Quentin Rocher, champion de France 2018 de joute givordine.
  • Le bassin nautique de Chasse-sur-Rhône.

QUENTIN ROCHER

 

> CHAMPION DE FRANCE DE JOUTE

Par Richard Juillet


Triple champion de France de joute givordine, catégorie seniors moyens, Quentin Rocher, 27 ans, se prépare actuellement pour une nouvelle saison qui pourrait lui apporter un quatrième titre national le 1er septembre prochain à Melun. 

Sociétaire du club des sauveteurs de Chasse-sur-Rhône – meilleur club hexagonal par équipe l’an passé –, il pratique ce sport traditionnel des bords du Rhône depuis l’âge de 11 ans. Une passion héritée de son papa, ancien jouteur, qui fut également champion de France en 1978 et 1980.

UNE PASSION HÉRITÉE DE SON PAPA...

Cette discipline, qui se pratique de juin à septembre, consiste à faire chuter un adversaire dans l’eau depuis un bateau au moyen d’une grande lance en sapin. Pour que l’assaut soit validé, le jouteur doit piquer le centre du plastron de son concurrent, en restant en appui uniquement sur ses deux pieds.

Du coup, pour abaisser leur centre de gravité, les jouteurs concourent quasiment tous aujourd’hui en position de grand écart, ce qui demande un entraînement intense tout au long de l’année, avec des séances d’assouplissement, de musculation et d’étirements.

Quentin, qui joue également au rugby dans sa commune, voue une passion sans borne à ces combats nautiques dont on trouve les premières traces dès l’Égypte antique. Seul regret : la relève.

“Autrefois, on joutait de génération en génération, explique-t-il, ce qui assurait un renouvellement des effectifs. Aujourd’hui, il est difficile de recruter des jeunes qui ne sont pas issus de ce milieu. Alors, on présente régulièrement notre sport dans les écoles pour susciter les vocations.”

Pour avoir un aperçu de la joute givordine, on peut aussi se rendre les mercredis en fin de journée au bassin nautique de Chasse-sur-Rhône, où se déroulent les entraînements.

L’équipement accueillera également les 15 et 16 juin prochains le challenge Franz/Criner, qualificatif pour le championnat de France 2019. Quentin y sera certainement présent.

 

Pour en savoir plus :

Joute Lyonnaise et Givordine 

Joute Chasse-sur-Rhône

 

Publié le : 
05 mai 2019