L'INDUSTRIE MÉDICALE

A LA SANTÉ EN ISÈRE

Economie

Forte de ses nombreux laboratoires et d’un solide savoir-faire industriel, l’Isère offre un terreau d’innovation très favorable pour la filière des technologies médicales.

Par Véronique Granger

  • L’usine de BD à Pont-de-Claix emploie aujourd’hui 1 650 salariés et produit chaque année 330 millions de seringues.
  • L’usine de BD à Pont-de-Claix emploie aujourd’hui 1 650 salariés et produit chaque année 330 millions de seringues.

 

Aux dernières Rencontres du progrès médical à Paris, en septembre dernier, il y avait encore beaucoup d’Isérois.

“Nous bénéficions ici d’un écosystème unique en France, reconnaît Noëlle Biron, directrice du marketing stratégique France chez BD ­– alias Becton-Dickinson – à Pont-de-Claix.

Le centre hospitalier universitaire de Grenoble est d’ailleurs pour nous un site de référence pour la mise en place de projets innovants.”

Si le géant américain est fidèle à la région depuis soixante ans, ce n’est pas seulement pour la vue sur les montagnes !

Créé en 1950 pour introduire ses seringues en verre à usage unique sur le marché européen, son site de Pont-de-Claix demeure un établissement industriel majeur qui produit 330 millions d’unités préremplies chaque année.

Le site abrite aussi le seul siège mondial d’une division BD Medical Pharmaceutical Systems situé en dehors des États-Unis.

Également à Pont-de-Claix, son compatriote Medtronic projette lui aussi d’accroître ses capacités de production d’aiguilles de sutures chirurgicales.

L’usine, rachetée en 2015 à Covidien, cumule soixante-dix ans d’expertise dans ce domaine ultra-pointu. À Brézins, dans la Bièvre, l’unité de pompes à perfusion créée en 1971 par Vial, rachetée en 1996 par l’allemand Fresenius, s’est musclée également : ses investissements en recherche et développement ont plus que doublé.

En Nord-Isère, à La Verpillière, l’ancienne usine de stylos à insuline de Rexam, reprise en 2014 par Nemera, a vu ses effectifs multipliés par deux.

Quant au suisse Roche, troisième groupe pharmaceutique mondial, s’il n’a pas d’implantation industrielle en Isère, il y a installé à Meylan le siège de sa filiale Roche Diagnostics France : un site de 11 000 mètres carrés qui rayonne sur 28 pays francophones avec 585 collaborateurs.

 
 

> DES START-UP TRÈS CONVOITÉES
 

Avec des leaders mondiaux, des laboratoires, un CHU de pointe et un réseau de sous-traitants hyperqualifiés, l’Isère dispose d’un faisceau de compétences très rare dans ce secteur en pleine croissance des technologies médicales.

Ajoutez une bonne quarantaine de start-up à fort potentiel – Avalun, Eveon, Diabeloop, Fluoptics, Surgivisio… – et un bon soutien des pouvoirs publics – dont le Département de l’Isère, qui développe une plateforme très innovante de maintien à domicile, Isere@dom. Sachant que cette filière est celle qui dépose le plus de brevets, le terreau isérois est idéal. Car l’innovation, c’est le nerf de la guerre.

“Les grands groupes se concentrent de plus en plus sur la diffusion de leurs technologies sur le marché, l’accès étant ultra-réglementé et propre à chaque pays européen”, explique Grégory Vernier, directeur du réseau Médicalps, qui regroupe les principales forces publiques et privées du secteur dans le sillon alpin.

“Ils puisent donc souvent les innovations dans les start-up, via de la croissance externe.” Dernièrement, le conglomérat américain Johnson & Johnson s’est ainsi offert Orthotaxy, pépite iséroise de la robotique chirurgicale assistée par ordinateur – une spécialité locale représentée par une vingtaine de sociétés.

Les investisseurs aussi sont au rendez-vous. “L’an dernier, six start-up de la région grenobloise ont levé 66 millions d’euros pour développer des innovations majeures : un record !”, se réjouit Grégory Vernier.

Parmi elles, Diabeloop, essaimée du Léti-CEA, a récolté 13,5 millions d’euros pour développer son pancréas artificiel destiné aux diabétiques lourds.

Clinatec, un centre de recherche doublé d’une salle d’opération unique en Europe, attire aussi régulièrement les projecteurs sur Grenoble.

En mai dernier, grâce à un implant cérébral, une personne tétraplégique a pu actionner mentalement un exosquelette – sorte d’armure motorisée décuplant la force musculaire.

Il faudra encore un peu de temps avant de faire remarcher les paralytiques avec ces prothèses corticales, mais Philippe Pozzo di Borgo, célèbre tétraplégique qui a inspiré le scénario du film Intouchables, fait partie de ceux qui y croient.

Les progrès de la santé passent par l’Isère !

 

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Publié le : 
11 novembre 2018