VENISE,

DE TOILES EN PLANCHES

Actualité

Après nous avoir introduits dans l’univers de Rembrandt, le fonds Glénat nous emmène à Venise sur les pas de Canaletto et de Casanova, en faisant dialoguer les toiles du XVIIIe siècle et des planches de BD contemporaines. Fascinant…   

Par Véronique Granger

 

Venise… Aucune autre ville dans le monde ne suscite autant de fascination depuis des siècles. Aucune autre ne peut se prévaloir non plus d’un courant pictural aussi emblématique que la veduta, cette peinture détaillée importée des Pays-Bas au XVIIIe siècle par Canaletto.

Véritable ode à la Sérénissime et à ses architectures fastueuses, l’œuvre de ces artistes védutistes à la maîtrise infaillible était collectionnée à l’époque par les jeunes aristocrates en visite pour le Grand Tour.    

Aujourd’hui menacée de submersion sous le flot incessant des touristes, cette Venise de carte postale apparaît plus fragile que jamais, tel un songe émergeant de la lagune.
 
Au siècle des Lumières, la cité des Doges subissait pourtant déjà un fort déclin économique et politique…Suivant les traces de Giacomo Casanova, le célèbre aventurier libertin, dans l’ombre des palais et des ruelles mystérieuses où il aimait à intriguer, on rencontre une autre vision de la ville : ce lieu de perdition et de dilapidation qu’il nous dépeint dans Histoire de ma vie. 
 
 

>  QUAND CASANOVA RENCONTRE TITEUF

 
Un tel décor ne pouvait qu’inspirer les auteurs de bandes dessinées. D’Hugo Pratt à Leone Frollo, en passant par Dino Battaglia, les grands du neuvième art ont fait le voyage à Venise. La première planche connue est signée par Richard Felton Outcault en 1908 dans Buster Brown, suivie trois ans plus tard par Les Pieds nickelés côté français…
 
Associé au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, le fonds Glénat pour le patrimoine et la création nous propose une exposition inédite, instaurant un dialogue entre ces maestri de la veduta – Canaletto et Guardi, mais aussi Bison, Belloto, Marieschi… – et huit artistes contemporains de la bande dessinée.
 
“À trois siècles d’écart, comme Canaletto ou Guardi, l’œil de nos dessinateurs de BD est toujours en quête d’une belle image (veduta) qui raconte une histoire, remarque Jacques Glénat. Le personnage de Casanova, qui hante éternellement les rues de Venise, rencontre bien évidemment Titeuf !”
 
 
 

ZOOM

 

>  VENISE SUR LES PLANCHES

 

François Avril, Griffo, Loustal, Miles Hyman, Zep, Kim Jung Gi, Tanino Liberatore et Mino Manara : chacun à sa manière, les huit dessinateurs de BD présents dans l’exposition expriment chacun leur vision de la ville, entre ombres et lumières. Soit une trentaine de toiles et une cinquantaine de planches qui nous plongeront dans son décor onirique à trois siècles d’écart… loin des foules.
 
Venise sur les pas de Casanova. De la peinture du XVIIIe siècle à la bande dessinée.
Du 22 mars au 16 juin 2018 au couvent Sainte-Cécile, à Grenoble.
Du lundi au samedi, de 11 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 19 h.
 
Entrée : 6 €, gratuit pour les moins de 13 ans.
 
Contact : 04 76 88 75 75
 
 

 

 EN IMAGES : VENISE SUR LES PLANCHES 

Francesco Guardi, Vue du Grand Canal et du pont du Rialto à Venise, vers 1775. Huile sur toile. Musée Fabre, Montpellier.
Maître de la fondation Langmatt, Place Saint-Marc, vers 1750. Huile sur toile. Musée d’Angoulême.
Francesco Albotto, Vue du môle devant la Zecca à Venise, vers 1745. Huile sur toile. Musée de Nantes-Métropole.
Giuseppe Bernardino Bison (ici attribué), La Piazzetta, vers le sud, 1790-1800. Pastel sur papier. Fonds Glénat pour le patrimoine et la création.
Canaletto, Un pont près de la lagune, au clair de lune, vers 1760. Plume et encre brune, lavis gris, traces de crayon. Paris, fondation Custodia. Collection Frits Lugt.
Francesco Guardi, Portique vénitien, vers 1778-1780. Gouache sur papier Musée Jacquemart-André – Institut de France.
Jacques de Loustal, Ruelle au matin, San Samuele. Encre sépia, Fonds Glénat pour le patrimoine et la création.
François Avril, Piazzetta San Marco. Encre de Chine avec estompe de mine de plomb. Fonds Glénat pour le patrimoine et la création.
Zep, Le Canal Grande et la basilique Santa Maria della Salute. Fonds Glénat pour le patrimoine et la création.
Griffo, Campo Santi Giovanni e Paolo, avec la Scuola Grande di San Marco. Encre. Fonds Glénat pour le patrimoine et la création.
Miles Hyman, Riva degli Schiavoni. Fusain, technique mixte sur papier Fabriano Artistico 640 grammes. Fonds Glénat pour le patrimoine et la création.
Milo Manara, Calle, Venezia. Aquarelle. Fonds Glénat pour le patrimoine et la création.
Publié le : 
03 mars 2018