NOCTAMBULES

À PLUMES

Grandeur nature

Huit des neuf espèces de rapaces nocturnes vivant en France sont présentes en Isère, en plaine comme en montagne. Découverte de ces fascinants oiseaux noctambules. 

Par Sandrine Anselmetti

Crédits photos : S. De Danieli / D.Simonin

 

Doux, perçant ou énigmatique, leur regard ne laisse pas indifférent. Leurs yeux dorés, noirs, orange, voire rouges, sont fixes, très grands (proportionnellement au reste du corps) et généralement entourés d’un disque facial en forme de cœur… Captivants ! 

Réunis sous la désignation de « rapaces nocturnes », les chouettes et les hiboux sont des oiseaux carnivores, qui chassent leurs proies la nuit. Dotés de serres, d’un bec crochu, d’une excellente vision nocturne et d’une ouïe exceptionnelle, ils se nourrissent principalement de petits mammifères (mulots, musaraignes, campagnols…).
 
En Isère, il existe huit espèces sur les neuf présentes en France (13 en Europe), avec notamment deux petites chouettes de montagne emblématiques : la chevêchette d’Europe et la chouette de Tengmalm.
 
 

> CHOUETTES ET HIBOUX

 

La chevêchette est le plus petit rapace de France (de 15 à 20 cm de haut). Elle niche dans les cavités creusées par le pic épeiche dans les arbres des forêts d’altitude. Elle a la particularité de chasser aussi le jour. Peu farouche, elle se laisse observer à quelques mètres.  
 
À l’opposé, le hibou grand-duc est aussi impressionnant que farouche. C’est le plus grand des rapaces nocturnes d’Europe (de 50 à 60 cm de haut et jusqu’à 180 cm d’envergure). Il vit dans les milieux rocheux en plaine comme en montagne. Ses puissantes serres font de lui un prédateur redoutable, capable d’attraper des proies très diverses : rongeurs, canards, serpents, lapins, oiseaux, renardeaux… Mais il est facilement dérangé par l’homme. 
 
En Isère, la chouette la plus répandue est la hulotte. Présente en plaine et en montagne, dans les bois, les forêts, mais également les parcs urbains, la proximité de l’homme ne la dérange pas. 
 
Encore plus proche des humains, la chouette effraie, également appelée « effraie des clochers », niche principalement dans les granges, les combles d’habitation ou les clochers. En raison de ses cris nocturnes étranges et de son vol fantomatique à proximité des églises (et donc des cimetières), elle éveillait autrefois les peurs et les superstitions. Elle avait la réputation d’être un « oiseau de malheur », annonciateur de catastrophe. Pour conjurer le mauvais sort, elle était souvent clouée aux portes des granges !
 
Aujourd’hui, elle est notamment menacée par les collisions routières et la disparition de ses lieux de nidification (fermeture de clochers, haies et arbres morts coupés…).
 
Sa population est en régression. Pourtant, comme tous les rapaces, elle est protégée. Alliée précieuse pour les agriculteurs et les jardiniers, elle participe aussi à réguler les populations de rongeurs. Au cours d’une année, un couple d’effraies, avec ses jeunes, consomme en moyenne 5000 micromammifères.
 

EN IMAGES : CES FASCINANTS OISEAUX NOCTAMBULES

La chevêchette, chouette des forêts de montagne, est le plus petit rapace de France (15 cm de haut environ).
La hulotte est la chouette la plus répandue. Son hululement est aussi le plus connu : c’est le fameux « hou-hou » caractéristique des ambiances nocturnes de films.
La Tengmalm niche principalement dans les trous creusés dans les troncs d’arbre par le pic noir.
La magnifique chouette effraie, surnommée la « dame blanche », est hélas en régression : neuf effraies sur dix n’atteignent pas leur deuxième année.
Présentes sur la tête des hiboux (ici, un couple de grands-ducs), les aigrettes sont des plumes d’ornement (et non des oreilles !), qui les différencient des chouettes.
Chouette aux yeux d’or, la chevêche est le symbole de la déesse Athéna. Elle niche dans les cavités des vieux arbres et dans les bâtiments, comme les granges.

 QUAND LES OBSERVER ?

 

Les premiers mois de l’année, période des amours, sont les plus propices pour les repérer, dans l’idéal au crépuscule.

Les petites chouettes de montagne sont notamment présentes dans les espaces naturels sensibles des Écouges, du col du Coq et de la Molière.

La chevêche est visible en particulier dans la plaine de Varces, et l’effraie dans la Bièvre. 

Publié le : 
01 janvier 2018