VILLARD-BONNOT :

LE RENOUVEAU D'UNE CITÉ INDUSTRIELLE

Territoires

Berceau de l’industrialisation du XIXe siècle, cette commune aux trois bourgs se réinvente aujourd’hui, sans faire table rase du passé…

 

Par Corine Lacrampe

  • La commune de Villard-Bonnot s’étire sur 4 kilomètres le long de l’Isère.

 

Contenue entre les berges assagies de l’Isère, rive gauche, et les contreforts boisés des balcons de Belledonne, cette commune du Grésivaudan (7 400 habitants) se compose d’une enfilade de trois bourgs sur 4 kilomètres, le long de la RD523 : Lancey, Villard-Bonnot et Brignoud.

Face à la Chartreuse, ce trio est desservi par l’autoroute Grenoble-Chambéry et deux gares ferroviaires, l’une à Lancey, l’autre à Brignoud, héritage de son prestigieux passé hydraulique et papetier.

 

> MÉMOIRE DE PAPIER ET SITE STRATÉGIQUE

 

Au milieu du XXe siècle, avec la révolution industrielle, les papeteries d’Alfred Fredet s’implantent à Brignoud et celles d’Aristide Bergès à Lancey, au pied de la montagne, pour profiter de l’hydroélectricité développée ici par le même Aristide Bergès (voir aussi p. 12 de ce numéro).

L’essor industriel s’accompagne d’une intense activité commerciale et artisanale. Les deux hameaux reliés par le tramway prospèrent et composent un nouveau visage à la commune. Cette grande aventure industrielle se termine en 2008 avec la fermeture des Papeteries de Lancey.

Ayant compté 1 800 salariés (dont près de la moitié d’origine étrangère) en 1923, l’entreprise en compte alors un peu moins de 200.

Villard-Bonnot a conservé son atmosphère rurale et une architecture traditionnelle avec ses pavillons flanqués de jardin et des bâtiments au charme rétro, telle la mairie du bourg central.
 
Le petit marché sous les platanes de Brignoud apporte sa touche, de même que le Mouton à cinq pattes, honnête restaurant de pays à Lancey. Forte de sa situation privilégiée à quelques minutes de la ville, au pied du massif de Belledonne et des stations de ski, elle a su séduire de nouveaux habitants.
 
Si beaucoup vont travailler dans les agglomérations voisines, ce n’est pourtant pas une ville-dortoir. Dotée d’écoles, d’un collège, d’une école de musique, d’un lycée (parmi les meilleurs de l’académie pour les résultats au bac), la commune bénéficie aussi d’un tissu associatif actif, dont les composantes sont variées, et de la présence de beaux équipements culturels, comme l’espace culturel Aragon – une salle de cinéma et de théâtre vivant doublée d’un lieu d’expositions avec une riche programmation –, le centre socioculturel et le musée départemental de la Houille blanche.
 
En outre, l’équipe municipale menée par Daniel Chavand orchestre la longue réhabilitation de ses friches industrielles afin de donner une nouvelle physionomie au centre-bourg de Lancey. Villard-Bonnot y gagnera même quelques nouvelles habitations.
 
 

VILLARD-BONNOT ET LE DÉPARTEMENT

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Flavie Rebotier, conseillère municipale de Saint-Nazaire-les-Eymes, et Bernard Michon, maire de Revel, sont les deux conseillers départementaux du canton.

Le Département est un partenaire déterminant pour cette commune qui voit passer par centaines les habitants des balcons de Belledonne descendant travailler et s’approvisionner dans la vallée, et dans l’autre sens les citadins en quête de montagne. 

Dans ce contexte, l’entretien de la voirie a son importance ! La présence du collège Belledonne (700 élèves) aussi. Parmi les derniers équipements de Villard-Bonnot soutenus par le Département, on peut citer la création des jardins familiaux du Verney et l’extension du parking Fredet.
 
Sans oublier la présence sur la commune du musée départemental de la Houille blanche.
 
 

REPÈRES

LE CANTON DU MOYEN GRÉSIVAUDAN

  • 44 500 habitants dans 17 communes
  • les trois plus peuplées : Crolles, Villard-Bonnot et Saint-Ismier totalisent plus de la moitié de la population
  • la moins peuplée : Saint-Jean-le-Vieux, 270 habitants
 

QUELQUES CHIFFRES

  • 17 km entre Grenoble et Villard-Bonnot
  • 5,84 km² de superficie le long de l’Isère
  • 70 m de déplacement pour le château de Bergès, en 1957, pour agrandir l’usine des papeteries de Lancey. Une prouesse technique.
  • 3,6 hectares pour la plateforme du groupe GLD (Grenoble Logistique Distribution)

 

 DYNAMIQUE 

NOUVELLES ACTIVITÉS ET NOUVEAU CENTRE-BOURG

Si elle conserve la mémoire des « papètes », Villard-Bonnot ouvre une nouvelle page économique. Fort de la proximité des accès autoroutiers, son parc d’activités de la Grande-Île, à Lancey, attire des entreprises, dont l’immense entrepôt de Grenoble Logistique Distribution (GLD), l’usine de INDCO (concassage de plastique), ou encore Algeco (bâtiments de chantier).

 

On peut aussi citer la pépinière implantée sur une zone réhabilitée de la friche de Lancey, avec des entreprises innovantes, dont Escadrone, fabricant de drones. 

La commune a justement entrepris un projet de reconversion totale des grandes friches industrielles héritées de la période papetière. Le site des Papeteries de Lancey, acquis en 2009, bénéficie d’un chantier monumental d’une dizaine d’années qui a commencé par la dépollution des locaux.
 
À terme, cette réhabilitation importante donnera un vrai centre-bourg à Lancey, avec des habitations, des halles centrales, des petits commerces et un parking.
 
Côté Brignoud, la communauté de communes réhabilite l’ancienne usine chimique Rétia pour créer une infrastructure de covoiturage et un grand parking d’accès au train.
 
 
 

VILLARD-BONNOT EN IMAGES

Au centre de la commune, la mairie de Villard-Bonnot au charme rétro.
La commune est desservie par deux gares, l’une à Lancey, l’autre à Brignoud.
Vue panoramique du parc d’activités de la Grande-Île.
Les trois bourgs, Villard-Bonnot, Lancey et Brignoud longent l’Isère sur 4 kilomètres.
L’espace Aragon, face à la mairie, propose une programmation variée, où se mêlent spectacles, cinéma et expositions.
L’espace Bergès et sa pépinière d’entreprises.
  • escadrone-Villard-Bonnot
  • escadrone-Villard-Bonnot

 ZOOM 

PÉPINIÈRE BERGÈS : LES PROS DU DRONE

Sur la grande table, on dirait des jouets et, tout autour, de grands enfants affairés. C'est pourtant du matériel de pointe manipulé par des techniciens, des ingénieurs et des photographes hautement qualifiés.

Fondée en 2014 par Nicolas Hebert, Escadrone est installée dans la pépinière d'entreprises Bergès qui occupe 1 000 m2 réhabilités sur les friches des Papeteries de Lancey (14 bureaux).

Entreprise de quatre salariés, Escardrone est spécialisée dans le drone professionnel à usage civil et la prestation sur mesure.

Aujourd'hui, cinq photographes d'architecture de grand luxe sont en formation pour l'utilisation de leur nouveau drone et des logiciels liés. Nicolas Herbet : « Notre clientèle est très variée car le drone peut intervenir dans de nombreux domaines, pour mesurer la pollution de l'air, modéliser des surfaces, vérifier une conduite forcée, évaluer un terrain difficile d'accès... » 

RACINES

LE MUSÉE DE LA HOUILLE BLANCHE

À Lancey, la maison d’Aristide Bergès (1833-1904), propriété du Département, abrite le musée de la Houille blanche qui nous invite dans l’intimité de la famille Bergès. 
 
Cette demeure bourgeoise et fantasque, marquée par l’Art nouveau, est une maison d’artistes plus que d’industriels. On y découvre entre autres des œuvres d’Alfons Mucha, un ami de la famille. C’est justement à cet artiste que sera consacrée la prochaine exposition temporaire au printemps. 
 
Pour le reste, on retrouve la houille blanche en allégorie. Ici, c’est un ange peint par Maurice, fils d’Aristide. Dans l’entrée monumentale, un plâtre géant la représente. S’ajoutent machines, objets, photos, documents écrits ou sonores, qui restituent l’histoire de l’énergie hydroélectrique et des papeteries.
 
 
 

 

DANS L'INTIMITÉ DU MUSÉE

Aristide Bergès avec un ange peint par son fils Maurice.
La houille blanche en allégorie. Peinture de Maurice Bergès, fils d’Aristide.
Dans le parc de la maison Bergès.
Parmi les objets présentés au musée, une turbine en bois…
... mais aussi une dynamo…
… et un avis d’éclairage électrique, diffusé en 1898.

FIGURES DE VILLARD-BONNOT : CLIQUEZ SUR LES PHOTOS

Stéphanie Scheidecker, brigadier-chef principal de la police municipale de Villard-Bonnot, vit son métier avec passion, apprécie la chaleur humaine de sa ville depuis 2009, et s’attache à tisser des liens de confiance avec ses administrés.
Albert Centa, 71 ans, dont 42 comme travailleur au sein des papeteries, était tourneur sur acier, intervenant lors des pannes mécaniques pour fabriquer telle ou telle pièce détériorée. Il reste très actif dans le milieu associatif, où il s’est engagé dès 1972.
Andrée Soto préside aujourd’hui l’Amicale des donneurs de sang de Villard-Bonnot (fondée en 1962) et y donne son sang depuis 1973. Un geste simple et solidaire pour les 18-71 ans, qu’elle s’attache à promouvoir afin de dynamiser les collectes.

 SOLIDARITÉ 

NOUVEAU : LES JARDINS DU VERNEY

 

Situés allée de la Mine, près de la gare de Brignoud, ces nouveaux jardins familiaux couvrent 3 600 m² offrant une quarantaine de parcelles à des particuliers pour produire légumes, fruits ou fleurs.

Cet espace vert en ville est doté d'un verger commun et d'un très beau local de bois avec des casiers pour les outils, une table et des bancs sous la tonnelle pour la convivialité.

Déjà les cultures ont pris de l'ampleur et des jardiniers passent tous les jours pour gratter leur terre, même en hiver. Comme l'explique Chantal Besset, l'une des occupantes : « C'est que nous sommes heureux dans nos jardins ! Et il y a toujours quelque chose à faire, des graines à échanger, un pique-nique à partager, des récoltes et des plantations à prévoir. »

Trois carrés surélevés en ont été créés à destination des personnes à mobilité réduite.

LA RECETTE DU MAÎTRE-RESTAURATEUR 

Temps de préparation 30 min, de cuisson 20 min, pour 4 personnes 

 

ECLAIR AUX NOIX CONFITES, CHARTREUSE VERTE, FIGUE POCHÉE
 

Chef des Cloyères (à Bernin), Johann Tarello travaille les produits frais et souvent locaux, salaisons de Theys, truites du Vercors, escargots de Chartreuse, noix de Grenoble, génépi… avec audace : le filet de maquereau grillé voisine avec le sorbet à la roquette, les champignons s’invitent au dessert.
 
Ingrédients
 
Pâte à choux : 25 cl de lait, 80 g de beurre, 3 œufs, 150 g de farine, 5 g de sel.
Crème pâtissière : 1 l de lait, 200 g de sucre, 10 jaunes d’œufs, 50 g de farine, 50 g de crème.
Noix confites : 40 cerneaux de noix, 1 l d’eau, 1 kg de sucre.
Accompagnement : une figue par personne, 75 cl d’eau et 35 g de sucre pour le sirop.
 
Préparation
 
Noix : blanchir les cerneaux 3 fois et cuire dans le sirop de sucre jusqu’à réduction de moitié, réserver au frais. Mixer, sauf quelques cerneaux pour la décoration.
 
Pâte à choux : porter à ébullition lait, beurre et sel, retirer du feu, introduire la farine, chauffer à feu doux jusqu’à formation d’une fine pellicule. Laisser refroidir à 50 °C, ajouter les œufs un par un. Avec une douille cannelée, faire des boudins d’une douzaine de centimètres sur une plaque couverte de papier sulfurisé, enfourner 20 min à 200 °C, laisser reposer 10 min dans le four.
 
Crème pâtissière : faire bouillir le lait avec 100 g de sucre. Blanchir les jaunes d’œufs et le sucre restant, ajouter la farine et la crème, verser le lait chaud en remuant, porter à ébullition, ajouter un trait de chartreuse verte. Pocher les figues dans le sirop de sucre.
 
Dressage : couper la partie haute du chou dans la longueur, déposer une couche de noix mixées, couvrir de crème pâtissière avec une douille, décorer de cerneaux confits et de fruits frais de saison.
 
Publié le : 
11 novembre 2017