Une luthière dans le Trièves

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Avedik Lutherie - Mathilde Avedikian
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Depuis trois ans et demi, Mathilde Avedikian, diplômée de l’école de lutherie de Crémone, a ouvert son atelier dans le village de Saint-Michel-les-Portes, face au Grand-Veymont.

Une mandoline à restaurer, le violon du petit dernier à réviser, le violoncelle du grand-père à remettre en état ou des archets à remécher : chaque semaine, les habitants du Trièves, de Grenoble ou du Diois voisin frappent à la porte de l’atelier de Mathilde Avedikian, sur la place du village de Saint-Michel-les-Portes, pour lui confier leur instrument à cordes frottées. 

« Parfois, il suffit d’un tout petit rien, un léger ajustage du chevalet par exemple, pour retrouver la beauté du timbre. C’est quasiment de la magie ! J’en profite aussi souvent pour entretenir chevilles, touche et sillet… tout ce qui touche au confort de jeu. » 

Munie de sa râpe, de ses canifs et de sa pointe aux âmes - ce fin crochet d’acier en forme de « f » qui se glisse dans le ventre de l’instrument pour tirer ou repousser ce petit tourillon de bois appelé « âme » et moduler la puissance sonore - , la jeune femme originaire de Matheysine effectue un travail d’horloger, tout en précision. Le bois transmet les vibrations, les cordes font ressortir toutes les variations, l’âme donne le timbre. Au luthier de restituer le potentiel du violon ou de l'alto.

 

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De l’Italie à l’Argentine

Ayant été elle-même violoncelliste, Mathilde a découvert sa vocation à l’âge de dix-sept ans, en passant devant la vitrine d’un luthier de Lyon. Admise au sein de la prestigieuse école de Crémone en Italie, elle a appris pendant quatre ans les secrets de fabrication des instruments du quatuor et des archets — une précieuse baguette en bois de pernambouc (arbre originaire du Brésil) intimement liée au corps du musicien. Son diplôme obtenu, ses pas l’ont menée chez Tranin, ce luthier lyonnais réputé, qui l’a embauchée. 

« Chez lui, pendant quatre ans, j’ai découvert l’art de restaurer les instruments anciens, l’univers de la contrebasse. Puis je suis partie en Amérique du Sud, pour voyager et découvrir une autre facette du métier, au contact des gens : j’ai passé un an comme luthière itinérante de l’Argentine à la Colombie ou au Brésil par le bouche à oreilles. Là-bas, j’ai fabriqué aussi toutes sortes d’instruments dont un charango, une petite guitare andine ! »

Riche de cette expérience, de retour dans sa région, Mathilde a décidé d’ouvrir son propre atelier dans le Trièves. Avis aux musiciens ! 

 

©Frédérick Pattou

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Pour aller plus loin : avediklutherie.fr

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