GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère
  • L’été dernier, Breffni Bolze est allé nettoyer les camps de base et l’accès au sommet du Mustagh Ata dans l’Himalaya.
  • Le Mustagh Ata dans l’Himalaya.
  • Durant son séjour, plus de 800 kilos de déchets laissés par les expéditions précédentes ont été collectés.,
  • Breffni Bolze présente son matériel aux élèves de CP et de CE1 de l’école La Peupleraie à L’Isle-d’Abeau

BREFFNI BOLZE

 

> IL NETTOIE LES SOMMETS

Par Richard Juillet


Centralien, ingénieur en environnement chez Vicat, à L’Isle-d’Abeau, Breffni Bolze, 43 ans, est un sportif accompli. Apnéiste averti, passionné de haute montagne, il a gravi l’été dernier en compagnie de l’ancien champion de ski Philippe Goitschel le Mustagh Ata, un sommet de l’Himalaya culminant à 7 546 mètres d’altitude.

Au-delà de l’aspect sportif, c’est une autre motivation qui l’a conduit sur les pentes de ce sommet : le nettoyage de sa principale voie d’ascension.

“Relativement facile d’accès, le Mustagh Ata est fréquenté par de nombreux alpinistes qui n’ont malheureusement pas tous la fibre éco-responsable. Durant notre séjour, nous avons collecté plus de 800 kilos de déchets laissés par les expéditions précédentes, explique-t-il. Nous avons aussi sensibilisé les grimpeurs que nous avons rencontrés.” Cette expédition environnementale n’est pas une première !
 

IL ANIME DES ATELIERS SUR LES DÉCHETS
 

Cela fait presque vingt ans en effet que Breffni sillonne le monde, ramassant les déchets des autres, boîtes de conserve, cartouches de gaz, canettes de soda, emballages, piles, médicaments, des détritus qu’il confie ensuite à des filières de traitement spécialisées, sur place ou en France. Cette quête l’a ainsi mené sur les pentes du Dhaulagiri au Népal, de l’Aconcagua en Argentine, du mont Elbrouz en Russie, mais aussi, en 2005, sur l’atoll de Clipperton avec le médecin-explorateur Jean-Louis Étienne.

Actuellement, fort de ses souvenirs, ses images et ses films, il anime des ateliers dans les écoles primaires et les collèges du Nord-Isère avec toujours le même leitmotiv : sensibiliser au tri des déchets et à l’absolue nécessité de laisser une nature préservée après son passage.

“Et cela commence près de chez soi, en participant, par exemple, à un bon nettoyage de printemps de sa rue ou de son village”, conseille-t-il.

Il recherche aussi des sponsors pour boucler le financement d’une version longue de la vidéo qui sera présentée cette année dans le cadre de plusieurs festivals de films de montagne et d’environnement : Rencontres Ciné Montagne à Grenoble, Festival International du Film de Montagne d'Autrans, Festival du Film Environnement & Nature de FNE Isère, etc.

 

Pour en savoir plus :

Facebook du projet

Vidéo de l’expédition en français

Vidéo de l’expédition en anglais 

 

ZOLTÀN CSEKÖ

 

> IL TRANSMET LA MAGIE DE L'OPÉRA

Par Véronique Granger


À 6 ans, il avait été émerveillé par Philippe Caubère et son théâtre du soleil à la Cartoucherie de Vincennes. Dix ans plus tard, Zoltàn Csekö découvrait la musique instrumentale et la clarinette.

Mais sa vocation véritable, il la découvrira à l’opéra de Saint-Étienne, à 27 ans : “J’ai été transporté par la vibration des voix, ce parlé-chanté qui réunit à la fois le théâtre et la musique.”

Devenu chanteur et directeur artistique de l’ensemble Contrasts, à Villette-de-Vienne, il produit lui-même des opéras chaque année. Et il n’a de cesse, en sillonnant les écoles du pays viennois et des départements limitrophes avec un pianiste, de transmettre aux jeunes sa passion. Così fan tutte, Carmen, La Traviata, La Flûte enchantée
 

2 700 ENFANTS CHANTERONT UN AIR DE PAPAGENO
 

Depuis 2013, quelques 12 500 scolaires, de la maternelle au collège, auront ainsi appris, chanté et participé avec lui à l’un des plus grands opéras du répertoire.

En février prochain, 2 700 enfants issus de 29 écoles et 24 communes différentes (répartis par groupes de 720 sur quatre représentations) viendront encore, au Manège de Vienne, chanter un air de Papageno, dans sa nouvelle mise en scène de La Flûte enchantée de Mozart, accompagnés par une cinquantaine de 50 solistes et chanteurs professionnels de haut niveau.

La cheffe d’orchestre Claire Levacher, qui rayonne à l’international, sera encore là pour faire monter l’émotion, quand Papageno cherche sa Papagena… Au-delà de l’enchantement, une belle leçon de vie grandeur nature !
 

Contacts, réservations ou office de tourisme de Vienne-Condrieu : 04 74 53 70 10

 

CAMILLE LACOSTE-ARIBAUD

 

> DES VÊTEMENTS ÉCORESPONSABLES

Par Annick Berlioz


Dès qu’elle trouve un vêtement en chinant, Camille, 30 ans, imagine comment elle va le transformer.

Des noeuds sur les manches, quelques fleurs dessinées avec un stylo textile sur le col ; il lui suffit de peu pour donner une seconde vie à des robes, pantalons ou chemisiers… Titulaire d’un BTS de stylisme et d’un master de communication, cette habitante de Meyrieu-les-Étangs s’est lancée, après plusieurs expériences professionnelles, dans l’upcycling, une démarche qui consiste à récupérer des objets de seconde main pour les transformer en produits de qualité.

Dans son atelier, situé au premier étage de sa maison, elle réalise deux types de collections : une gamme de vêtements vintage entièrement revisités, et des modèles créés de A à Z avec des tissus recyclés, triés sur le volet.

 

UNE LIGNE INTEMPORELLE FAITE POUR DURER
 

En septembre dernier, elle a lancé sa propre marque, Maison Cala, qui signe son style élégant, simple et raffiné.

“Depuis ma plus tendre enfance, je suis passionnée par les activités manuelles : j’ai toujours eu des bouts de Scotch sur les doigts. Au début, je créais pour des collègues et des amies. Sensible à l’avenir de la planète, je m’adresse aujourd’hui à une clientèle soucieuse de consommer autrement. La plupart de mes pièces sont des modèles uniques avec des coupes intemporelles conçues pour durer.”

Pour se faire connaître, Camille a noué des partenariats avec des influenceuses qui partagent leurs bons plans sur Instagram et a ouvert une boutique en ligne pour commercialiser ses vêtements.

 

Contacts : 06 19 99 51 22
 

Maison Cala

maisoncala@gmail.com

 

MARIE-SOPHIE CHAMBON

 

> DES ÉTOILES PLEIN LES YEUX

Par Véronique Granger


Loïs, une jeune fille surdouée en sciences, mais en surcharge pondérale, s’est mis en tête de partir dans l’espace pour échapper à la pesanteur et aux regards trop lourds.

Sur le mode du road-movie, Marie-Sophie Chambon (à droite sur la photo) nous embarque dans sa quête éperdue pour se présenter à un concours du Centre national d’études spatiales (Cnes) de Toulouse, avec une bande d’éclopées de la vie qui n’est pas sans rappeler celle du Magicien d’Oz ou de Little Miss Sunshine.

Pour son premier long-métrage, Cent Kilos d’étoiles, la jeune réalisatrice martinéroise traite avec brio et délicatesse un sujet rarement traité au cinéma et qui lui tient particulièrement à coeur : la grossophobie et cette obligation faite aux adolescentes de se conformer aux standards de la beauté.
 

« LES JEUNES FILLES RONDES ONT LEUR PROPRE BEAUTÉ »
 

“Dans mon entourage, j’ai eu l’occasion de découvrir les souffrances extrêmes que peuvent engendrer ces diktats. J’ai voulu montrer que ces jeunes filles rondes ont leur propre beauté et le droit d’exister”, explique-t-elle.

Passionnée de cinéma depuis l’enfance, Marie-Sophie se destinait plutôt à une carrière de scénariste en intégrant la Fémis – la prestigieuse école de cinéma français dont sont sortis Arnaud Desplechin, Noémie Lvovsky ou François Ozon. Son diplôme obtenu en 2011, après quatre ans d’écriture intensive, le besoin de tourner s’est vite fait ressentir.

Le plus difficile, paradoxalement, n’a pas été de réunir les financements – la productrice est une ancienne camarade de promotion –, mais de trouver Loïs. On a mis presque deux ans avant de rencontrer Laure Duchêne (à gauche), qui est formidable !”

Sorti assez discrètement au cœur de l’été, Cent Kilos d’étoiles poursuit aujourd’hui une belle trajectoire internationale dans les festivals, de Melbourne au Québec, et vient de sortir en DVD.

 

GUILLAUME DUBOURG

 

> BOULANGER ITINÉRANT ET ENGAGÉ

Par Corine Lacrampe


Son adorable petite maison de bois roulante – une tiny house, selon la formule anglicisée – abrite tout à la fois son atelier de boulanger et sa boutique de pains bio.

Guillaume Dubourg dessert trois villages. Le sien, Saint-Hilaire-de-la-Côte, le mardi, Commelle, le jeudi, et Gillonay, le vendredi. Sur la place du village, il fabrique et cuit ses pains en journée, vend le pain chaud à l’heure de la sortie des classes – petites brioches aux pépites de chocolat à la clé – et dès le lendemain matin dans le village suivant.
 

IL FABRIQUE ET CUIT SES PAINS SUR PLACE
 

Berger, tondeur de moutons, plongeur, scaphandrier, grand voyageur, Guillaume Dubourg a eu plusieurs vies avant de s’impliquer dans un métier artisanal, en faisant le choix du bio et du local. Le blé, le seigle et le sarrasin qu’il panifie sont cultivés à Saint-Georges-d’Espéranche par un boulanger-paysan. S’ajoutent petit épeautre, olives et graines variées produits à 80 % en Isère.

Au choix du bio, ce néo-boulanger adjoint le souci de n’utiliser aucun produit d’origine animale, et son four chauffe aux chutes de bois d’un voisin fabricant de piquets. S’il paie sa farine deux fois et demie plus cher qu’en grande surface, Guillaume pratique par déontologie des tarifs abordables et même spéciaux pour les personnes en situation précaire.

Moyennant quoi, il travaille… quatre-vingts heures par semaine, mais s’octroie toutes les vacances scolaires pour recharger ses batteries. La tiny boulangerie accueille aussi des stages de fabrication du pain.

 

La Boulangerie Itinérante

 

Publié le : 
01 janvier 2020