INSERTION :

OBJECTIF EMPLOI

Dossier

 

Certains de nos concitoyens seraient-ils inemployables et condamnés à vivre avec le minimum ? Dès 2015, alors que le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA) continuait de croître à un rythme jamais atteint, tout en fragilisant les finances des Départements, l’Isère refusait ce fatalisme. Un branle-bas de combat était engagé par la nouvelle majorité départementale pour redonner de la confiance et un emploi à tous les allocataires.

Quatre ans plus tard, les résultats sont là : la courbe du RSA est résolument à la baisse en Isère – et ce de façon plus marquée qu’au plan national. Inscription des nouveaux allocataires dans un parcours d’insertion professionnelle dès leur entrée dans le dispositif, accompagnement personnalisé et tourné vers l’emploi, mesures incitatives auprès des employeurs (qui paradoxalement, ont souvent du mal à recruter), expérimentation de nouvelles méthodes de recrutement sans CV…

Toutes ces mesures, annoncées dans le plan pauvreté du gouvernement, le Département les a mises en œuvre sans attendre. Bien sûr, il reste beaucoup à faire et certains préjugés restent tenaces. Mais l’Isère tient le bon cap !

  • L’objectif du Département est d’assurer un accompagnement individualisé des 22 350 allocataires du RSA.

 

 « NUL N'EST INEMPLOYABLE »

 

Après une hausse constante depuis la création du dispositif en 2008, le nombre d’allocataires du RSA en Isère est en baisse.

Le Département a mis en place de nombreuses mesures, qui, conjuguées avec une meilleure santé économique, commencent à porter leurs fruits.
 

“Nul n’est inemployable ! À condition de donner aux personnes privées de travail depuis plusieurs années tous les moyens de s’en sortir et de trouver leur voie”, martèle Anne Gérin, vice-présidente du Département chargée des actions de solidarité et de l’insertion.

Actuellement, en Isère, 22 350 personnes perçoivent le RSA, soit 4,5 % de la population active : une baisse de 11 % depuis 2015 qui place l’Isère parmi les 15 départements enregistrant la plus forte baisse au niveau national.

Une conséquence de l’embellie économique – ces trois dernières années le taux de chômage a baissé de 1,3 % en Isère –, mais aussi de la politique mise en place par le Département.

Adopté en 2016, son nouveau programme départemental d’insertion sur cinq ans donne clairement la priorité au retour à l’emploi. “L’enjeu est d’être plus efficace vis-à-vis des allocataires, en les aidant à se réinsérer professionnellement. Nous consacrons plus 139 millions d’euros à l’insertion et 131 millions d’euros à l’allocation RSA. 5,8 millions d’euros sont aussi investis dans les actions d’insertion, 2,4 millions d’euros dans les emplois aidés”, poursuit Anne Gérin.

 

> 11% DE BAISSE EN QUATRE ANS

 

Le premier volet concerne l’accompagnement des allocataires, qui doivent signer un contrat d’engagement avec le Département. En 2015, seulement 40 % des allocataires avaient signé ce contrat contre 80 % aujourd’hui.

Pour éviter que le RSA ne se prolonge, le délai de prise en charge a été raccourci à trois mois, contre huit auparavant. Autre souhait, proposer des solutions au cas par cas.

Afin de faciliter l’orientation, le Département a mis en place des plates-formes d’information collective sur l’ensemble de ses territoires, permettant aux allocataires de s’inscrire dans un parcours mieux adapté à leur situation et au bassin d’emploi.

Dans le même temps, il a redéfini ses 250 actions d’insertion, désormais centrées sur le retour à l’emploi. Avec le concours de Pôle emploi, un gros travail a été conduit auprès des chefs d’entreprise pour les inciter à embaucher des personnes éloignées de l’emploi.

Parmi les outils, les clauses d’insertion dans les marchés publics, qui ont déjà permis de dégager 75 000 heures de travail (169 bénéficiaires en 2018, dont 40 % d’allocataires du RSA).

Des partenariats sont aussi engagés sur l’ensemble des territoires pour favoriser le contact avec les employeurs. Vingt quatre personnes ont pu ainsi être recrutées au Village de marques de Villefontaine, qui a ouvert en 2018. Autre mesure-phare, l’emploi au cœur de tous les parcours.

“Nous devons changer notre regard sur les allocataires du RSA. Quelles que soient leurs difficultés, nous devons les inscrire dans une dynamique leur permettant de retrouver au plus vite un travail, tout en prenant en compte certains freins, comme les problèmes de santé ou la garde d’enfant, explique Emmanuelle Petit, chef du service insertion du Département. Grâce au principe de réciprocité mis en place en 2016, nous les incitons à être actifs de leur parcours, en valorisant leurs compétences dans une action citoyenne de leur choix.”

Certaines personnes peuvent aussi être directement orientées vers l’emploi. C’est tout l’objectif du dispositif « Emploi d’abord » à Villefontaine, actuellement en cours d’expérimentation.

Prochainement, cette initiative innovante devrait être expérimentée sur le bassin grenoblois.

 

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Anne Gérin, vice-présidente du Département chargée des actions de solidarité et de l’insertion
 
 

>  « NOUS SOMMES PRÉCURSEURS DANS NOS MESURES POUR L'INSERTION »

 

Isère Mag : Le plan d’insertion du Département donne la priorité à l’emploi. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Anne Gérin : Lorsque nous avons été élus, en 2015, le nombre d’allocataires du RSA ne cessait de croître depuis sept ans. D’emblée, nous avons mis en place des mesures pour inverser la tendance et favoriser le retour à l’emploi.

Tout d’abord en plaçant le travail au cœur de notre politique d’insertion. C’est désormais l’objectif de l’accompagnement des personnes qui perçoivent le RSA, quelle que soit leur situation.

Nous avons aussi voulu davantage impliquer les bénéficiaires dans leur parcours d’insertion.

Enfin, nous nous sommes rapprochés des chefs d’entreprise afin de développer une offre d’insertion permanente sur l’ensemble des territoires isérois.

Le Département a également voulu donner l’exemple en embauchant des allocataires, notamment dans les collèges.

 

I. M. : Vous avez aussi mis en place une cellule de contrôle du RSA ?

A. G. : Oui. En 2016, nous avons recruté quatre contrôleurs pour vérifier l’éligibilité au RSA. Il ne s’agit pas d’une mesure répressive, mais d’appliquer simplement la loi.

Bien sûr, l’objectif est de lutter contre la fraude, mais surtout de réserver le RSA aux personnes qui y ont droit.

Cette action a aussi un rôle pédagogique auprès de celles et ceux qui ne comprennent pas toutes les règles du dispositif et ce afin d’éviter les situations d’indus.

 

I. M. : En septembre 2018, l’État lançait son plan de lutte contre la pauvreté. Quels changements pour la politique insertion du Département ?

A. G. : Favoriser le retour des allocataires du RSA vers l’emploi est l’un des cinq engagements du plan anti-pauvreté lancé par l’État.

Nous avons pris les devants avec un certain nombre d’initiatives désormais devenues prioritaires au niveau national. Parmi les plus emblématiques, le principe que nul n’est inemployable.

Nous avons aussi été précurseurs sur l’accompagnement vers le travail ou encore la contractualisation des engagements.

Grâce à ce plan, nous avons pu signer une convention avec l’État et obtenir ainsi des financements supplémentaires, qui vont nous permettre d’innover et de renforcer notre action.

 

 RSA, INSERTION.... : ANNE GÉRIN EN VIDÉO 

À SAVOIR

 

La loi du 1er décembre 2008 instaurant le RSA a défini ainsi son objectif : “Le revenu de solidarité active a pour objet d’assurer aux bénéficiaires des moyens convenables d’existence afin de lutter contre la pauvreté, d’encourager l’exercice ou le retour à une activité professionnelle et d’aider à l’insertion sociale des bénéficiaires.”

Une logique de « droits et de devoirs » réciproques qui fonde aussi la stratégie du Département.

 

  TOUS MOBILISÉS POUR SORTIR DU RSA

 

Nicolau Kudikila-Moniz, salarié chez ERT Technologies à Chassieu

 

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> ALLER JUSQU'AU BOUT

 

Arrivé d’Angola à Grenoble, en novembre 2015, à l’âge de 30 ans, Nicolau ne parlait pas un mot de français et ne connaissait personne.

Quatre ans plus tard, en mai dernier, il a décroché un contrat à durée indéterminée chez ERT Technologies, filiale de SFR chargée par Isère Fibre de déployer le réseau de fibre optique très haut débit du Département.

Et il s’exprime dans un français parfait : “Ayant obtenu le statut de réfugié politique en 2017, j’ai commencé par chercher du travail dans l’audiovisuel. Comme je ne trouvais rien, j’ai choisi de me réorienter vers les métiers de la domotique ou de la fibre optique. Deux semaines plus tard, j’ai pu intégrer une formation qualifiante en alternance de monteur-raccordeur, avec à la clé un CDI chez ERT.”

Certains de ses camarades de promotion se sont arrêtés en route ou ont choisi de faire de l’intérim. “Moi, quand je commence quelque chose, j’aime aller jusqu’au bout, même si ça demande des sacrifices”, sourit-il.

Christine Galesne, conseillère en insertion professionnelle au Département à La Mure

 

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> TRAVAILLER EN RÉSEAU

 

Depuis 2008, forte de quinze ans d’expérience dans son métier, Christine accompagne les bénéficiaires du RSA et des autres minima sociaux dans leur parcours d’insertion professionnelle au sein du Département, sur les 44 communes du territoire de la Matheysine.

Impliquée dans l’élaboration du programme départemental d’insertion par l’emploi (PDIE), elle a aussi en charge de proposer des offres d’emploi sur le plateau Matheysin et d’animer des actions collectives au profit des plus éloignés de l’emploi.

“Je travaille en réseau avec les associations, les agences d’intérim, les entreprises et les structures d’insertion du plateau… Parfois, un stage d’immersion peut déboucher sur une embauche”, constate-t-elle.

Pour cette professionnelle, l’important est de renforcer au plus vite la confiance en soi : “Les bénéficiaires du RSA vivent très mal leur situation. Ils ont besoin d’écoute et de se sentir revalorisés pour pouvoir repartir.”

 

Lynn Galindo, secrétaire médicale au Centre départemental de santé à Grenoble

 


 

> POUVOIR REBONDIR
 

Lynn a toujours voulu travailler dans la santé. Avec son diplôme de secrétaire médicale obtenu au cours Pigier, après un bac S, elle pensait trouver rapidement du travail. Las.

“Partout, on me demandait au minimum deux ans d’expérience.” Ayant déjà dû emprunter pour sa formation, sans ressources, elle a dû se résigner à demander le RSA : “J’avais besoin d’aide. Et je me suis rendu compte que beaucoup de jeunes diplômés étaient dans ma situation.”

Heureusement, Lynn a pu bénéficier rapidement d’un accompagnement de la maison de la solidarité et de l’emploi, à Saint-Martin-d’Hères qui lui a permis de rebondir : “Ma conseillère m’a mise en contact avec Gaëlle Vareilles, responsable au centre de santé du Département, qui m’a prise en stage en août dernier au centre de lutte antituberculeux. J’ai enchaîné sur un remplacement, et mon poste à présent devrait se pérenniser. C’est un travail passionnant !”, se réjouit-elle.

 

Nicolas Schvob, PDF d'Osez Groupe à La Tour-Du-Pin

 

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> INSÉRER PAR L'ÉCONOMIE
 

Osez Groupe, ce sont cinq associations d’emploi et de service et une équipe de 40 professionnels qui accompagnent 880 personnes – dont 59 % de bénéficiaires du RSA – sur le Nord-Isère et l’Isère rhodanienne.

En 2018, 580 d’entre elles ont travaillé pour 1 500 clients et 190 ont suivi une formation. Rien à voir avec une multinationale : “Notre objectif est l’insertion des personnes par l’économie, en favorisant l’emploi de proximité”, résume Nicolas Schvob, directeur général.

Nettoyage, logistique, conciergerie multiservice pour les entreprises, petite enfance, restauration scolaire… Autant de métiers qui permettent à des personnes souvent éloignées de l’emploi de retrouver une activité sur ce territoire semi-rural : “Ça marche, car nous avons un volet formation et accompagnement important, avec une forte présence sur les territoires à travers nos agences locales. Nous avons un double rôle de développement social et territorial, beaucoup d’entreprises ayant des difficultés à recruter.”

 

Germaine Chevalard, aide-soignante à Bourgoin-Jallieu

 

 

> SE REMETTRE SUR LES RAILS !
 

Après avoir vécu dix ans avec le RSA, Germaine Chevalard, 41 ans, voit enfin le bout du tunnel. En juillet dernier, cette mère de quatre enfants a obtenu son diplôme d’aide soignante.

Depuis, elle enchaîne les missions dans les maisons de retraite et les hôpitaux. “Pendant quatre ans, j’ai tenté le concours pour intégrer la formation. À chaque fois, je réussissais l’écrit mais pas l’oral. Grâce au Plan local d’insertion pour l’emploi (PLIE), j’ai pu être soutenue dans mon projet professionnel. Début 2018, sur les conseils de ma référente insertion, j’ai suivi des cours au Greta Nord-Isère pour apprendre à mieux m’exprimer sur les thèmes du sanitaire et social. En mai, j’ai été reçue.”

Pendant un an, Germaine a suivi une formation à Lyon, entièrement prise en charge par le Département de l’Isère. “Je suis très fière d’être sortie de la galère et de me sentir utile à la société”, se félicite-t-elle.

 

 

Sarah Berlioz, conseillère en insertion professionnelle à Pontcharra

 

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> RETROUVER UNE DYNAMIQUE VERS L’EMPLOI
 

“Au bout de plusieurs années sans travail, les allocataires du RSA finissent par baisser les bras”, rappelle Sarah Berlioz, conseillère en insertion professionnelle pour l’organisme de formation AIDER (Activité pour l’initiative et le développement de l’économie rurale).
 
Depuis 2016, elle anime une plateforme de services pour l’emploi sur le Grésivaudan. Le dispositif consiste à organiser des ateliers collectifs pour encourager les personnes dans leur recherche d’emploi.
Plusieurs thèmes sont abordés comme l’orientation professionnelle, la formation continue, la création d’entreprise, la gestion du stress, la mobilité, l’estime de soi…
 
“L’objectif est de leur donner des leviers pour enclencher une dynamique de projet en prenant conscience de leurs compétences. Nous leur proposons aussi des entretiens individuels. À l’issue du cycle, tous repartent avec un plan d’actions, premier tremplin vers l’emploi.”
 
 
 

 

Séverine Renaud, agent polyvalent dans les écoles à Goncelin

 

 

> REPRENDRE CONFIANCE EN SOI
 

Après quatre ans sans emploi, Séverine, 48 ans, mère de deux enfants, qui a fait plusieurs petits boulots dans la restauration, désespérait de trouver un travail.

En septembre dernier, elle a été recrutée comme agent polyvalent dans les écoles primaires et maternelles, à raison de 30 heures par semaine par l'intermédiaire de l'association ADEF-Grésivaudan.

La clé de cette réussite, une formation de trois mois chez l’association AIDER qui lui a permis d’acquérir toutes les bases de la recherche d’emploi. “Grâce à ce soutien, j’ai repris confiance en moi. J’ai appris à mettre en valeur mon CV, à utiliser un ordinateur et à effectuer des recherches sur Internet, mais aussi à connaître les entreprises du territoire. Dès le mois d’août, j’ai répondu à des offres et envoyé plusieurs candidatures spontanées. En septembre, je signais un contrat à durée déterminée avec l’ADEF, association intermédiaire.

Son objectif, être embauchée à durée indéterminée.

 

 

Vincent Giraud, assistant social à Villefontaine

 

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> ACCOMPAGNER AU CAS PAR CAS
 

“Lorsqu’on accompagne les allocataires du RSA, on peut avoir tendance à se concentrer sur leurs problèmes plus que sur leurs compétences. Or ces personnes ont souvent des ressources insoupçonnées”, confie Vincent Giraud, qui suit 400 allocataires du RSA.

Son rôle n’est pas de leur apporter des solutions toutes faites, mais d’intervenir au regard de leur situation et de leur projet.

Pour les plus en difficulté, par exemple, il faudra commencer par évacuer certains problèmes comme la confiance en soi, l’accès à la santé ou au logement. D’autres, en revanche, pourront être directement orientés vers les entreprises qui ont besoin de personnel, via des dispositifs comme Emploi d’abord, ou d’autres actions d’insertion comme le soutien intensif préalable à l’emploi...” À chaque fois, c’est du cas par cas.

 

ZOOM

 

>  REMPLAÇANTS DANS LES COLLÈGES

 

Accueillir les collégiens, entretenir et nettoyer les locaux, servir les repas au restaurant scolaire… Autant de missions indispensables effectuées au quotidien par 900 agents du Département dans les 96 collèges isérois.

Depuis deux ans, en cas d’absence et sans solution interne, leur remplacement est confié à des bénéficiaires du RSA via 13 sociétés d’insertion, dans le cadre d’un marché public. Soit 32 000 heures de travail sur l’année dans tous les territoires de l’Isère.

“Les 34 collèges de l’agglomération grenobloise ont utilisé ce service en 2018, pour quelques heures ou plusieurs semaines, et ça fonctionne très bien”, se félicite Georges Badel, chargé de faire le lien entre les structures d’insertion et les gestionnaires de collège.

Pour les allocataires du RSA, c’est un moyen de remettre le pied à l’étrier. “Nous avons un référent au collège qui accueille les personnes et les oriente dans l’établissement, explique Sandryne Bohin-Wynen, gestionnaire au collège Massegu, à VifLa plupart sont très motivées. L’idée, c’est qu’elles repartent avec du positif.”

À la suite de ces missions, certains ont pu être recrutés pour des remplacements de longue durée ou comme contractuels.

 

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ZOOM

Les trois conseillers en charge du dispositif « Emploi d’abord » à Villefontaine : Céline Chevrollier, Adeline Riboulet et Jean-Baptiste Reignier.

 

>  OPÉRATION : « EMPLOI D'ABORD » À VILLEFONTAINE

 

Villefontaine est l’une des villes de l’Isère où le taux de chômage et le nombre d’allocataires du RSA sont les plus élevés. Pourtant, sur ce bassin d’emploi, des entreprises peinent à trouver des collaborateurs.

En complément des nombreuses autres actions déployées sur ce territoire, le Département expérimente depuis quelques mois une méthode innovante, « Transfer-IOD », qui a fait ses preuves dans la Gironde.

Objectif : permettre à ces demandeurs d’emploi d’accéder rapidement à un contrat durable, tout en offrant aux petites et moyennes entreprises un service de recrutement efficace (dont elles ne disposent généralement pas en interne).

“Nous proposons aux TPE et PME de faire une analyse détaillée de leurs besoins, puis dans un second temps d’établir ensemble des fiches de poste très précises, explique Rebecca Andézian, chef de projet. Ces offres d’emploi étant formalisées, nous leur présentons des professionnels motivés et volontaires, qui rencontreront leurs futurs collègues sur le terrain. Tout cela, sans lettre ni CV. Nous demandons aux employeurs de s’engager sur des contrats de six mois au minimum ou à durée indéterminée (CDI), mais nous assurons en contrepartie un suivi des personnes recrutées durant leur période d’essai. C’est gagnant-gagnant.”

En deux mois, les trois conseillers emploi formés par le Département à cette méthode ont déjà pu décrocher une trentaine d’offres d’emploi fermes. En parallèle, 17 candidats potentiels, identifiés parmi les allocataires du RSA par leurs référents, se sont positionnés, dont deux ont démarré un contrat de travail.

“Notre ambition sur un an est d’intégrer 100 candidats”, conclut Rebecca Andézian.

 

Publié le : 
11 novembre 2019