Services d’aide à domicile : des salariés chouchoutés

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Malgré des besoins croissants, les services d’aide à domicile peinent à recruter. Association à la vie de l’entreprise, primes, aide à la mobilité… les structures se réinventent pour gagner en attractivité.

L’association Cassiopée emploie 300 salariés dont 282 aides à domicile qui interviennent sur quatre secteurs : l’agglomération grenobloise, le Grésivaudan, le Voironnais et les Vals du Dauphiné.

 

D’ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de personnes âgées de plus de 85 ans. En pleine expansion, le secteur de l’aide à la personne peine pourtant à recruter. Quarante-cinq pour-cent des structures déplorent de ne pas pouvoir honorer l’intégralité des demandes en raison du manque de personnel et d’un turnover important.

Le Département, qui fait du soutien à domicile une priorité, a engagé une grande réflexion avec les services d’aide à domicile pour valoriser et moderniser leurs métiers. Certaines mettent en place des mesures innovantes pour fidéliser leurs équipes et gagner en efficacité.

 

Une meilleure qualité de vie au travail

“Nous voulons donner à nos salariés davantage d’autonomie et de responsabilités”, explique Raphaëlle Bernard, directrice de l’association SEVE à Bourgoin-Jallieu, qui emploie 60 aides à domicile et auxiliaires de vie sur l’ensemble du Nord-Isère.

“Nos professionnels se sentent isolés. D’où l’idée d’expérimenter un mode d’organisation nommé ÉTOILE consistant à former des équipes de 8 à 12 personnes qui puissent partager leurs pratiques et travailler avec l’ensemble des partenaires intervenant au domicile des usagers. Nous permettons aussi à nos salariés d’être coresponsables de leur emploi du temps et d’intervenir dans un secteur géographique proche de chez eux.”

 

Des primes d’intéressement

“En 2019, nous avons lancé un contrat d’intéressement sur trois ans en redistribuant jusqu’à 20 % de nos résultats d’exploitation. Ce bonus est proratisé selon le salaire brut et le temps de travail effectué. Le versement peut être immédiat ou placé sur un plan d’épargne collectif”, témoigne Jean Contreras, directeur général de l’association Cassiopée qui compte 300 salariés. Dès l’exercice 2018, cette structure a mis en place la prime Macron qu’il reconduit chaque année.

Par ailleurs, une gratification de cooptation de 100 euros a été créée pour encourager le parrainage. Cassiopée favorise aussi le travail d’équipe et la formation pour monter en compétences et percevoir un salaire plus important.

 

Des voitures sans permis pour favoriser la mobilité

“Beaucoup de personnes sont intéressées par l’aide à domicile, mais n’ont pas le permis de conduire ni de véhicule pour se déplacer. Or le métier nécessite d’effectuer beaucoup de trajets. Nos 695 salariés font plus d’un million de kilomètres par an, soit l’équivalent de 30 fois le tour de la terre”, précise Annie Campillo, directrice générale d’Accompagner à domicile pour préserver l’autonomie (ADPA), qui a acheté cinq véhicules sans permis pour ses collaborateurs.

Cet appui s’intègre dans un plan plus global d’aide à la mobilité (mise à disposition de vélos à assistance électrique, prise en charge de l’abonnement des transports en commun…). L’association a aussi noué un partenariat avec Pôle emploi pour cofinancer le permis B.

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