Éric Alibert : le souffle de la nature

10/07/2020 → 15/11/2020
Véronique Granger
Publié le
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Danse-aribert
  • Culture
  • Expositions
Chapô

Dans le cadre de Paysage-Paysages, le peintre a arpenté les massifs de la Chartreuse et du Vercors pour capter l’énergie vibrante de ce monde sauvage qui vit à nos portes. Une soixantaine d’œuvres, dont la moitié créées spécialement pour l’exposition, témoignent de sa profonde sensibilité face à la…

Trois chamois qui dansent, la parade de deux coqs de bruyère, l’ombre qui descend sur les ruines de Valchevrière… En quelques coups de pinceau, Éric Alibert a l’art de restituer sur le papier les émotions et vibrations ressenties lors d’une balade en montagne, quand on pénètre par effraction dans l’intimité d’un monde sauvage qui nous dépasse.

Des instants magiques et fugaces qui nous ramènent aux temps géologiques et à notre regard d’enfant émerveillé. "Ce n’est pas tant la nature qui m’intéresse que les forces de la nature”, disait Cézanne.

Après des années passées à observer et croquer la faune et la flore alpines en tant qu’illustrateur scientifique, l’artiste, auteur de nombreux ouvrages sur les grandes régions naturelles de la planète, a repris à son compte cette phrase du peintre aixois et entrepris un travail plus personnel, où le geste et le souffle poétique l’emportent sur la précision du trait.

Réalisées le plus souvent en noir et blanc, à l’encre de Chine, sur du papier japonais marouflé sur toile, les œuvres en grand format, que l’on pourra découvrir au musée de l’Ancien évêché, se rapprochent de la calligraphie chinoise avec ses effets de transparence, de plein et de vide, d’ombre et de lumière. Rien de figé, tout vibre et vit, réduit à la sensation pure.

Le geste et l’épure

“Cette exposition étant programmée dans le cadre de Paysage-Paysages, à la demande de la conservatrice Isabelle Lazier, j’ai arpenté les massifs du Vercors et de la Chartreuse pour bien m’en imprégner, capter l’énergie qui s’en dégage, explique Éric.

Certains croquis ont été peints sur le motif, j’ai aussi fait des photos. Puis, de retour à mon atelier, à Genève, j’ai cherché à retrouver ces souvenirs encore bien vivaces dans le geste pictural. Sachant que dans la nature, on ne voit toujours qu’une toute partie de ce qui se passe autour de nous.”

L’eau d’un torrent qui se fige, l’érosion de la roche, le vol d’un chocard, les derniers rayons de soleil qui recouvrent peu à peu d’ombre le paysage.

Pour le peintre, tout fait signe et est matière à inspiration dans ces territoires si proches de la ville… et tellement secrets pourtant.

L’usage du noir, ce langage universel qui remonte à la préhistoire, contribue à rendre perceptible cette partie cachée qui questionne notre perception et notre rapport à la nature.

“René Char disait que le noir renferme l’impossible vivant”, poursuit l’artiste. Aquarelles, carnets de croquis, encres de Chine : la soixantaine d’œuvres présentées, dont la moitié créées spécialement pour l’exposition, témoignent de cette fragilité du monde alpin et de sa magnifique diversité.

Une belle invitation à la regarder autrement et à la respecter.

 

Encart

Pratique

Éric Alibert, Calligraphies alpines, du 10 juillet au 15 novembre au musée de l’Ancien évêché, 2 rue Très-Cloîtres, à Grenoble.

Entrée libre, tous les jours, sauf le mercredi matin.

Horaires sur ancien-eveche-isere.fr

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Véronique Granger
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