GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

QUENTIN SILVIN, DORIAN COMMANDEUR ET ANTHONY CIPRO

 

> LE SENS DU CHALLENGE

Par Sandrine Anselmetti


Leur goût de la compétition et leur motivation les ont menés loin.

Dorian Commandeur, 20 ans, Anthony Cipro et Quentin Silvin, 18 ans, viennent d’intégrer l’académie du groupe automobile BMW, en région parisienne, pour suivre une formation entièrement financée par la marque, avec à la clé leur embauche et de belles perspectives d’évolution dans l’entreprise.

Seuls 20 des meilleurs apprentis en France peuvent intégrer cette école chaque année. Le « Graal » pour ces jeunes nord-isérois passionnés de mécanique.

Tout a commencé il y a quelques mois, lorsque les trois élèves en terminale bac pro maintenance automobile à la maison familiale et rurale (MFR) Le Chalet, à Saint-André-le-Gaz, ont été sélectionnés pour participer au Challenge BMW, un concours national, véritable vivier de recrutement de futurs techniciens qualifiés.

Vainqueurs de la demi-finale Auvergne-Rhône-Alpes, ils ont terminé seconds lors de la finale nationale en mai dernier, à seulement 0,5 point (sur 200 !) du trinôme victorieux.

Repérés par des chasseurs de têtes, ils ont ensuite passé des tests lors d’une journée de recrutement BMW.

“Il n’y avait que trois places dans la région et ils ont été pris tous les trois. C’est une année exceptionnelle pour notre MFR !”, souligne avec fierté Thierry Tripier-Merlin, le formateur qui les a accompagnés tout au long des défis et qui permet chaque année à des élèves de participer au challenge.

Un beau parcours pour ces jeunes, de l’alternance à l’excellence.

 

 

BERNARD MURE-RAVAUD

 

> L'ISÈRE SUR UN PLATEAU DE FROMAGES

Par Annick Berlioz


Qui ne connaît pas Bernard Mure-Ravaud ?
 
Parmi les 22 fromagers meilleurs ouvriers de France, ce Grenoblois de 54 ans, sacré meilleur fromager du monde en 2007, est avec Christel-Jacques Moiroud, l’artisan de La Descente des alpages, une fête gastronomique qui se déroule chaque année le deuxième samedi d’octobre au cœur de Grenoble.
 
Dans la rue de Strasbourg et sur la place de Metz, une vingtaine d’éleveurs présentent leurs vaches (Villardes, Tarines, Abondances, Hérens) et leurs chèvres descendues des quatre massifs de l’Isère.
 
Au menu, ateliers culinaires, dégustations de fromages et découverte de leurs secrets de fabrication. “De par la richesse de ses pâturages, l’Isère est une terre de fromages. De l’emblématique saint-marcellin au bleu du Vercors-Sassenage, en passant par la tome de Belledonne et le crottin de chèvre aux noix, il existe des centaines de variétés, explique Bernard Mure-Ravaud. L’idée est de s’appuyer sur une tradition ancestrale pour valoriser ce produit très apprécié des gourmets auprès des petits citadins.”
 
La prochaine édition se déroulera 14 octobre prochain. Plus de 5 000 visiteurs sont attendus à cette belle fête de terroir !
 
 

 

HERVÉ KOUYOUDJIAN

 

> LADY, POUR TROUVER CHAUSSURES À SON PIED

Par Sandrine Anselmetti


Il est l’un des deux derniers fabricants de chaussures en Isère.

Hervé Kouyoudjian, 51 ans, est le dirigeant de l’entreprise Lady, à Charnècles, qui produit 8 000 paires de chaussures par an.

Des modèles confectionnés artisanalement et 100 % isérois. Dans cet atelier, pas d’ordinateur ou de robots, mais des emporte-pièces, des machines à coudre et la bonne odeur du cuir. “Les peaux arrivent et ensuite tout est fait ici de A à Z : coupe, piquage, assemblage, finition… Il faut jusqu’à 240 opérations manuelles pour réaliser une chaussure”, explique Hervé.

Du dessin à la commercialisation, en passant par la production, ce passionné, formé au lycée technique de Romans, il a tout appris dans l’entreprise créée par son père en 1957, pour fabriquer des après-skis.

Aujourd’hui, Hervé, son épouse et leurs cinq salariés misent sur des chaussures pour femmes « ultraconfort » : des modèles d’été et des modèles fermés avec semelles amovibles – que l’on peut remplacer par des semelles orthopédiques.

Ils confectionnent aussi des chaussures sur mesure pour les personnes ayant de grandes difficultés à se chausser et des chaussures postopératoires, en sous-traitance pour un groupe pharmaceutique.

Hervé commercialise ses modèles dans son magasin d’usine, à Charnècles, et via un réseau national de 120 distributeurs indépendants, qui apprécient la qualité de la marque.

“Fabriquer des chaussures en France demande de la conviction et de la créativité, souligne Hervé. Nous nous battons pour préserver notre savoir-faire.”

 

 

SANDRINE DELEGUE

 

> ELLE FABRIQUE VOTRE PROPRE JUS DE POMMES

Par Richard Juillet


Habiter route de l’Alambic alors qu’on exerce, en autres, la profession de distillateur, ça ne se s’invente pas !
 
Au Mottier, petit village près de La Côte-Saint-André, Cédric Moyroud et Sandrine Delegue, sa conjointe, distillent chaque année les fruits fermentés qu’on leur apporte entre novembre et décembre pour en faire de l’eau-de-vie. Ils disposent aussi d’un alambic ambulant qu’ils installent à Biol, Sérézin-de-la-Tour et Eclose-Badinières.
 
Doubles actifs, ils viennent d’ajouter une nouvelle corde à leur arc  : le jus de pomme à façon. « A la campagne, beaucoup de gens ont des pommes sans pour autant toutes les consommer. Certains les ramassent même pour les porter à la déchetterie alors qu’ils pourraient les faire presser et consommer leur propre jus », souligne Sandrine.
 
Sauf que les presseurs à façon sont pour la plupart implantés dans la vallée du Rhône ! Pas simple donc… 
 
Pour raccourcir les distances et promouvoir le concept « C’est moi qui l’ai fait », le couple a investi dans une petite ligne de production et propose jusqu’à fin octobre, de presser, pasteuriser et mettre en bouteille toutes les pommes qu’on leur apportera.
 
« Comme pour la distillation, la transformation des pommes en jus est un événement que l’on peut vivre en famille et surtout, quel gaspillage évité ! »,  poursuit Sandrine.
 
Quant aux modalités pratiques, elles sont simples : les pommes doivent être lavées, triées et répondre à un volume minimal.
 
Pour information, il faut environ 1,8 kg de pommes pour fabriquer 1 litre de jus. 
 
Contact : 06 86 74 29 64
 
 
 

 

JOSEPH-PAUL MESSINA

 

> LE DESSIN DANS LA PEAU

Par Richard Juillet


“D’une passion, le dessin, j’ai fait mon métier et plus encore…”
 
À 63 ans, Joseph-Paul Messina a toujours bonne mine. Un jeu de mots facile pour présenter cet homme qui, durant toute sa carrière professionnelle, a travaillé un crayon à la main !
 
Que ce soit comme collaborateur d’architecte puis, plus tard, comme chargé d’opérations au Département, veillant sur les ouvrages d’art et les bâtiments culturels de la collectivité. Le plan, la perspective, il connaît ! 
 
Cette passion lui a été transmise à l’âge de 15 ans par Yves Deshairs, son professeur de dessin en établissement professionnel. “Comme il enseignait aussi à l’école des beaux-arts de Grenoble, je l’ai suivi en cours du soir. J’ai ainsi appris à travailler le portrait, le modèle vivant, la perspective architecturale, mais aussi la gravure à l’eau-forte.” 
 
Depuis, il vole de ses propres ailes, exposant régulièrement ses œuvres dans toute la France, collectionnant les distinctions. Avec une marque de fabrique : le drapé, cette technique spectaculaire qui demande patience et minutie.
 
“Il m’a fallu une dizaine d’années pour trouver le bon trait, la bonne touche, la bonne écriture, explique-t-il. Mais aujourd’hui, rien ne m’effraie.”
 
Pour preuve, il prépare à l’horizon 2019-2020 une exposition d’une cinquantaine de dessins ainsi qu’un ouvrage sur le patrimoine bâti du département de l’Isère : ses monuments emblématiques, ses châteaux, ses musées… Et tout à l’encre de Chine !
 
Entre-temps, vous pourrez découvrir son travail à Grenoble, où une quarantaine de ses œuvres sont exposées du 4 au 28 octobre chez Arthaud : graphite, sanguine, encre et gravures.  
 
 
 

MARTINE ET FRANÇOIS GASPARI

 

> LES DERNIERS BOUQUINISTES

Par Véronique Granger


“Notre plus grand plaisir… c’est d’acheter des livres !”, confessent Martine et François Gaspari, gérants de La Bouquinerie, à Grenoble.
 
Depuis trente-huit ans que le couple a repris la librairie (créée en 1953), la passion ne les a jamais quittés : les 27 mètres carrés ne désemplissent pas avec ces hautes piles de livres, toujours renouvelés, qui grimpent au plafond !
 
De l’incunable (imprimé avant le XVIe siècle) à l’édition originale clandestine du Silence de la mer, de Vercors, au dernier livre de poche, en passant par les livres d’art neufs à prix réduit ou le manuel philosophique, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. “Cette diversité nous permet d’attirer aussi bien des jeunes que des bibliophiles”, précisent-ils.
 
Comme chez un antiquaire, ces ouvrages sont tous en un seul exemplaire, acquis auprès des particuliers ou aux enchères – les Gaspari se déplacent à domicile pour des expertises. “Quand nous avons démarré, nous étions douze à faire ce métier sur Grenoble. Aujourd’hui, je crois bien que nous sommes les derniers. Et nous sommes sûrement en voie de disparition.”
 
Avec Internet, de fait, les ouvrages rares se négocient désormais à l’échelle de la planète.
 
Parmi les premières à ouvrir boutique sur la toile dès 1998, La Bouquinerie vend elle-même régulièrement à l’étranger. “Mais ce qui fait la plus grande richesse de ce métier, plus encore que les livres, ce sont les rencontres. Même si, bien sûr, on a aussi besoin de vendre pour pouvoir continuer à acheter !”
 
Contacts : La Bouquinerie, 9 boulevard Agutte-Sembat ; 04 76 46 15 32.
 
 

 

Publié le : 
09 septembre 2017