BELLES

À CROQUER

Terroir

Croquantes, juteuses, sucrées, acidulées, rouges, jaunes, grises ou vertes, les pommes du Pays roussillonnais, premier producteur d’Auvergne-Rhône-Alpes, contribuent à l’identité du terroir.

Par Marion Frison

  • Robert Juillet, arboriculteur à Ville-sous-Anjou.

 

> LEUR HISTOIRE
 

Enracinée depuis des siècles dans le Pays roussillonnais, la tradition fruitière s’est accentuée après la destruction du vignoble par le phylloxéra en 1865.
 
Les pêchers ont tenu le haut du panier jusqu’à ce qu’une bactériose conduise les arboriculteurs à les arracher, dans les années 1960, et à planter des pommiers. 
 
Premier verger de l’Isère, le Pays roussillonnais est aujourd’hui le premier producteur de pommes d’Auvergne-Rhône-Alpes. L’essentiel est vendu en grande distribution ou à l’exportation dans les pays nordiques, en Europe de l’Est, en Asie et dans les Émirats arabes unis.. 
 
 

> LEURS VARIÉTÉS
 

Les arboriculteurs cultivent une quinzaine de variétés dominantes, dont la royal gala, la golden et la granny-smith, mais aussi la redchief, la braeburn, la fuji ou encore la tentation, une pomme d’exception délicate à produire.

La sélection des variétés permet de répondre aux attentes des consommateurs et d’échelonner la cueillette d’août à fin novembre.

 
 

> LEUR TERROIR
 

Situé à l’extrémité nord-ouest de l’Isère, à la frontière des départements du Rhône, de la Loire, de l'Ardèche et de la Drôme, le Pays roussillonnais ouvre les portes de la vallée du Rhône. La douceur de son microclimat et la nature de son sol sablo-limoneux sont propices à l’arboriculture. 

 
 

> LEUR CULTURE
 

“De la taille des arbres à la cueillette, en passant par l’éclaircissage, qui consiste à ajuster le nombre de fruits au potentiel de l’arbre, la culture des pommes exige une grande technicité”, explique Robert Juillet, arboriculteur à Ville-sous-Anjou, qui cultive 25 hectares de pommiers.

Pour lui, l’important est de cueillir les fruits à parfaite maturation. Leur qualité gustative, leur aspect et leur bonne conservation en dépendent.

Autre difficulté, les pommiers craignent le gel et les fortes chaleurs, qui empêchent les fruits de grossir.

Pour soutenir les arboriculteurs et contribuer à la protection des vergers, le Département finance l’installation de filets antigrêle. Il y consacrera 100 000 euros cette année. 

 

REPÈRES

 

> OÙ LES TROUVER ?

  • Au marché aux fruits de Chanas (jusqu’à la mi-septembre). 04 74 84 21 54. 
  • Dans les magasins de producteurs.
    • Prim’arché, Chonas-l’Amballan. 09 67 24 03 27. 
    • Le Mussi, Le Péage-de-Roussillon. 04 74 86 75 51.

(Liste non exhaustive).

ZOOM

pommes-iseremag-2cdr.jpg

 20 CENTIMES POUR LE PRODUCTEUR ! 

 
Un kilo de pommes vendu 2 ou 3 euros au consommateur est payé entre 0,18 et 0,20 euro au producteur.
 

Pour Robert Juillet, il faudrait au minimum 0,40 euro pour que la production soit viable. “La réglementation phytosanitaire française et le coût de la main-d’œuvre ne nous permettent pas d’être compétitifs. Il faut harmoniser les exigences au niveau européen. La survie de nos vergers en dépend”, explique-t-il. 

 

>  UN DÉFICIT DE NOTORIÉTÉ

 

Les pommes du Pays roussillonnais souffrent aussi d’un déficit de communication. “Bien que d’excellente qualité, elles n’ont pas acquis une notoriété nationale, contrairement aux pommes de Savoie, protégées par une IGP, ou à celles du Pilat. Nous pourrions capitaliser sur la marque Alpes Is(h)ere pour rattraper ce retard”, affirme Jérôme Jury, arboriculteur à Saint-Prim.

 

Publié le : 
09 septembre 2017