Vitis Vienna

vignoble ressuscité

Terroir

Situé le long du Rhône sur les communes de Seyssuel, Vienne et Chasse-sur-Rhône, le vignoble Vitis Vienna renaît de l’oubli grâce une poignée de viticulteurs dénicheurs de grands terroirs. Des vins de qualité qui pourraient bientôt décrocher une AOC.

Par Sandrine Anselmetti

  • Damien Robelet et Jérôme Ogier, vignerons-éleveurs à Seyssuel, sont membres de l’association Vitis Vienna (©J.-S. Faure)

 

> SON HISTOIRE

 
L’origine du vignoble Vitis Vienna remonte à l’époque gallo-romaine. Vienne est alors la capitale des Allobroges et la réputation de ses vins dépasse largement ses frontières. Des auteurs antiques, tels que Plutarque ou Pline l’ancien, en mentionnent déjà la qualité.
 
Au Moyen Âge, les vignes appartiennent essentiellement à des communautés religieuses qui font prospérer la production de vin. Au XIXe siècle, à Seyssuel, le vignoble (une centaine d’hectares) représente la source principale de revenus de la commune. Malheureusement, il est ensuite dévasté par le phylloxera.
 
Durant la Première Guerre mondiale, les femmes devant remplacer les hommes dans les vignes, les coteaux sont abandonnés au profit de parcelles plus faciles à exploiter. S’en suivent l’exode rural et l’industrialisation, avec le départ des paysans dans les raffineries et les sites de chimie de la vallée du Rhône.
 
Il faudra attendre 1996 pour que trois vignerons de la rive droite du Rhône, Yves Cuilleron, Pierre Gaillard et François Villard, déjà producteurs de Côte-Rôtie, Condrieu ou Saint-Joseph, découvrent les vestiges de cette “pépite” enfouie sous les ronces. Ils décident de faire renaître ce vignoble. Les premiers raisins sont vendangés en 1998. Ils sont ensuite rejoints par d’autres viticulteurs et créent ensemble l’association Vitis Vienna en 2004.
 
> SON TERROIR
 
Epousant les courbes du Rhône, les vignes en coteaux surplombent le fleuve sur sa rive gauche. Exposées sud/sud-ouest, elles bénéficient d’un très bon ensoleillement et gardent la chaleur tard dans la journée. C’est le plus septentrional des vignobles de la région… et pourtant il y fait très chaud.
 
La vallée du Rhône étant particulièrement étroite à cet endroit, les vignes bénéficient d’une aération optimale. Soleil, réverbération, vents : dans ce microclimat, le vignoble profite de conditions exceptionnelles.
 
Sa géologie accentue aussi sa typicité, avec des sols d’une grande minéralité, essentiellement constitués de schistes et de gneiss. Un terroir remarquable qui confère à Vitis Vienna les qualités d’un grand vignoble et une identité propre.
 
> SA PRODUCTION
 
Les vignerons s’attachent à produire du vin de qualité : choix des parcelles, faible rendement, travail manuel dans les vignes, sélection du raisin, cuvaison et élevage longs…
 
Un vin d’une finesse et d’une subtilité élevées, qui mérite d’être expliqué et connu des consommateurs, notamment étrangers.
 
Plus d'informations sur www.vitisvienna.com
 
 

LES CHIFFRES CLÉS

  • 14 producteurs

  • 40 hectares de vignes

  • 1 000 hectolitres par an dont 30 % exportés

  • 2 cépages, syrah et viognier

  • Photo : J.-S. Faure

 ZOOM 

LA PERSPECTIVE DE L'AOC

Les viticulteurs de l’association Vitis Vienna travaillent à obtenir l’Appelation d’origine contrôlée (AOC) Côtes du Rhône. Le dossier est désormais porté par le syndicat des Côtes-du-Rhône, qui souhaite étendre sa zone d’appellation plus au Nord, jusqu’à Chasse-sur-Rhône : un vrai "plus" qui atteste de la qualité des vins viennois.

L’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), qui délivre l’AOC, devrait bientôt envoyer des experts sur place. Les vignerons espèrent que la démarche aboutira d’ici un à deux ans.

L’AOC apporterait de la notoriété à leurs vins, une ouverture à l’export et une dynamique touristique au plan local entre vin, gastronomie et patrimoine du Pays viennois. L’objectif à terme : être un grand cru, aussi reconnu que le Condrieu ou le Côte-Rôtie sur la rive droite du Rhône.

EN IMAGES

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Damien Robelet et Jérôme Ogier, vignerons-éleveurs, exploitent le domaine Les Serines d’Or, à Seyssuel (© J.-S. Faure)
Ils produisent du rouge (cépages syrah ou serine, merlot), du blanc (viognier) et du rosé (syrah) (©J.-S. Faure)
Des vins appelés ContrefOr, EmphyteOr, EncOr, EclOr ou Jad’Or (© J.-S. Faure)
Publié le : 
09 septembre 2016