AU FOND

DU GOUFFRE !

A fond

Si notre département compte une vingtaine de clubs de spéléologie et de nombreuses grottes ou scialets à explorer, il n’existait pas d’école pour se former à cette discipline. Avec Spéléo Campus, à Crolles, c’est fait !

Par Richard Juillet
 

  • L’objectif de l’école : des élèves autonomes dans leur pratique au bout d’un an… 
  • Cyrille Mathon, spéléologue, fondateur de Spéléo Campus

 

L’Isère est, depuis les années 1950, un département pionnier en matière de spéléologie avec des figures comme Joseph Berger, qui a découvert le gouffre qui porte désormais son nom.

Pourtant, il n’existait, jusqu’en 2012, aucune école pour apprendre les bases de cette activité pluridisciplinaire. « La spéléologie n’est pas qu’un sport, précise Cyrille Mathon, car elle conjugue à la fois activité physique et culture scientifique, l’hydrogéologie, notamment. Et comme il n’y a ni compétition, ni entraîneur, ni entraînement, le néophyte apprend sur le tas, généralement dans un club, au contact des spéléologues les plus aguerris. »
 

> UNE ÉCOLE POUR APPRENDRE LES BASES

Pour pallier ce manque et ouvrir la pratique au plus grand nombre, il a créé, il y a quatre ans, l’association Spéléo campus, avec le soutien du Comité départemental de spéléologie et du Département de l’Isère.

Depuis, la structure, installée à Crolles avec l’aide de la municipalité, a pris son envol. Au rythme d’une quinzaine de sorties échelonnées sur l’année, Cyrille et ses moniteurs brevetés d’Etat, Fabien et Sébastien, emmènent leurs élèves — de 7 à 77 ans — par groupe de huit à la découverte du milieu souterrain dans les massifs de la Chartreuse et du Vercors.

> DEVENIR AUTONOME DANS SA PRATIQUE

Les premières sessions d’initiations se déroulent généralement à la grotte du Curé, à Saint-Pierre-d’Entremont, ou à celle des Eymards, à Lans-en-Vercors, idéales pour apprendre les bons gestes, les règles de sécurité et la progression avec corde, le rappel, notamment. « Peu à peu, on monte en puissance dans d’autres cavités, la Dent de Crolles ou le Clot  d’Aspres, à Villard-de-Lans, jusqu’à terminer par le « Graal », le gouffre Berger, poursuit Cyrille. L’objectif, c’est que nos élèves soient au bout d’un an autonomes dans leur pratique, afin d’organiser leur propres sorties ou rejoindre un club affilié à la Fédération. »

Et contrairement aux idées reçues, spéléologie ne rime pas forcément avec claustrophobie. Sous terre, on est bien plus souvent au large qu’à l’étroit : « Certaines salles du gouffre Berger font jusqu’à 80 mètres de largeur et 30 mètres sous plafond. On peut à peine les éclairer ! »

Quant aux qualités pour débuter, Cyrille les résume ainsi : « Le goût de l’aventure, la curiosité et l’envie d’aller voir… »  

 

Spéléo campus

CDS38

 

 LA SPÉLÉO EN IMAGES 

©Patrice Roth
©Patrice Roth
©Patrice Roth
©Patrice Roth
©Patrice Roth
©Patrice Roth
Publié le : 
11 novembre 2016