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SIDA :

CES SÉROPOSITIFS QUI S'IGNORENT

Santé

En France, 150 000 personnes vivent avec le VIH, dont 30 000 qui l’ignorent. La prévention et le dépistage sont plus que jamais au cœur de la lutte contre le virus.

Par Sandrine Anselmetti

  • L’équipe du Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) de Grenoble

 

Elles constituent la "face cachée" de l’épidémie. Aujourd’hui, en France, 30 000 personnes ignorent qu’elles sont séropositives. On estime entre 7 000 et 8 000 le nombre de nouvelles contaminations par an. « Les personnes dont l’infection n’est pas diagnostiquée sont à l’origine de 60 % des nouvelles contaminations », souligne le docteur Marianne Hauzanneau, chef du service Prévention santé publique au Département de l’Isère.

Le dépistage est donc un enjeu majeur de prévention : les personnes informées de leur infection protègent leur partenaire et limitent les comportements à risque.

Par ailleurs, une prise en charge médicale précoce permet d’éviter les complications de l’infection et son évolution vers le stade sida. « Une personne traitée dans les semaines qui suivent sa contamination a aujourd’hui une espérance de vie proche de la population générale, tout en conservant une bonne qualité de vie », souligne Marianne Hauzanneau.

Le traitement antirétroviral est aussi très efficace contre la transmission : dans 93 % des cas, les malades traités ne transmettent plus le virus.
 

> DE NOUVEAUX OUTILS DE PRÉVENTION

A l’heure actuelle, les acteurs de la lutte contre le sida parlent de "prévention combinée" : « L’utilisation du préservatif permet de se protéger et de protéger les autres, le dépistage de savoir si on est infecté quand on a pris un risque et les traitements d’éviter la transmission du VIH », explique Marc Brisson, coordinateur du Pôle VIH Isère.

Le traitement post-exposition (TPE), par exemple, peut être donné en urgence après une prise de risque (rapport non protégé, rupture du préservatif…).

L’objectif : stopper l’infection dans les toutes premières heures. « Pour être efficace, le traitement, délivré uniquement dans un centre hospitalier, doit être pris dans un délai de 48 h maximum et durant 28 jours », poursuit Marc Brisson.

Côté dépistage, l’offre s’est diversifiée ces dernières années : en plus de l’analyse de sang classique, il existe le test rapide d’orientation diagnostique (Trod)qui nécessite seulement le prélèvement d’une goutte de sang au bout du doigt et donne un résultat en 15 minutes –, à faire dans une association ou en centre de dépistage.

Autre nouveauté : l’autotest, vendu en pharmacie, pour se tester soi-même. En Isère, le Département assure la gestion de trois centres de dépistage gratuits. « Nous menons aussi des actions de dépistage "hors les murs", au plus près des Isérois en proposant, notamment, le Trod, explique Magali Guillot, vice-présidente du Département déléguée à la santé. Cette action de proximité est fondamentale pour toucher le plus grand nombre et en l'absence de vaccin, la prévention demeure plus que jamais une priorité ! »

 

 L'AUTOTEST VIH EN VIDÉO 

 

> AUTOTEST VIH, LE DÉPISTAGE À DOMICILE

Pratique, rapide, discret. Disponible depuis 2015, l’autotest est vendu en pharmacie sans ordonnance (25 à 30 euros, non remboursables), sous forme d’un kit à usage unique qui peut être utilisé à domicile, en toute discrétion.

Réalisé sur une goutte de sang prélevée au bout du doigt, il donne un résultat en 15 minutes. Un résultat négatif ne peut être fiable que s'il n'y a pas eu de prise de risque au cours des trois mois précédents.

En cas de résultat positif, toujours faire un test de confirmation sur prise de sang. S’adresser à un médecin, un centre de dépistage ou à une association de lutte contre le sida.

 

 REPÈRES 

 >  TROIS CENTRES DE DÉPISTAGE GRATUITS EN ISÈRE

Le Département de l’Isère assure la gestion de trois Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), à Grenoble, Bourgoin-Jallieu et Vienne.

 Ils proposent des consultations et des tests de dépistage du VIH, des hépatites B et C et des autres infections sexuellement transmissibles (IST), et une prise en charge médicale pour les IST (chlamydia, gonocoque, syphilis…).

  • Grenoble : Centre départemental de santé, 23 avenue Albert 1er de Belgique, 04 76 12 12 85.
  • Bourgoin-Jallieu : Cegidd / Maison du territoire Porte des Alpes, 18 avenue Frédéric Dard, 04 26 73 05 08.
  • Vienne : Cegidd, 10 rue Albert Thomas, 04 81 34 00 50.
Publié le : 
11 novembre 2016