GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère
  • A 37 ans, la licenciée du Lyon Athlétisme, originaire de Colombe, en Isère, a enfin accédé au podium olympique
  • Mélina Robert-Michon aux J.O de Rio.

MÉLINA ROBERT-MICHON
 

> DISQUE D'ARGENT !

Par Sandrine Anselmetti


Elle a fait vibrer le cœur des Français, en atteignant son rêve olympique. A 37 ans, pour sa 5e participation aux J.O, l’Iséroise Mélina Robert-Michon a remporté la médaille d’argent du lancer du disque, à Rio. Une médaille qui vient récompenser une carrière exceptionnelle, déjà marquée par une médaille d'argent mondiale en 2013 et européenne en 2014.

La lanceuse native de Colombe, près du Grand-Lemps, a construit son palmarès marche par marche : « 8e à Pékin, 5e à Londres, 2e à Rio… Ça a pris du temps, mais ça valait le coup d’attendre ! », se réjouit la discobole d’1,80 m pour 83 kg. 20 ans de travail, de répétition technique et physique, 20 ans de progrès, saison après saison…

L’aventure a commencé au collège pour Mélina. Elle y découvre la discipline « par hasard », tandis que son professeur de sport repère son potentiel et son gabarit – elle mesure déjà 1,73 m à 13 ans. Une fois au lycée, elle s’inscrit au CSBJ Athlétisme (sous-section de La Côte-Saint-André). Le disque la séduit par son côté complexe et la finesse technique à acquérir.

A 19 ans, elle devient vice-championne du monde junior. A 21 ans, elle participe à ses premiers J.O, à Sydney. «  Après ceux de Pékin en 2008, où j’ai fini 8e, j’ai décidé d’arrêter mon travail dans l’armée pour pouvoir rivaliser avec des athlètes professionnelles », explique Mélina. Un choix qui a payé : à Rio, elle a réalisé le meilleur lancé de sa carrière (66,73 m).

Loin d’être rassasiée, Mélina pense déjà aux prochains championnats du monde et d’Europe, en 2017 et 2018. Quant aux J.O de Tokyo en 2020, elle ne se prononce pas : « Après Londres, j’avais dit que ça serait mes derniers Jeux. Cette fois-ci, je suis prudente…»

  • Cavalier, danseur ou contorsionniste, Hassen Bouchakour excelle dans le dressage d’animaux…
  • …animaux domestiques, chevaux mais aussi rapaces.

HASSEN BOUCHAKOUR
 

> LE DRESSAGE DANS LA PEAU !

Par Richard Juillet


« C’est un cadeau que je voulais faire à la ville où j’ai grandi. Un cadeau de retour. » Après avoir passé plus de dix ans à parcourir le monde pour ses spectacles et ses compétitions équestres, Hassen Bouchakour est revenu à Vinay en début d’année avec l’idée de créer un show pour sa ville de cœur. « J’ai réuni des artistes et amis qui travaillent avec moi, musiciens, danseurs, chanteurs, artificiers, sportifs… et en quatre mois, on a monté Les Féeries de Montvinay », explique-t-il. Le spectacle, qui a eu lieu en juin dernier, a connu un véritable succès avec plus de 1 200 personnes en gradin !

Tour à tour cavalier, fauconnier, danseur ou contorsionniste, c’est dans le dressage qu’Hassen excelle vraiment. Celui des rapaces et des chevaux — comme Peyo, son étalon préféré — mais aussi plus étonnamment, celui d’animaux domestiques, lapins, perruches et autres chèvres qu’il introduit dans ses spectacles.

« Depuis tout petit, j’ai une réelle complicité avec les animaux. Avec ma mère, on recueillait et requinquait toutes sortes de bêtes malades ou éclopées. Plus tard, alors que j’étais garçon de ferme à La Rivière tout en allant au collège, un marchand de chevaux m’a enseigné les rudiments du dressage sans violenter l’animal. Cet apprentissage m’a permis d’être encore plus proche d’eux et de les guider, terme que je préfère à dresser. »

Pour l’heure, avec ses complices de l’association Cavale féerie, il prépare, pour les fêtes de Noël, une célébration interreligieuse pour la paix qui se déroulera le 4 décembre en l’église de Vinay, avec un invité de marque,  Safwan Kenani, premier violon au Philharmonique de Jérusalem, natif de…Nazareth.

 

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  • Isabelle Millet, directrice de Primotour.

ISABELLE MILLET
 

> DES BRAS POUR LES START-UP !

Par Véronique Granger


Les start-up technologiques sont légion en Isère. Malgré leur potentiel, très peu parviennent à dépasser le cap des dix salariés et du million d’euros de chiffre d’affaires. « C’est un cercle infernal : sans chiffre d’affaires, il leur est impossible de recruter. Et faute de personnel, elles ne peuvent pas passer au stade industriel », constate Isabelle Millet, directrice de Primotour, à Grenoble.

Après douze années passées au Département de l’Isère puis au pôle de compétitivité Minalogic à conseiller et côtoyer les créateurs et à pousser les projets, cette experte a décidé de passer de l’autre côté de la barrière et de créer sa start-up, avec une solution originale : « Dans la région, nous avons 40 sociétés de services en informatique (SSII), qui disposent de ressources humaines très importantes et très pointues. Le marché des start-up est un relais de croissance pour elles. Je leur propose de placer des équipes à crédit pendant un an dans des entreprises pré-sélectionnées pendant un an, avec des garanties bancaires. Elles seront remboursées en numéraire ou sous forme de participation au capital. Un système gagnant-gagnant ! »

Forte du soutien de deux SSII iséroises, de quatre banques et de partenaires institutionnels (dont l’AEPI, la Chambre de métiers, la Métro, l’Etat…), Primotour a signé son premier contrat avec Motion Recall, une jeune pousse issue du CEA qui devrait révolutionner le monde de la réalité virtuelle.

  • Patrice Doat

PATRICE DOAT
 

> UN BATISSEUR LES PIEDS SUR TERRE !

Par Sandrine Anselmetti


« Bâtir avec ce que l’on a sous les pieds » et « transmettre en rendant les étudiants heureux » : voilà ce qui anime l’architecte-chercheur isérois Patrice Doat depuis 40 ans.

A 69 ans, ce fervent militant de la construction en terre et de la pédagogie créative est lauréat du "Global award for sustainable architecture" 2016, un prix international qui récompense les démarches innovantes en matière d’architecture durable.

Durant toute sa carrière, cet habitant de Brié-et-Angonnes n’a eu de cesse de promouvoir « le plus humble et omniprésent des matériaux naturels de construction », comme levier de développement. Il est l’un des co-fondateurs du laboratoire Craterre, créé à l’école d’architecture de Grenoble en 1979.

« A l’époque du tout-nucléaire et du tout-béton, c’était un pari fou ! Il a fallu se battre », se souvient-il. Aujourd’hui, Craterre est une référence mondiale, qui a essaimé ses connaissances dans plus de 40 pays. Parmi ses nombreuses réalisations : le quartier du Domaine de la terre, à Villefontaine, unique en Europe, ou encore la construction de 20 000 logements sociaux à Mayotte.

Patrice Doat a aussi initié la création des Grands Ateliers , à l’Isle d’Abeau, un pôle novateur d’enseignement et d’expérimentation à l’échelle réelle, forme hybride entre l’école, le laboratoire et l’usine. « Le but, c’est une pédagogie de la découverte, centrée sur le "faire", l’étonnement et l’amusement », explique-t-il. De quoi susciter, face aux défis de l’écoconstruction, la créativité des architectes de demain.

 

LA VIDEO

  • Jean-François Manent, distillateur à Corps.
  • Jean-François Manent, créateur de la Salettina.

JEAN-FRANÇOIS MANENT
 

> DES LIQUEURS À L'ANCIENNE

Par Annick Berlioz


« Nos montagnes regorgent d’espèces végétales comme la lavande sauvage, l’origan et l’hysope qui ont toujours fait le bonheur des liquoristes », explique Jean-François Manent, 68 ans, distillateur à Corps.

Installé dans la maison natale de Maximin Giraud, l’un des deux témoins de l’apparition de la Vierge, qui fabriquait, en son temps, la liqueur de la Salette, il concocte une dizaine de délicieux élixirs, dont la Salettina, une liqueur à base de 20 plantes de montagne qui a donné son nom à l’entreprise artisanale créée par son père en 1955. Elle se décline en trois couleurs : la jaune (40°), la verte (45°) et la blanche (50°).

En 1978, Jean-François reprend le flambeau avec son épouse, fidèle à la tradition. « Les plantes sont cueillies durant l’été à la main dans le massif du Beaumont et de La Salette. Mises à sécher, elles macèrent durant trois à quatre jours avant d’être distillées dans un alambic en cuivre vieux de 100 ans. De là, sort un alcoolat de 80°, qui sera additionné d’alcool surfin, de sucre blanc et de miel. Un an plus tard, la liqueur est filtrée dans un cône en coton puis embouteillée. »

Entre le ramassage et l’embouteillage, il faudra près de trois ans ! Outre la Salettina, Jean-François fabrique aussi du génépi des Alpes et de savoureux apéritifs.

Contact : 06 80 25 44 09

  • Monica Belorgey

MONICA BELORGEY

 

> FRAISE OU CHOCOLAT ? L'ITALIE AU PAYS D'ALLEVARD

Par Corine Lacrampe


Difficile de cacher ses origines. Monica Belorgey parle avec un charmant accent chantant, vite et avec les mains, et surtout, elle fabrique des glaces artisanales comme seuls les Italiens savent les faire : onctueuses, fondantes, savoureuses. Monica a ouvert sa petite affaire en 2014, à l'enseigne de Il Gelato di Monica.

En été, on fait la queue devant son stand sur le marché d'Allevard ou celui de Moretêl-de-Mailles. On la repère à son triporteur Ape Piaggio, référence de tous les artisans d'Italie. Le sien est customisé vert pomme et rose bonbon. 

Alors sorbet ou crème glacée ? Sureau, citrouille, citron-basilic ou pêche de vigne ? On peut aussi faire provision de glaces au magasin-laboratoire installé au rez-de-chaussée de sa maison de Crêts-en-Belledonne. 

Au fil des saisons, la carte évolue. En fin d'année, en alternative à la buche glacée, Monica concocte des panettones fourrés à la glace.

Et lorsque les dernières poires et les kakis ont déserté les marchés, elle prépare des glaces exotiques : ananas, mangue, passion, citron vert... Rendez-vous sur Facebook pour découvrir les parfums de la semaine.

Contact : 06 29 90 18 86

Il Gelato di Monica

Publié le : 
11 novembre 2016