SAINT-ANDRÉ :

LE CLOCHER RESTAURÉ

Notre histoire

Après deux ans de travaux, la collégiale Saint-André, à Grenoble, a retrouvé fière allure avec son clocher entièrement restauré. Bâtie au XIIIe siècle, elle est l’un des rares édifices encore intacts à nous relier directement avec l’ancienne Province du Dauphiné et ses princes oubliés, Guigues VI ou encore Humbert II.

Par Richard Juillet

  • La collégiale Saint-André avec le Vercors en arrière-plan.
  • La construction de la collégiale a été décidée vers 1228 par le dauphin Guigues VI-André
  • Son clocher, désormais restauré, s’élève à 56 mètres de hauteur

Ce n’est pas le monument qui saute spontanément aux yeux lorsque l’on arrive place Saint-André, à Grenoble. La statue de Bayard mais surtout l’ancien Palais du Parlement du Dauphiné s’offrent plus facilement à la vue.

Pourtant, en tournant la tête, elle apparaît dans toute sa… sobriété, avec ses murs en briques et son clocher ceint de quatre clochetons. Seule fantaisie, une bande lombarde fait le tour de l’édifice.
 

> SON HISTOIRE

Distante d’une centaine de mètres de la cathédrale Notre-Dame, sa construction a été ordonnée, vers 1228, par le dauphin Guigues VI André pour offrir un lieu de sépulture à sa dynastie et affirmer son autorité vis-à-vis de l’évêque de Grenoble, co-seigneur de la ville. Elle aurait été bâtie sur une église déjà existante, dédiée aussi à saint André, et financée grâce aux dons de notables et d’ecclésiastiques dauphinois, mais aussi aux revenus des mines d’argent de Brandes, dans l’Oisans.

Achevée vers 1240 sans l’intégralité de son clocherson édification débutera en 1298 —, elle est administrée par un collège de 13 chanoines qui célèbrent les offices — d’où le nom de collégiale —, veillent au salut éternel des Dauphins et gèrent les biens qui leur ont été octroyés. En 1331, l’église est terminée avec un cloître qui donne sur l’actuelle place d’Agier et une flèche haute de 56 mètres.

Signe de son prestige, elle abrite les archives des Dauphins et les attributs de leur souveraineté : sceptre, sceau, anneau d’or, étendard de saint-Georges… Un trésor qui sera transféré à la basilique Saint-Denis après la cession du Dauphiné à la France, en 1349.

 

> D'ILLUSTRES PERSONNAGES

Le Dauphiné devenu Français, la collégiale et ses chanoines ne perdent pas pour autant de leur influence. Classée chapelle royale puis église du Parlement du Dauphiné, elle est dotée de deux chapelles à partir de 1370 et d’une horloge, en 1398, la première de Grenoble. En 1470, une troisième chapelle, celle du Suffrage, est élevée près du porche nord.

Jusqu’à la Révolution où elle fut désacralisée de 1793 à 1802, la collégiale a accueilli tous les rois de France, de Louis XI à Louis XIII en passant par François 1er et Henri IV. De 1616 à 1618, saint François de Sales y prêche régulièrement et quatre ans plus tard, c’est le duc de Lesdiguières, chef des Huguenots, qui se convertit au catholicisme. Des fresques, récemment découvertes derrière l’autel, auraient été peintes à cette occasion.
 

> SA RESTAURATION

Classé au titre des Monuments historiques en 1908, son clocher, quant à lui, n’avait pas fait l’objet de travaux depuis 1950, et régulièrement, des pierres se détachaient. En 2012, la Ville de Grenoble, propriétaire de l’édifice, l’Etat et le Département décident de procéder à sa restauration. Coût : 1,5 million d’euros. Après la pose de 60 tonnes d’échafaudages, les travaux débutent en 2014.

La maçonnerie, la taille des pierres et les sculptures sont confiées à l’entreprise Jacquet et la réparation des vitraux au maître-verrier grenoblois, Christophe Berthier.

Comme au temps des bâtisseurs de cathédrales, ces artisans-compagnons prendront le temps nécessaire pour remplacer chaque pierre, chaque sculpture, chaque pièce de verre du XIIIe siècle par sa sœur du XXIe.

Débarrassé depuis mai 2016 de sa gangue d’aluminium, le clocher réapparait aujourd’hui dans toute son authenticité.

Source : Le Saint-Denis des Dauphins. Gilles-Marie Moreau. Editions l’Harmattan.

 

LA RESTAURATION EN VIDÉO

  REPÈRES 

LE « SAINT-DENIS » DES DAUPHINS

Créée pour être la chapelle mais surtout la nécropole des princes dauphinois, la collégiale Saint-André fut malheureusement dévastée durant les guerres de Religions par les troupes protestantes du baron des Adrets.

Le 10 mai 1532, elles détruisirent les tombeaux sculptés en marbre de Mésage des Dauphins Guigues VI-André, fondateur de la collégiale, Jean II, Guigues VIII et Hugues de Faucigny, le fils d’Humbert I.

On ne retrouvera jamais leurs dépouilles.

  • L'orgue de la collégiale Saint-André à Grenoble.

 ZOOM

APRÈS LE CLOCHER, L'ORGUE...

Installé à partir de 1686, l’orgue de la collégiale fait actuellement l’objet d’une restauration portée par la Ville de Grenoble, la Fondation du Patrimoine, la Fondation du Crédit Agricole et l’Association pour la Renaissance des orgues de la collégiale Saint-André (Arocsa), présidée par maître Bruno Charnay, son organiste titulaire.

Ce grand relevage a été confié au facteur d’orgue Jacques Nonnet, de la manufacture Giroud successeurs, à Bernin. Pour rendre toute sa sonorité et son prestige au seul grand orgue symphonique de Grenoble, l’Arocsa a lancé une souscription publique avec la possibilité de dons en ligne. Cette réfection doit être achevée pour les fêtes de Noël.

  Contact : 04 76 72 02 93.

orgues.free.fr/standre

Le clocher, restauré entre 2014 et 2016
La bande lombarde
L’intérieur de la collégiale Saint-André
Le plan de la collégiale et ses différentes chapelles
L’un des quatre clochetons, lors de sa restauration
Détail de sculpture, taillé dans du tuf
Détail de sculpture, taillé dans du tuf
Détail de sculpture, taillé dans du tuf
Détail de sculpture, taillé dans du tuf
Publié le : 
11 novembre 2016