• Un sanglier

ALERTE

COLLISION !

Grandeur nature

Quatre ans après leur mise en service, les détecteurs de faune, installés par le Département dans la vallée du Grésivaudan et la cluse de Voreppe, ont démontré leur efficacité avec une réduction significative des collisions.

Par Richard Juillet

  • Les détecteurs de faune installés à Bernin sur la RD 1090, et à La Buisse, sur la RD 1075
  • Ils fonctionnent la nuit : de une heure avant le coucher du soleil jusqu’à une heure après son lever.

« Je ne souhaite à personne de prendre un chevreuil ou pire un sanglier de plein fouet ! Les conséquences peuvent être dramatiques et pas seulement pour l’animal », rappelle Fabien Mulyk, vice-président du Département chargé de l’environnement. 

En France, on estime à 40 000 chaque année le nombre de collisions entre des voitures et des cerfs, chevreuils ou sangliers, et à une trentaine le nombre de décès d’automobilistes et de motocyclistes !

Pour se nourrir et se reproduire, les grands mammifères n’hésitent pas, dès la nuit tombée, à reprendre possession de l’espace et à franchir les obstacles aménagés par l’homme.

Pour prévenir ce risque, garantir la sécurité routière tout en réduisant la mortalité des ongulés et cervidés, le Département s’est doté, en 2012, de sept détecteurs de faune installés en bordure d’axes routiers à fort passage d’animaux : la vallée du Grésivaudan, entre Belledonne et Chartreuse, et la cluse de Voreppe, entre Chartreuse et Vercors.
 

> 3 700 COLLISIONS ÉVITÉES

Ce dispositif, unique en France, financé, notamment, grâce à des crédits européens, repose sur un ensemble de caméras et de capteurs infrarouges sensibles aux différences de température. Si un animal entre dans leur champ de surveillance, il est immédiatement détecté. Un signal est alors déclenché sur des panneaux lumineux, indiquant à l’automobiliste une traversée imminente. Il peut ainsi réduire sa vitesse à 70 km/h et éviter la collision.

« Depuis leur mise en place, ce sont près de 3 700 alertes « Attention faune » qui sont lancées chaque année par ces appareils, soit autant de collisions évitées, se réjouit Fabien Mulyk. Nous étudions d’ailleurs la possiblité d’équiper d’autres axes accidentogènes en Isère, tout en poursuivant le travail engagé depuis 2008 en direction de la petite faune, micro-mammifères, reptiles et amphibiens… 

La nouveauté, c’est que le Département intégre désormais toutes ces données environnementales en amont de ses projets routiers, toujours en lien avec ses partenaires : les associations naturalistes comme la Ligue de protection des oiseaux, les chasseurs, les pêcheurs et le Symbhi* pour les milieux halieutiques. Ce qui permet d’intégrer les aspects environnementaux et d’en réduire les coûts. »

Dernier exemple en date, la réalisation à Entre-deux-Guiers d’un important passage à faune sous la RD 520, intégré dans les aménagements de voirie de la nouvelle distillerie des pères Chartreux. « Ces aménagements sont non seulement utiles aux animaux et à la biodiversité, mais participent aussi à l’emploi, souligne Fabien Mulyk. Car il faut bien les construire ! » 

* Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l'Isère

REPÈRES

Carte des détécteurs de faune

 

> OÙ SONT INSTALLÉS LES DÉTÉCTEURS DE FAUNE ?

  • A Chapareillan : RD 1090
  • Au Touvet : RD 1090
  • A La Buissière : RD 1090
  • A Bernin : RD 1090
  • Au Cheylas : RD 523
  • A La Buisse : RD 1075
  • A Saint-Quentin-sur-Isère : RD 1532

 EN IMAGES 

Article du Dauphiné Libéré — 9 septembre 2016
40 000 collisions sont recensées, chaque année, en France entre automobilistes, ongulés et cervidés
Les caméras et capteurs infrarouges permettent de détecter les animaux de la taille d’un lièvre jusqu’à plus grand
En cas de traversée imminente, un message « Attention faune » s’affiche sur les panneaux pour alerter l’automobiliste
Un blaireau s’aventurant de nuit dans un passage à petite faune
L’ouvrage, créé sous la route, attire aussi les hérons cendrés !
Publié le : 
11 novembre 2016