Aides sociales

vers le principe de réciprocité

Citoyenneté

Lors du vote de son budget 2016, le Département a adopté le principe de réciprocité pour toutes ses aides sociales. Le point avec Frédérique Puissat, première vice-présidente chargée de la famille, de l’enfance et de la santé.

Par Annick Berlioz

En quoi consiste le principe de réciprocité ?

Cette règle est déjà appliquée pour les personnes âgées en établissement qui bénéficient de l’aide sociale et redonnent une partie de leurs biens au Département sur les droits de succession. Dans un souci de justice sociale, nous allons l’étendre à l’ensemble de nos dispositifs d’aide.

C’est-à-dire ?

Tout Isérois qui perçoit des aides du Département sera sollicité pour apporter sa pierre à la société. Par exemple, consacrer quelques heures par semaine à une association caritative ou à une action collective dans son quartier, repeindre la montée d’un immeuble ou rendre visite à des personnes âgées, ou encore participer à un forum collectif sur le RSA. L’important, c’est de s’impliquer !

N’est-ce pas discriminant ?

Non. Au contraire. Lorsque la solidarité devient permanente, cela s’appelle de l’assistanat. Participer à une activité non marchande qui rend service à la collectivité, c’est devenir pleinement acteur de la société. C’est aussi un moyen de reprendre confiance en soi et de lutter contre le sentiment d’inutilité. Et demander aux allocataires un retour sur les aides sociales, c’est aussi leur montrer qu’on a besoin d’eux, c’est valoriser leur savoir-faire et préserver leur dignité.

Comment cela va-t-il se contractualiser ?

Dans le courant 2016, nous allons revoir nos règlements selon ce principe de réciprocité. Pour autant, nous ne remettrons pas en cause nos politiques de solidarité. Ce dispositif sera mis en place avec les travailleurs sociaux. Nous tenons à valoriser leur profession, qui est en première ligne sur le terrain avec les personnes en difficulté et dont l’expertise est déterminante. 

"Quand on donne, on reçoit !"

« Si j’ai un conseil à donner aux allocataires du RSA, c’est de s’engager et de sortir de l’isolement ! », martèle Sasha, 53 ans. Après avoir élevé ses trois enfants, cette Grenobloise a enchaîné les petits boulots avant de se retrouver au RSA avec 461,25 euros par mois.

« Même s’il permet de survivre, le RSA est une machine infernale qui fait perdre confiance en soi. » L’année dernière, elle a été orientée par son assistante sociale vers une action d’insertion. Le projet, nommé « Archimède », consistait à réaliser trois films sur la solidarité avec d’autres allocataires de minimas sociaux.

Ils ont été projetés en novembre 2015 au cinéma Le Club à Grenoble. Sasha était chargée de rechercher une maison de production sur Internet. « Je suis fière d’avoir mené ce projet. J’ai appris à travailler en équipe et me suis découvert des compétences insoupçonnées. » Sasha aimerait aujourd’hui entreprendre une formation dans l’action sociale.

Les aides concernées

  • Le RSA (Revenu de solidarité active) : ce droit à un revenu minimum ou à un complément de salaire est déjà soumis à la signature d’un contrat obligeant à chercher du travail, une formation ou entreprendre une action d’insertion. Or, en Isère, seulement 50 % des allocataires ont signé ce contrat. L’objectif est d’inciter tous les allocataires à s’engager dans une action citoyenne quelle qu’elle soit.
  • Le FSL (Fonds de solidarité logement) et les aides pour des besoins de première nécessité : les bénéficiaires seront encouragés à participer aux actions collectives organisées par les assistantes sociales, sur les économies d’énergie, par exemple.
  • L’aide à l’enfance en difficulté : les parents des enfants placés en famille d’accueil ou en établissement devront s’impliquer davantage dans leur éducation.
Publié le : 
02 février 2016