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Le Département

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Dossier

Maintes fois menacé de disparaître, le Département a vu son rôle réaffirmé et renforcé par la loi Notre sur la réforme territoriale. Dans une région de 7,6 millions d’habitants, face à des intercommunalités plus fortes, il reste le pivot de la solidarité territoriale et un relais de proximité indispensable dans de nombreux domaines. Un an après son installation, la nouvelle majorité départementale lui insuffle de nouvelles ambitions avec de nouveaux projets d’avenir… pour dessiner l’Isère de demain.

Par Véronique Granger, Annick Berlioz et Sandrine Anselmetti

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Une ambition forte pour l’Isère

Renforcer l’attractivité du territoire, améliorer le cadre de vie, replacer la famille au cœur de ses politiques sont les trois grandes priorités fixées par l’exécutif départemental d’ici à 2021.

Reconnue pour sa capacité d’innovation, ses paysages préservés, son rayonnement culturel, son agriculture diversifiée, l’Isère a de nombreux atouts pour attirer des champions de toutes catégories.

Comment faire croître ce potentiel de croissance et de développement de manière coordonnée et équitable, sans laisser de côté des zones entières du territoire ? C’est tout l’enjeu de la feuille de route qui a été tracée par les élus de la majorité départementale à l’automne dernier, et qui fixe le cap pour les cinq ans à venir. Le projet de mandature s’articule autour de trois grandes priorités.

L’attractivité du territoire

Si la Région avec la loi Notre devient chef de file pour l’intervention économique dès le 1er janvier 2017— le Département ne pourra plus apporter d’aides directes aux entreprises —, il garde un rôle de catalyseur pour faire émerger les grands projets structurants en lien avec la métropole de Grenoble, les intercommunalités et la Région.

Avec un budget d’investissement de 320 millions d’euros pour 2016, l’Isère a les moyens d’agir dans tous les domaines stratégiques : accès au très haut débit, réseau routier, soutien à l’agriculture, développement du tourisme et de la culture. Autant de chantiers qui contribuent au rayonnement du territoire.

La famille

Elle est au cœur des politiques de solidarité du Département qui absorbent un poids croissant de son budget. De nouvelles formes d’accompagnement social seront développées dans un esprit de réciprocité. L’éducation à la citoyenneté des collégiens aura aussi une place importante.

Améliorer et préserver notre cadre de vie

L’entretien des routes, le réseau de transports publics, le respect des paysages, l’accompagnement des communes dans tous leurs projets structurants. Dans un contexte économique très contraint, l’Isère se donne les moyens de ses ambitions. Oui, le Département peut agir !

Un an, dix chiffres

  • Jean-Pierre Barbier, président du Département de l’Isère

Questions à Jean-Pierre Barbier, président du Département de   l'Isère

Il y a un an que vous avez été élu à la tête du Département. Quel est votre état d’esprit, après une année de mandat ?

Je suis confiant après cette première année qui a été riche et dense. J’ai souhaité rencontrer personnellement tous les agents sur les 13 territoires, effectué 200 visites de terrain… La fonction est passionnante !

En un an, j’espère avoir réussi à montrer aux Isérois qu’il y a eu un vrai changement de cap. Il s’est concrétisé à la fin 2015 par le vote d’un budget de rupture avec des marqueurs forts : la relance économique par l’investissement, le principe de réciprocité pour nos aides sociales. L’alternance politique ça peut changer la vie.

Ma méthode est simple : dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit.

Quelles sont vos priorités pour 2021 ?

Un des axes forts, qui me tient à cœur, c’est la politique en faveur de la jeunesse. Avec les contrats territoriaux pour la jeunesse que nous mettons en place sur chaque territoire, nous allons pouvoir coordonner toutes les actions menées dans ce domaine avec une vision transversale, et expérimenter de nouvelles formes d’accompagnement sur le terrain. En parallèle, nous allons accélérer la modernisation des collèges en commençant par ceux qui sont les plus vétustes.

Concernant la solidarité sociale, nous avons la volonté d’accompagner ceux qui sont en difficulté mais en leur redonnant de la dignité, dans une réelle dynamique d’insertion. Cela passe par une clarification des relations avec tous nos partenaires et par une meilleure évaluation de nos actions sur le terrain. Le service public départemental doit être encore plus performant et efficace.

Sur le plan économique, nous allons poursuivre le plan de relance, développer le tourisme et la culture qui sont des leviers forts d’attractivité.

Autre dossier essentiel qui nous concerne tous, la mobilité en Isère. Le fait de pouvoir se déplacer est une liberté fondamentale. Nous avons déjà réuni tous les acteurs impliqués et donnerons prochainement la parole à tous les Isérois pour réfléchir collectivement et trouver des solutions concrètes.

Nous devons retrouver l’esprit d’initiative et de conquête, celui des pionniers, qui ont permis à l’Isère de se développer il y a un siècle. Le cap est maintenant tracé avec des ambitions fortes.

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Collèges, routes, transports, soutien aux communes, aide aux plus fragilisés, secours…

Le Département, garant des solidarités humaine et territoriale, c’est la proximité avec une vision d’ensemble.

Huit métiers du Département

Ils sont à l’accueil, sur les routes, au musée, au restaurant scolaire des collèges, au centre de consultation médicale et infantile… Ils exercent 230 métiers différents au service de 1,2 million d’Isérois. Une expertise et un capital humain incontournables dans tous les domaines de la vie quotidienne. Rencontre avec huit des 4 650 agents départementaux.

Bruno Bigillon, 45 ans, technicien de secteur routier

 

« J’en apprends tous les jours »

Sa priorité, c’est d’assurer le bon état des routes départementales. Technicien au service aménagement en Voironnais-Chartreuse, Bruno supervise avec deux autres collègues les travaux sur 500 kilomètres de routes du secteur.

Il pilote l’aménagement d’une voie verte de 7 kilomètres aux abords du lac de Paladru. A ce titre, il coordonne quatre entreprises avec les communes concernées et le Pays voironnais.

« J’interviens aussi sur le déneigement et sur l’ensemble du réseau dès qu’un incident survient. En relation avec le PC routes et nos 28 agents d’exploitation, je vérifie la mise en place des déviations et des mesures pour informer et sécuriser les usagers. Dans mon métier, on en apprend tous les jours ! »

Laurent Gavin, 41 ans, ergothérapeute à Vienne

 

« Maintenir et faciliter la vie à domicile »

Laurent Gavin est l’un des 13 ergothérapeutes du Département. Il se rend au domicile des personnes handicapées ou âgées dépendantes qui font une demande d’aide, pour évaluer leurs capacités et leurs besoins en fonction de leur mode de vie et de leur environnement.

« L’objectif, c’est de proposer des solutions adaptées : aide technique, humaine, aménagement du logement... Mon rôle est de savoir où placer le curseur pour répondre au mieux aux besoins de la personne tout en veillant à ce que ce ne soit pas trop lourd financièrement pour la collectivité, souligne Laurent. Il faut arriver à prendre du recul pour être le plus juste possible ».

Sa plus grande satisfaction ? « Voir des personnes qui étaient enfermées dans leur handicap se rouvrir à la vie et retrouver le sourire ».

Eric Menduni, 45 ans, chef de projet aménagement numérique

 

« La fibre optique aujourd’hui, c’est comme l’électricité il y a un siècle »

Mettre en œuvre 450 000 prises de fibre optique avant 2027, pour que 92 % du territoire isérois soit couvert par le réseau d’initiative publique à très haut débit : c’est le projet que pilote Eric Menduni.

Sa mission ? Veiller à ce que ce chantier stratégique de 450 millions d’euros, lancé en 2012, se déroule dans les délais et le budget impartis. Depuis la première étude de faisabilité en 2009 jusqu’au lancement des travaux ce printemps, ce géographe de formation a été sur tous les fronts avec son équipe : rédaction des cahiers des charges, recherche de financements et de partenariats, montage juridique …

« Peu de projets en collectivité sont aussi ambitieux et passionnants : la fibre optique aujourd’hui, c’est comme l’électrification il y a un siècle. »

Cécile Sapin, 42 ans, médiatrice culturelle et chargée de communication

 

« Partager ses découvertes, c’est passionnant ! »

Après des études d’histoire et un master d’ingénierie et de médiation culturelle à Nice, cette Savoyarde, arrivée en 2000 au musée de l’Ancien évêché, a trouvé de quoi nourrir sa curiosité… et son désir de transmission : « Mon métier, c’est de partager avec le plus grand nombre des contenus d’expositions passionnants. Que ce soit des noms célèbres comme Doisneau ou des inconnus comme Joseph Apprin présenté actuellement, c’est à chaque fois un plaisir et un défi de susciter l’intérêt du public ! »

Elle travaille aujourd’hui au sein d’une équipe de sept personnes, avec une double mission de communication avec la presse et de médiation avec les différents publics, notamment scolaires.

Yvette Game, 56 ans, directrice du Laboratoire vétérinaire départemental

 

« J’apporte mon œil expert au labo »

Arrivée en Isère en 2014, cette bactériologiste de formation est l’un des gardiens de la santé publique : elle veille sur la sécurité alimentaire et la santé animale.

A la tête de 25 agents — vétérinaire, ingénieurs, techniciens, agents administratifs et techniques —, Yvette Game pilote les programmes imposés par l’Etat concernant la surveillance sanitaire des cheptels isérois et le contrôle de la production alimentaire dans la restauration collective, chez les artisans, producteurs fermiers et professionnels de la restauration.

« Nous devons apporter une expertise, en respectant les normes en vigueur, de façon à répondre aux besoins des usagers du Laboratoire vétérinaire départemental. Je donne mon avis sur la conduite des analyses et apporte l’appui technique nécessaire. »

Aurore Hélin, 35 ans, chargée d’accueil à Bourgoin-Jallieu

 

« L’accueil, c’est la vitrine du Département »

« Un sourire, une attitude accueillante, un renseignement rapide… Mon rôle, c’est de mettre du positif dans la relation à l’usager dès qu’il passe la porte », résume Aurore Hélin, chargée d’accueil à la Maison de territoire de la Porte des Alpes.

Que ce soit par téléphone ou de visu, Aurore est là pour simplifier les démarches des Isérois. « Cela suppose une excellente connaissance de l’institution mais aussi de ses partenaires, afin de bien orienter », souligne-t-elle.

Il faut aussi être à l’écoute et savoir s’adapter à chaque situation, y compris parfois face à des personnes en souffrance. « C’est un métier qui nécessite de l’empathie et de la disponibilité. Le contact humain et l’absence de monotonie sont pour moi très motivants »

Sylvie Salse, 51 ans, assistante sociale

 

« L’humain est mon cœur de métier »

Une mère isolée, un jeune en rupture familiale, un souci de logement, d’argent, de santé… Sylvie Salse est assistante sociale, à Bernin, dans la vallée du Grésivaudan.

Elle reçoit sur rendez-vous toute personne ayant besoin d’aide et intervient à domicile si besoin. « Mon bureau est ouvert du matin au soir. Une de mes missions prioritaires est la prévention et la protection de l’enfance. Il m’arrive d’intervenir dans le cadre d’une information préoccupante afin d’évaluer le danger pour l’enfant. »

Elle traite en moyenne cinq à six situations chaque jour. « Nous sommes sept assistantes sociales sur le secteur. Nous réfléchissons ensemble sur les situations les plus difficiles et organisons des animations collectives à destination des usagers pour les aider à trouver des solutions à leurs difficultés. L’humain est notre cœur de métier ! »

Sophia Zanardi, 27 ans, agent mobile polyvalent des collèges

 

« Jamais de routine ! »

Un matin, elle est en cuisine, le lendemain elle s’occupe de l’entretien des locaux. Un jour elle est à Allevard-les-Bains, le suivant à Crolles, Goncelin ou Pontcharra…

Sophia Zanardi, Allevardienne de souche, est agent mobile polyvalent sur les sept collèges du Grésivaudan. Après quatre ans passés dans la restauration et quatre autres en halte-garderie, la jeune femme, qui est titulaire d’un CAP de cuisine, recherchait cette polyvalence : « Il n’y a pas de routine. Et je ne vois jamais les mêmes collègues de travail ! »

Sophie aime les contacts et est comblée avec 600 élèves, une vingtaine d’enseignants et une dizaine d’agents dans chaque collège. 

Publié le : 
04 avril 2016