OBJETS CONNECTÉS :

L'ISÈRE EN POINTE

Economie

Voiture, vêtements, poubelle, radiateur, ski, frigo ou douche… Les objets connectés sont déjà parmi nous et s’annoncent comme une déferlante dans notre quotidien ! Entre gadgets et vraies innovations, le consommateur fera le tri. Mais c’est une révolution industrielle en marche.

Par Véronique Granger
 

 

C’est la coqueluche du moment… et une vraie révolution. Avec 25 milliards d’objets connectés attendus pour 2025, l’Internet des objets – IOT, ou Internet of Things pour les initiés – concerne tous les pans de notre vie quotidienne et toutes les entreprises. Bien sûr, toutes ces innovations ne passeront pas à la postérité.
 
La montre connectée est déjà en perte de vitesse et nombre de gadgets finiront à la poubelle (connectée ou pas !) s’ils ne sont plus remis à jour. Il n’empêche : le marché est estimé à 250 milliards d’euros et aucune entreprise ne peut s’en désintéresser !  
 
Sachant que pour faire communiquer les objets, il faut au minimum des capteurs électroniques, du logiciel (pour leur permettre de réagir à leur environnement) et un réseau de communication sans fil pour communiquer automatiquement entre eux, l’Isère est à la pointe dans ce domaine : “C’est le seul endroit en France où l’on trouve toutes les compétences. On a les acteurs majeurs et les industriels qui intègrent de plus en plus de systèmes intelligents dans leurs produits”, explique Laetitia Grenier à l’AEPI (Agence d’études et de promotion de l’Isère).
 
L’IOT est ainsi l’un des sujets-phares du pôle mondial Minalogic, cœur de la French Tech iséroise : “Une bonne centaine de nos adhérents ont des projets liés aux objets connectés”, confirme son président, Philippe Magarshack, vice-président de STMicroelectronics.
 
Les puces basse consommation fabriquées dans ses usines de Grenoble ou Crolles font d’ailleurs tourner pas mal d’objets intelligents isérois : la télécommande universelle Bixi, la tablette ISKN, la seringue intelligente d’Eveon… 
 
Une vingtaine de pépites iséroises, emmenées par l’AEPI et Minalogic, se sont ainsi retrouvées en février au dernier CES de Las Vegas – premier salon au monde sur les objets connectés, avec 3 800 exposants.
 
Certaines ont fait le buzz : la LoveBox en bois dont le cœur palpite en recevant des messages d’amour, le pommeau de douche d’Hydrao qui change de couleur quand on consomme trop d’eau (trois fois primé !), la télécommande universelle de Bixi, pour conduire ou cuisiner en pilotant sa tablette…
 
 
 

> LA SÉCURITÉ : LE MAILLON FAIBLE
 

Mais pour durer, ces innovations devront s’appuyer sur des protocoles de communication solides et sécurisés. Là encore, avec Orange Labs, l’Isère est en pole position. “Au centre de recherche de Meylan, nous travaillons notamment sur la connectivité des objets et sur la gestion des données”, précise Didier Chaminade, délégué régional d’Orange Labs à Meylan.
 
C’est aussi à Grenoble qu’a été inventé le réseau de télétransmission longue distance LoRa (low range, pour bas débit), qui est aujourd’hui l’un des trois ou quatre standards mondiaux pour faire communiquer les objets.
 
Autre préoccupation majeure : la cybersécurité de ces objets communicants : “Aujourd’hui, c’est le maillon faible : moins de 10 % sont bien protégés des hackers, alerte Thierry Fensch, directeur de l’innovation à STMicroelectronics. Il faut intégrer dès la conception des solutions d’authentification unique des objets et de cryptage des données.”
 
Si un pirate prend le contrôle de votre pacemaker connecté ou de votre véhicule, cela peut devenir en effet une question de vie ou de mort. Et pas seulement pour l’entreprise qui les produit ! 

 

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OBJETS CONNECTÉS MADE IN ISÈRE

Lovebox est une boîte à messages connectée qui bat à chaque mot d’amour (secret) envoyé sur votre smartphone.
La balise d’Apitrak permet au personnel hospitalier de retrouver facilement les matériels (brancards, lits…).
la télécommande Bixi déclenche n’importe quel appareil à distance quand on a les mains prises !
le boîtier Idosens est un boîtier longue portée qui vous prévient si quelqu’un ouvre votre cave à vin en votre absence ou si la température est trop élevée.
La caméra volante Hexo + , développée par Squadrone, vous filme en action.
Hydrao a conçu un pommeau de douche intelligent qui change de couleur quand on a dépassé sa consommation d’eau !

 

INTERVIEW

Didier Chaminade, délégué régional d’Orange Alpes à Meylan

>  « UNE RÉVOLUTION INDUSTRIELLE »

 

Orange, en tant qu’opérateur des télécoms, est un acteur majeur des objets connectés. En Isère, il emploie 1 900 personnes, dont 600 au centre de recherche et développement Orange Labs à Meylan. 

 
Isère Mag : En quoi êtes-vous concerné par les objets connectés ?
 
Didier Chaminade : Notre mission en tant qu’opérateur est d’assurer le transport des données émises par les objets dans les meilleures conditions de qualité et de sécurité et de développer des solutions logicielles pour les gérer et les analyser.
 
Sachant qu’il y aura 25 milliards d’objets connectés en 2025, le flux ne va pas cesser d’augmenter. Car si on parle beaucoup des applications pour le grand public, c’est surtout dans l’entreprise et dans les services publics à la population qu’ils sont plus appelés à se développer.
 
C’est une vraie révolution industrielle, qui va apporter de la productivité et limiter l’impact environnemental des activités humaines par exemple pour l’énergie, les mobilités, la gestion des déchets. Nos équipes travaillent ainsi beaucoup sur les « smart-cities », les villes intelligentes. 
 
Avec Vinci, nous avons développé une aire d’autoroute connectée sur l’autoroute A10  : en reliant une centaine de capteurs de mesure du niveau de remplissage des poubelles, des places occupées sur le parking et des consommables des sanitaires, etc… le centre d’exploitation peut décider ou non d’envoyer une équipe d’entretien sur place… et améliorer le niveau de satisfaction des clients sur l’état général de l’air de repos. C’est un exemple de ce que nous pouvons faire ! 
 
 

 L'AIRE D'AUTOTOUTE CONNECTÉE 

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Publié le : 
06 juin 2017