L'AGNEAU D'ALPAGE :

UN SAVOIR-FAIRE ANCESTRAL VALORISÉ

Terroir

Témoin d’un savoir-faire ancestral et garant des pratiques pastorales alpines, l’agneau d’alpage conquiert de nouveaux marchés, grâce à l’engagement d’éleveurs isérois.  

Par  Marion Frison

 

> SON HISTOIRE
 

Depuis des siècles, dans les Alpes, les troupeaux montent passer l’été sur les alpages, où ils trouvent de l’herbe fraîchement poussée.
 
C’est pour rentabiliser cette tradition, qui permet de produire des viandes de grande qualité, que des éleveurs ovins isérois ont créé l’association Viandes agro-pastorales, en 2016.
 
“Depuis la baisse des primes de la PAC (politique agricole commune), nous nous interrogions sur la possibilité de valoriser notre production sur les marchés locaux, en partenariat avec les abattoirs de Grenoble, du Bourg-d’Oisans et de La Mure, explique Roland Bouvier, éleveur de brebis à Marcollin, entre Bièvre et Chambaran, et président de l’association. Une nécessité économique d’autant plus pressante que le décalage calendaire de l’Aïd-el-Kébir, une fête musulmane lors de laquelle on procède au sacrifice d’un agneau, nous prive désormais d’un important débouché à l’automne.”
 
Après avoir défini un cahier des charges pour l’agneau d’alpage, l’association travaille aujourd’hui sur sa commercialisation, avec le soutien de la FAI (Fédération des alpages de l’Isère), de la chambre d’agriculture et du Département. “La structuration d’une filière locale permettant aux éleveurs de valoriser les agneaux d’alpage auprès des consommateurs isérois s’inscrit pleinement dans les objectifs du Pôle agroalimentaire, et cette viande pourrait bénéficier des actions de promotion prévues, dont la marque territoriale”, analyse Robert Duranton, vice-président du Département chargé de l’agriculture. 
 
 

> SON TERROIR
 

C’est dans les pâturages d’altitude, et en élevage extensif, que les éleveurs alpagistes conduisent leurs agneaux d’alpage, sur des sites dont les caractéristiques, en termes de flore, d’exposition et de géographie, répondent à des contraintes précises.

Tout en profitant de la richesse de ces grands espaces, ils valorisent les ressources alpines. Cette pratique donne à l’agneau d’alpage ses caractéristiques : viande rosée et peu grasse, réputée pour sa flaveur pastorale.

 
 

> SON ÉLEVAGE
 

La dénomination concerne des agneaux nourris exclusivement au lait maternel et à l’herbe. Le cahier des charges précise également qu’ils doivent passer cinquante jours au minimum sur l’alpage, sous la conduite d’un berger. Enfin, ils doivent être abattus quinze jours après leur descente de l’alpage au plus tard, ce qui garantit que leur « finition » n’a pas été achevée en plaine. 

Pour sécuriser la production, empêcher les dérives et garantir la traçabilité de la viande, un système de contrôle sera prochainement mis en place par un organisme indépendant.
 
 

> OÙ LE TROUVER ?
 

L’agneau d’alpage est commercialisé de la mi-août à la fin octobre sur le site de l’association Viandes Agro-pastorales et, dès cet été, dans une boucherie de détail partenaire à Grenoble, la boucherie Numidie (15, rue Marius-Blanchet).

 

REPÈRES

 

> LES CHIFFRES-CLÉS

  • 8 éleveurs-alpagistes dont 6 en Isère (plaine de la Bièvre, Vercors, Belledonne et Oisans), 1 en Savoie et 1 dans la Drôme. 
  • 50 agneaux commercialisés en 2016
  • 400 à 800 agneaux disponibles en 2017 

> DE L'AGNEAU DE QUALITÉ TOUTE L'ANNÉE
 

L’agneau d’alpage, qui répond à une saisonnalité naturelle, n’est commercialisé qu’entre la mi-août et la fin octobre.
 
Pour sécuriser les revenus des éleveurs, et suite à une demande des premiers acheteurs, l’association Viandes agro-pastorales envisage d’ores et déjà de proposer sur le marché un agneau de qualité supérieure tout au long de l’année, sous la marque Agneau de nos fermes.
 
Un cahier des charges, en cours de rédaction, doit au préalable définir les caractéristiques d’élevage. 
 
À plus long terme, l’initiative pourrait être élargie à d’autres types d’élevage, dont le « veau rosé » d’alpage.
 
 

Viandesagropastorales

Publié le : 
06 juin 2017