GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

ANISSA BOUMECHACHE

 

> UNE ÉPICIÈRE ENGAGÉE

Par Richard Juillet


Apparemment, c’est un commerce comme les autres. Mais, en y regardant de plus près, on observe qu’il n’y a aucune marque connue dans les rayons.

Les pâtes, riz et gâteaux secs viennent de chez Schär, le chocolat se nomme Valor et les chips, Markal. Bienvenue chez Deslys d’Anaïs, à Villard-Bonnot, dans la vallée du Grésivaudan. 

Depuis octobre 2016, Anissa Boumechache et son compagnon, Franck Cermeno, ont ouvert ce magasin spécialisé dans le bio, le sans-sucre et le sans-gluten. Une aventure qui, en fait, n’aurait jamais dû arriver ! “Le 31 mars 2014, une terrible nouvelle est arrivée dans notre famille, explique Anissa. Notre fille Anaïs, âgée de 7 ans à l’époque, est hospitalisée avec 6 grammes de sucre par litre de sang. Le diagnostic tombe : elle est diabétique de type 1 insulino-dépendant.”
 
Pour s’occuper à temps plein du nouveau compagnon de vie d’Anaïs, Anissa arrête de travailler et organise le nouveau mode de vie de sa fille, tant à l’école qu’en famille. “La première année a été terrible : apprendre, combattre, chercher des produits moins sucrés pour qu’Anaïs puisse continuer à savourer de bons produits”, poursuit-elle.
 
Une quête, menée surtout sur Internet, qui leur a permis de dénicher des aliments beaucoup moins caloriques en sucre, comme le maltitol, par exemple, un édulcorant qui joue moins sur les glycémies des diabétiques.
 
Du coup, l’idée a germé de créer ce commerce spécifique destiné aux personnes diabétiques ou atteintes d’intolérance au gluten. Mais aussi aux consommateurs qui veulent manger plus sainement ! 
 
Contact : 04 76 92 38 59
 
 
 

 

EMMANUEL, GWENAËLLEN JULIEN, AUDREY ET LES AUTRES

 

> ILS FONT REVIVRE LE CAFÉ JEANNE

Par Véronique Granger


Ils étaient charpentier, éducateurs, libraire ou informaticiens… Depuis six mois, ils sont épicier, barman, cuisinière et bientôt maraîchers, les uns à plein-temps – Emmanuel, Gwenaëlle et Titia ont pu se salarier depuis peu –, les autres 100 % bénévolement, en plus de leur autre métier.

 
À neuf, avec Julien et Audrey, Paul-Éric et Émeline, Laure et Damien, ils font vivre le café Jeanne, à Saint-Martin-de-la-Cluze.
 
Ils ont pris la relève de Patrick et Jacqueline, le couple qui vingt et un ans durant a tenu du lundi au dimanche l’unique commerce de ce village de 400 âmes, perché à l’orée du Trièves.
 
“Quand on voit le boulot que cela représente à neuf, on leur tire notre chapeau !”, assure Emmanuel Isnard en actionnant la machine à café. 
 
La bande de copains grenoblois, quatre couples trentenaires avec des bambins en bas âge, cherchait un projet pour vivre et travailler au pays.
 
La mairie, propriétaire du fonds, commençait à désespérer de trouver un repreneur. “Au départ, ils étaient sceptiques pour nous laisser la gérance. Puis ils ont vu qu’on était sérieux !” Titia, titulaire d’un CAP de pâtisserie, a rapidement rejoint la coopérative pour tenir les fourneaux à midi – sa cuisine à base de produits frais et locaux est déjà réputée.
 
Ils sont maintenant 19 associés, avec des producteurs et des habitants qui ont décidé de s’impliquer dans le projet. Concerts, animations, goûters, repas à thème…
 
En six mois, la moitié de la population est déjà passée par le café Jeanne. Reste à rentabiliser l’affaire. “Il faut inventer un nouveau modèle économique pour les commerces de village”, assure Emmanuel.
 

 

CORINNE CHAUSSABEL

 

> DE L'ART EN ENTREPRISE

Par Véronique Buthod


Installée depuis cinq ans au centre-ville d’Allevard, dans la vallée du Grésivaudan, Corinne Chaussabel, Grenobloise d’origine, est une artiste en lien avec la vie. “Avec ces vitrines qui donnent sur la rue, j’ai l’impression d’avoir un atelier à ciel ouvert ! Les gens entrent pour me regarder travailler et les curistes pour découvrir les nouveautés.”

 
Dans ses mosaïques, elle mêle la pierre, les couleurs de la pâte de verre et la matière industrielle – comme des semi-conducteurs – que lui confient les entreprises.
 
Cette mosaïste a en effet pour originalité d’intervenir en entreprise, notamment dans le domaine de l’industrie… là où elle avait débuté sa carrière professionnelle, pendant trois ans à Paris, avant de se consacrer pleinement à l’art avec une solide formation aux Beaux-Arts (Paris, Grenoble) et à l’école Boulle.
 
“Je valorise l’humain dans son travail, en rendant visible son savoir-faire et ce qu’il produit, qui d’habitude reste caché dans une machine, une voiture ou un téléphone. C’est aussi une façon de rapprocher des disciplines, l’art et l’industrie, qui semblent opposées ; or nous partageons des valeurs d’innovation et de créativité.”
 
Au-delà des œuvres et des commandes, elle anime des temps de cohésion d’équipe, sous forme de création collective, en résonance avec une thématique de l’entreprise. “Cela permet de porter un autre regard sur les autres. Pour moi, c’est beaucoup de plaisir et cela donne du sens à mon travail d’artiste.”
 
 

Chaussabel

JONATHAN DUBRULLE

 

> AUTEUR, ÉDITEUR... AGRICULTEUR

Par Sandrine Anselmetti


Jonathan Dubrulle a plus d’une corde à son arc. À 20 ans, il a déjà écrit quatre livres et créé sa propre maison d’édition.

Habitant de Courtenay, ce petit-fils d’agriculteur se passionne depuis l’enfance pour le patrimoine, la ruralité et l’histoire locale.

“J’ai écrit mon premier livre à 14 ans pour transmettre la mémoire de mon village”, explique-t-il. Depuis, Jonathan sort un livre tous les deux ans. Son quatrième ouvrage, consacré à l’agriculture d’aujourd’hui en Nord-Isère, doit paraître cet été.
 
Mais Jonathan ne se limite pas à l’écriture. L’an dernier, il a créé sa microentreprise : les Éditions des Lauzes. “Je me suis rendu compte qu’il y avait une demande dans l’édition à compte d’auteur : je propose des prestations de service pour accompagner les projets d’édition d’auteurs amateurs. J’apporte des conseils sur le fond et la forme, avec un œil extérieur”, explique Jonathan.
 
Deux ouvrages ont déjà été édités, dont Le Langage mystérieux d’Ovalie, sur les expressions du rugby, écrit par Paul Chauvin et préfacé par l’international de rugby Julien Bonnaire.
 
En parallèle, Jonathan poursuit ses études en BTS agricole, avant d’intégrer une école d’ingénieurs en agronomie, avec comme projet de reprendre l’exploitation familiale à temps partiel tout en travaillant en cabinet de conseil pour accompagner les agriculteurs.
 
En attendant, c’est dans le domaine de sa seconde passion qu’il apporte ses conseils : l’écriture.
 
 
 

 

FRANÇOIS FANTIN, PAUL FEIPELER, LUCAS DURAND

 

> LE COVOITURAGE SANS COMMISSION !

Par Annick Berlioz


Mille deux cents utilisateurs ! C’est le nombre d’adhérents à OpenCar, une plate-forme de covoiturage local ouverte à Grenoble en 2016 qui permet de se déplacer à moindre coût dans l’agglomération grenobloise.

 
Le principe ? Passagers et conducteurs partagent les frais, sauf qu’à la différence d’un site de covoiturage classique les premiers ne gagnent pas d’argent, mais des points échangeables en cadeaux en fonction du nombre de passagers et de kilomètres parcourus : tickets de cinéma, repas dans un restaurant, ordinateurs…
 
“J’ai imaginé ce service dans le cadre de mes études avec Paul Feipeler et Lucas Durand, que j’ai rencontrés sur les bancs de l’institut d’administration des entreprises (IAE) de Grenoble, explique François Fantin, 23 ans. Nous devions créer un projet d’entreprise avec de fortes valeurs sociales. Nous sommes tous trois sensibles à la protection de l’environnement et aux problèmes de mobilité des personnes qui ont de faibles ressources. D’où l’idée de ce service sans commission !”
 
Pour enclencher la vitesse supérieure, OpenCar a élargi ses services aux entreprises et administrations. “À raison d’un abonnement de 200 à 900 euros par mois, nous mettons à leur disposition un espace en ligne réservé à leurs salariés”, poursuit François Fantin.
 
Trois grandes entreprises ont déjà rejoint OpenCar. L’objectif est de dépasser très vite la dizaine !
 
 
 
 

 

Publié le : 
06 juin 2017