Ça s'explique

Ça s'explique

VOUS AVEZ DIT SENSIBLE ?

Cet été, jusqu’au 24 septembre, le Département vous invite à découvrir gratuitement 21 Espaces naturels sensibles avec le concours d’animateurs spécialisés. Mais au fait, un ENS, c’est quoi ? Combien ça coûte ? Qui gère ? Pour quelle utilité ? Explications avec Fabien Mulyk, vice-président délégué à l’environnement.

Fabien Mulyk, vice-président délégué à l’environnement

Isère Mag : Un ENS, c’est quoi exactement  ?

Fabien Mulyk : Un espace naturel sensible est un site remarquable pour sa faune et sa flore, mais également un lieu privilégié pour la découverte et l’éducation à la nature.
Mais, attention, ce n’est pas un espace « sous cloche ». Véritable outil de développement, un ENS reste avant tout un lieu de vie partagé où se côtoient différents usages respectueux de la biodiversité : pâturage, fauche, tourisme nature, animations pédagogiques, sport…
On peut, par exemple, randonner à skis l’hiver sur l’ENS du col du Coq, en Chartreuse, ou pêcher à l’étang de Montjoux, près de Saint-Jean-de-Bournay.
 

I.M. : Qui gère ces sites naturels  ?

F.M. : Le Département, les communes, les intercommunalités et le conservatoire des espaces naturels de l’Isère. Ces structures bénéficient de l’aide de scientifiques, d’agriculteurs, de forestiers ou de personnes en chantier d’insertion. Pour chaque ENS, un comité de site rassemble les acteurs concernés et mène, de façon concertée, la valorisation du site.
 
 
I.M. : Pourquoi le Département est-il engagé dans cette démarche de préservation  ? Est-ce lié à une loi  ? 
 
F.M. : Effectivement, la loi du 18 juillet 1985 a donné aux Départements volontaires la compétence pour définir et mettre en œuvre une politique de préservation et de valorisation des espaces naturels de leur territoire. Cette loi permet aux collectivités d’acquérir des terrains pour les préserver de l’urbanisation ou de l’abandon, comme le fait, par exemple, le Conservatoire du littoral en bord de mer. 
 
I.M. : Quand le Département de l’Isère a-t-il acquis ses premiers hectares  ? 
 
F.M. : Les premiers sites ont été acquis dans les années 1990. Il s’agissait de 4 000 hectares sur les Hauts Plateaux du Vercors et du bois de la Bâtie, à Saint-Ismier.
Depuis, le Département est propriétaire de 17 ENS et a récemment acquis le lac de Save, près de Morestel. En moyenne aujourd’hui, 180 000 personnes par an fréquentent les ENS départementaux.
 
I.M. : Comment le Département finance-t-il ces acquisitions  ?
 
F.M. : La loi prévoit un financement grâce à la taxe d’aménagement. Pour chaque permis de construire, une part spécifique « Espaces naturels sensibles » est prélevée. Il s’agit d’une compensation à l’urbanisation. La construction consommant de l’espace, une partie du coût de celle-ci est reversée au Département pour préserver son patrimoine naturel et le rendre accessible au public. 
 
I.M. : Comment obtient-on le label ENS  ?  
 
F.M. : Le Département réalise une étude de faisabilité et d’opportunité  : étude du patrimoine naturel et des pratiques, concertation avec les usagers et la commune d’accueil… Cette dernière délibère ensuite sur le projet. Si l’avis est favorable, la démarche peut se poursuivre.
Depuis les années 1990, plus d’une centaine de sites ont été ainsi labellisés de façon volontaire et concertée. 
 
I.M. : Quels moyens humains et financiers le Département consacre-t-il aux ENS  ? 
 
F.M. : Depuis fin 2015, le Département a recruté 30 agents pour gérer en direct les ENS départementaux. Le budget annuel consacré à cette politique est d’environ 4,4 millions d’euros, dont 2,5 millions d’euros pour les ENS départementaux, 1,3 million d’euros pour les ENS locaux et 600 000 euros pour l’éducation à l’environnement.
 
 

 

 FABIEN MULYK ET MARTINE KOHLY AVEC LES ANIMATEURS ENS

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ENS : DES ESPACES PARTAGÉS

L’étang de Montjoux, près de Saint-Jean-de-Bournay, l’un des 17 ENS départementaux. Il est surnommé : l’étang aux oiseaux
Vue aérienne du Méandre du Saugey, à Brangues, un ancien bras mort du Rhône. ©F.Pattou
Le marais de Montfort, à Crolles, réputé pour ces orchidées et ses papillons. On se déplace sur caillebotis. ©J.Chemin
Projet-phare de 2017, la restauration de la ferme du Peuil, à Claix. Ce bâtiment patrimonial permettra l’accueil du public et la gestion pastorale du site. ©A.Callec
L’ENS des Écouges, dans le Vercors. ©B.Bodin.
Autre vue de l’ENS des Écouges. ©B.Bodin.
Aux Écouges, le Département a relancé l’exploitation forestière tout en limitant son impact sur l’environnement.
Le col du Coq, en Chartreuse. ©B.Bodin.
Autre vue du col du Coq. ©B.Bodin.
Le col du Coq est ouvert l’été au pastoralisme, ©B.Bodin.
Les ENS bénéficient de l’expertise de scientifiques…
…et, pour leur entretien, de personnes en chantier d’insertion.

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 VIDÉO : ENS " SOURCES DE DÉCOUVERTTES "

 VIDÉO : POURQUOI PROTÉGER LES ENS ? 

Publié le : 
06 juin 2017